Alors que la campagne présidentielle bat son plein en Colombie, l’armée colombienne a abattu, ce jeudi 11 juin, 160 combattants proches d’Iván Mordisco, le guérillero le plus recherché du pays.
Une campagne présidentielle sous haute-tension. L'armée colombienne a abattu 160 combattants proches d'Iván Mordisco, le guérillero le plus recherché du pays, a assuré ce jeudi 11 juin le ministre de la Défense colombien Pedro Sánchez dans un entretien à l'AFP.
La Colombie, en pleine campagne présidentielle, fait face à la pire flambée de violences depuis l'accord de paix de 2016 prévoyant le désarmement de la guérilla des Farc. Iván Mordisco, chef de l'Etat-major central (EMC), principale faction dissidente de l'ancienne guérilla, est considéré responsable d'attaques sanglantes à la voiture piégée, aux drones explosifs, et d'assassinats.
Le guérillero a décrété un cessez-le-feu pour l'élection présidentielle, dont le second tour prévu le 21 juin verra s'opposer le candidat de la droite dure Abelardo de la Espriella et l'héritier de la gauche au pouvoir Iván Cepeda.
«Le 31 mai, nous avons mené une nouvelle attaque contre ce criminel. Un bombardement qui a détruit une partie de son cercle de protection. Ce sont déjà plus de 160 membres qui lui étaient très proches», a expliqué le ministre de la Défense Pedro Sánchez à l'AFP.
Donné pour mort à plusieurs reprises, Pedro Sánchez se trouve quelque part dans le sud-est de l'Amazonie, selon le ministre colombien qui espère sa capture prochaine : «Nous ne nous reposerons pas tant que nous n'aurons pas accompli cette mission».
La sécurité au cœur des préoccupations des Colombiens
Le gouvernement du président de gauche Gustavo Petro offre près de 1,4 million de dollars pour toute information permettant de localiser Iván Mordisco. En avril, ses hommes ont assassiné 21 personnes lors d'un attentat à l'explosif sur une route du sud-ouest du pays, la pire attaque contre des civils en 20 ans.
Le président colombien a tenté, sans succès, d'obtenir la paix avec tous les groupes armés du pays, qui luttent pour contrôler les revenus du trafic de drogue, de l'exploitation minière illégale et de l'extorsion. Si le ministre de la Défense reconnaît des «défis en matière de sécurité», il dément être au cœur d'une «époque sans précédent» concernant les violences.
Il met en avant la mise au point par l'armée de drones équipés de lance-grenades, déjà utilisés pour combattre selon lui. La sécurité fait partie des principales préoccupations des électeurs dans l'élection présidentielle. Les prétendants au poste sont placés sous haute protection depuis l'assassinat l'année dernière du candidat de droite Miguel Uribe.