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«Il me plantait des petits poignards dans le dos» : Paul McCartney revient sur sa querelle avec John Lennon

Paul McCartney indique qu’ils s’étaient réconciliés avant la mort de l’interprète d’«Imagine». [SVEN SIMON / dpa Picture-Alliance via AFP]

Paul McCartney a évoqué son amitié avec John Lennon et les différends qui ont mis à rude épreuve leur liens, dans une nouvelle interview réalisée pour la sortie de son nouvel album.

A l’occasion de la promotion de son 19e opus solo, «The Boys Of Dungeon Lane», Paul McCartney a donné un entretien au NME, dans lequel il est notamment revenu sur ses relations avec John Lennon, son illustre ancien collaborateur au sein des Beatles, avec qui il avait eu quelques différends.

«J'ai d'excellents souvenirs de John (Lennon) et George (Harrison), même si vers la fin des Beatles, John me critiquait beaucoup. Sur le coup, ça m'a blessé, comme s'il me plantait des poignards dans le dos. C'était juste agaçant, parce qu'on se disait : "Il faut que je lui réponde, comment je vais faire ?" Mais j'ai soudain réalisé : "Attends une minute, c'est John. C'est le type que je connais depuis mes 16 ans. C'est sa façon d'être." Ça m'a moins blessé une fois que j'ai compris que c'était juste John, fidèle à lui-même.»

 

Paul McCartney, indique qu’ils s’étaient réconciliés avant la mort de l’interprète d’«Imagine», en décembre 1980. «Oui, c'était tellement important pour moi. J'ai eu de la chance, car on avait été séparés à cause de problèmes commerciaux, et John avait fini par se rallier à mon point de vue : le type qu'ils voulaient embaucher [Allen Klein] était un escroc. J'en avais souffert, car ils pensaient tous que j'étais fou. Alors, quand il a réalisé que j'avais raison, ça m'a fait du bien d'entendre John dire, à contrecœur : ‘Je crois que Paul avait raison.’ Il n'était pas du genre à dire : ‘Tu sais ce que Paul m'a dit… !’ Il a plutôt marmonné : ‘Oui, il avait raison.’ Ça a beaucoup arrangé les choses. Même si c'était une période difficile, on n'avait pas le choix, sinon on se serait fait voler.»

Homme d'affaire rapace

Manager aux dents longues qui aura marqué l’histoire du rock, Allen Klein, mort en 2009, était entré dans la vie des Beatles après la mort de Brian Epstein en 1967. Une période durant laquelle la formation de légende vacillait, Paul McCartney tentant de la maintenir à flot tandis que John Lennon était de plus concentré sur son couple avec Yoko Ono et ses expériences avec les drogues, et que George Harrison rêvait d’album en solo pour ses compositions boudées par le groupe.

Alors que Paul McCartney s’en était d'emblée méfié, John Lennon était immédiatement tombé sous le charme d’Allen Klein et en avait fait son conseiller personnel en janvier 1969. George Harrison et Ringo Starr lui avaient emboîté le pas et, malgré la désapprobation de Paul McCartney, Allen Klein avait été désigné comme le nouveau manager du groupe. L'homme d'affaire rapace avait dès lors commencé à tout contrôler de l’entreprise Beatles, imposant notamment Phil Spector à la production. Détestant le résultat et estimant que les membres du groupe risquaient de tout perdre de leur travail, des droits des chansons à leur histoire, Paul McCartney avait alors coupé les ponts et porté l'affaire en justice.

Après que les Rolling Stones, eux aussi sous la coupe de Klein, décideront de rompre avec l’homme d’affaires - perdant au passage les droits sur leur catalogue passé - John Lennon, déçu par l’échec de son album «Some Time in New York City», finira par reprocher à Klein de ne pas le soutenir dans son engagement et par concéder que Paul «avait sans doute eu raison»... 

Ringo Starr puis George Harrison (qui découvrira aussi plus tard qu’Allen Klein l’avait trahi) claqueront la porte à l'été 1968 puis en janvier 1969. En septembre de cette même année, John Lennon annoncera qu'il quitte les Beatles. La fin du groupe sera scellée par Paul McCartney dans le communiqué de presse de son premier album solo en 1970. En 1977, à la suite d’une très longue série de procès intentés entre toutes les parties, les ex-Beatles se libéreront enfin d’Allen Klein contre un chèque de 5 millions de dollars.

Paul McCartney dira plus tard dans une interview pour GQ : «Je pense que quand les Beatles se sont séparés, les gens ont cru qu’on se détestait tous. Et ce dont je me rends compte aujourd’hui, c’est que quand on est une famille, un gang, on se dispute. C’est normal.»

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