Pour la première fois, la comédie musicale «Top Hat» est présentée au théâtre du Châtelet à Paris avec, au programme, du glamour et des numéros de claquettes parfaitement exécutés.
Ce mercredi 15 avril, c’était l’effervescence dans l’enceinte du théâtre du Châtelet, où certains fredonnaient le célèbre «Heaven, I’m in heaven», à quelques minutes de découvrir la première de «Top Hat» du grand Irving Berlin (1888-1989). Après George Gershwin, Jerome Kern, Cole Porter et Richard Rodgers, il ne manquait plus que lui à faire son entrée au répertoire de l’établissement parisien, aujourd’hui dirigé par Olivier Py.

C’est désormais chose faite. Membre des «Big Five» de la comédie musicale outre-Atlantique, le compositeur et parolier est enfin honoré jusqu’au 3 mai prochain avec la présentation de l’adaptation scénique du film de Mark Sandrich, sorti en 1935, avec le duo légendaire Ginger Rogers et Fred Astaire. Connue en France sous le titre «Le danseur du dessus», cette œuvre narre une histoire de voisinage qui se finit bien.
Des tableaux millimétrés et de l'humour
Celle de Jerry Travers, un brillant danseur américain qui, alors qu'il effectue quelques pas de claquettes un soir dans sa chambre d'hôtel londonienne face à son producteur Horace Hardwick, réveille Dale Tremont qui dort juste en dessous. En colère, la jeune femme monte pour se plaindre, mais tombe immédiatement sous le charme de l'auteur du tapage. Sentiments partagés, à moins que Dale ne prenne finalement Jerry pour le mari de sa meilleure amie, entraînant une série de quiproquos jusqu’à Venise.

Dès la scène d’ouverture, la magie opère grâce à un numéro de claquettes enlevé et millimétré, et des artistes virevoltants dans un imposant décor d’inspiration Art déco qui brille de mille feux et se transforme, au gré du récit, en hall d’entrée ou en chambre d’hôtel. Ce grand succès de Broadway de Matthew White et Howard Jacques, magnifiquement mis en scène par Kathleen Marshall et enrichi de quelques chansons par rapport au long-métrage sans en trahir l’essence, bénéficie d’une sublime orchestration signée Chris Walker et de costumes flamboyants mêlant hauts de forme, robe à plumes et bustiers pailletés. De quoi nous faire oublier une intrigue un peu simpliste et attendue.
Si la première partie met en lumière les deux protagonistes auxquels Nicole-Lily Baisden (magistrale) et Philip Attmore prêtent leurs traits et leurs voix, la seconde moitié s’attarde davantage sur le jeu, offrant un vaudeville où les seconds rôles se démarquent et le rire s’invite avec délice. Le couple Madge et Horace Hardwick est irrésistible avec ses joutes verbales. Tout comme le majordome Bates, interprété par le facétieux James Clyde, et ses répliques qui font mouche.

Près de deux heures et demi de spectacle, et à la fin, l’irrésistible envie de monter sur scène pour esquisser quelques envolées sur «Puttin’on the Ritz» et «Let’s face the music and dance».
«Top Hat», jusqu’au 3 mai, Théâtre du Châtelet, Paris (1er)