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Russie : qu’est devenu le projet 685, cette arme nucléaire qui avait été conçue pour contrer les Etats-Unis en 1989 ?

Le sous-marin «Komsomolets» a coulé au large de la Norvège en 1989. [© ITAR-TASS/AFP]

Créé par la Russie en pleine guerre froide, le sous-marin «Komsomolets» a coulé au large de la Norvège en 1989. L'appareil, aussi connu sous le nom de «Projet 685», faisait dix mètres de haut et 120 mètres de long.  

Un projet militaire ambitieux pour l'époque. En plein cœur de la guerre froide, la Russie a conçu un projet militaire inédit pour contrer les États-Unis, le sous-marin «Komsomolets.» Surnommé projet 685 Plavnik, cet appareil de dix mètres de haut et de 120 mètres de long contenait un réacteur nucléaire capable de propulser des torpilles et des missiles équipés d'ogives nucléaires. 

Mis à l'eau en 1985, l'appareil était capable de plonger à plus de 1.000 mètres dans les abysses, ce qui le rendait indétectable. 

«Pour les ogives, ce qui a été rapporté, c'est que l'activité du plutonium était à peu près équivalente à celle utilisée dans la bombe nucléaire larguée sur Nagasaki», explique à Brut, Justin Gwynn, chercheur à l'Autorité norvégienne de sûreté nucléaire et radiologique. 

Pourtant le 7 avril 1989, l'appareil et son équipage ont connu la plus terrible des tragédies. Alors que le sous-marin était en Norvège, des flammes sont apparues dans le compartiment 7. Le feu s'est alors propagé dans les turbines et proche du réacteur nucléaire. Par mesure de sécurité, le réacteur est mis en arrêt jusqu'à ce que l'appareil remonte à la surface. 

Mais l'eau a commencé à s'infiltrer et l'appareil a coulé petit à petit. Malgré une capsule de sauvetage, seuls 27 des 69 membres sont sauvés. L'eau glaciale et l'épuisement des marins ont rendu le sauvetage impossible. 

«Une très très grande peur»

Cet incident s'est déroulé trois ans après la catastrophe de Tchernobyl et de nombreuses questions vont exister à propos des fuites radioactives. 

«Il y a une très très grande peur, si c'est un sous-marin nucléaire, concernant l'état de son réacteur, la présence de torpilles inquiètent», rappelle toujours à Brut, Nicolas Dujuin, enseignant-chercheur en histoire russe et soviétique à l'université Paris 1.Des opérations de protection et de couverture des zones sensibles ont été menées en 1994 et 1995. 

30 ans après, une équipe a retrouvé l'épave. Des spécialistes ont découvert du Strontium 90, un isotope radioactif, à des niveaux 400.000 fois supérieurs à la normale, ainsi que du Césium 137 à des niveaux 800.000 fois supérieurs. Toutefois, des analyses ont conclu qu'il n'y aurait aucun danger pour l'environnement marin. 

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