La Russie a annoncé hier, mercredi 13 août, restreindre les appels passés via les messageries WhatsApp et Telegram. C'est un nouveau tour de vis des autorités après le blocage, ces dernières années, de plusieurs réseaux sociaux occidentaux.
La liberté d'expression dans le viseur du Kremlin. L'autorité russe de surveillance des communications a déclaré avoir pris des mesures afin de restreindre les appels sur les applications de messageries WhatsApp et Telegram, très utilisées dans le pays.
Ces dernières sont accusées de faciliter la fraude et «d'impliquer des citoyens russes dans des actes de sabotage et des activités terroristes», a indiqué l'agence de presse étatique Ria Novosti, citant le service exécutif fédéral chargé d'appliquer la censure en ligne.
WhatsApp dénonce cette mesure
Si les escroqueries via messageries sont très fréquentes en Russie, les autorités accusent aussi les services de sécurité ukrainiens de recruter, via ces applications, des Russes pour leur faire commettre des actes de sabotage dans le pays en échange d'une promesse de rémunération.
Telegram, en réagissant à cette décision, a affirmé mercredi 13 août dans un communiqué «lutter activement contre l'utilisation abusive de sa plateforme» et supprimer «chaque jour des millions de contenus nuisibles».
Le porte-parole de WhatsApp, une filiale de Meta, le groupe dirigé par Mark Zuckerberg, a déclaré que la messagerie, «chiffrée de bout-en-bout, résiste aux tentatives des gouvernements de porter atteinte au droit des personnes à une communication sécurisée. C'est pour cela que la Russie essaie de la bloquer pour plus de 100 millions de Russes», a-t-il dénoncé la nuit dernière.
Les réseaux sociaux occidentaux progressivement interdits
Ces dernières années, notamment depuis le déclenchement de l'invasion de l'Ukraine, Moscou a multiplié les mesures restreignant la liberté d'expression sur Internet, qui a longtemps été l'un des derniers espaces où des voix critiques pouvaient s'exprimer librement.
Fin juillet, Vladimir Poutine avait promulgué une loi punissant les recherches de contenus classés «extrémistes» en ligne et qui interdit de faire la promotion des VPN, des systèmes très utilisés en Russie pour contourner la censure.
Depuis 2024, la plate-forme de vidéos YouTube n'est ainsi accessible dans le pays que via un VPN, alors que les réseaux sociaux Facebook et Instagram du groupe Meta, déclarés «extrémistes» en Russie, sont également bloqués depuis 2022.
Il y a plusieurs semaines, un député russe, Anton Gorelkine, avait affirmé que WhatsApp devait se préparer «à quitter le marché russe» car il y avait «une forte probabilité» que l'application soit prochainement ajoutée à la liste des applications venant des pays considérés «inamicaux» par Moscou.