Fatigue persistante, troubles de la digestion... À la sortie de l’hiver, le corps tire parfois la sonnette d’alarme en quête d’une détox de printemps. Mais parmi les tendances qui pullulent sur les réseaux sociaux, comment faire le tri ? Éléments de réponse avec la papesse du bien-être Déborah Passuti.
Cures de jus, citron pressé dans de l’eau chaude dès le réveil, jeûner en sautant le petit-déjeuner... sur les réseaux sociaux, les influenceurs ne cessent d’offrir à leur communauté de nombreux conseils pour mettre son corps en mode «détox de printemps», avec comme promesse une élimination des toxines accumulées pendant l’hiver, parfois violente pour l’organisme si elle n’est pas réalisée correctement.
La naturopathe et membre du comité des experts du bien-être Guerlain Déborah Passuti déconstruit le mythe d’une détox trop souvent radicale, et livre ses précieux conseils pour nettoyer ses organes émonctoires en douceur et sans risques, pour rayonner avant l’été.
Détox de printemps, simple tendance ou véritable nécessité ?
«Loin d’être une simple tendance, la détox de printemps est avant tout un réflexe ancestral et biologique. Bien avant les compléments alimentaires et les réseaux sociaux, nos ancêtres vivaient déjà au rythme des saisons. Le printemps a toujours été une période de renouveau», insiste Déborah Passuti. Un processus naturel qui repose sur le travail coordonné des organes d’élimination baptisés «émonctoires», comprenant le foie, les intestins, les reins, la peau et les poumons, qui agissent comme de véritables filtres.
Transformant, neutralisant et éliminant les toxines, ces organes permettent au corps humain de se détoxifier seul depuis des millénaires. «Néanmoins, nos modes de vie moderne, l’alimentation appauvrie en nutriments et ultra transformée, la pollution, le stress, un rythme de vie plus sédentaire… créent une surcharge de travail pour nos émonctoires qui ont tendance à “s’encrasser”, c’est alors le début du déséquilibre», précise la naturopathe.
Fatigue, maux de tête, ballonnements... Quels symptômes doivent nous inquiéter ?
«Une fatigue persistante malgré des bonnes nuits de sommeil, un teint terne avec des imperfections, une digestion lourde accompagnée de ballonnements, de troubles du transit, une stagnation du poids, une langue chargée, du brouillard mental, des maux de tête récurrents ou encore une hypersensibilité alimentaire ou émotionnelle ne sont pas de simples désagréments. Ils traduisent souvent une surcharge de l’organisme», martèle l’experte en nutrition. Un métabolisme ralenti qu’il est possible de raviver grâce à des conseils de bon sens, facilement incorporables au quotidien.
Le premier réflexe détox : un verre d’eau chaude au réveil
«Au réveil, mon premier réflexe détox est avant tout de réhydrater et relancer l’organisme en douceur. Un simple verre d’eau chaude, autour de 38°C, suffit à réveiller les fonctions digestives, stimuler en douceur le foie et favoriser l’élimination», recommande Déborah Passuti. «L'eau chaude présente l’avantage d’être neutre, physio «logique», non irritante et parfaitement respectueuse des muqueuses, notamment chez les personnes sensibles», précise celle qui distille ses précieux conseils sur les réseaux sociaux.
Passé le réveil, l’hydratation reste une base indispensable pour éliminer les toxines de son organisme. Environ deux litres d’eau tempérée à consommer tout au long de la journée, idéalement en dehors des repas. «Associée à une activité physique régulière, même douce, s’hydrater permet de relancer la circulation et d’oxygéner les tissus. Je privilégie une eau peu minéralisée, légère et biocompatible, comme Volvic, Rosée de la Reine ou une eau idéalement filtrée par osmose inverse», préconise Déborah Passuti.
La sève de bouleau, élixir détox par excellence
Naturellement riche en minéraux, oligo-éléments, enzymes et antioxydants, ce précieux liquide favorise le drainage des reins et du foie, accompagne l’élimination des toxines, réduit la rétention d’eau et participe à la reminéralisation. Contrairement à certaines cures détox plus agressives, la sève de bouleau agit en douceur, en respectant les capacités naturelles du corps, tout en apportant un réel regain d’énergie et de légèreté.
L’idéal est de se tourner vers des petits producteurs locaux qui respectent les arbres et les méthodes artisanales de récolte, et d’en savourer les bienfaits dès le réveil, après le verre d’eau chaude signature préconisé par Déborah.
Sauter le petit-déjeuner : une habitude à fuir !
«L’objectif d’une journée détox n’est pas de vous affamer mais d’alléger intelligemment le système digestif pour optimiser les capacités naturelles de détoxification de l’organisme», confie Déborah Passuti. Son petit-déjeuner idéal ? Un jus de carotte et deux œufs mollets pour les protéines et des acides aminés essentiels.
Pour les plus affamés, la naturopathe nous livre la recette de son célèbre «raw bowl», où elle ajoute sur un yaourt fermenté de type kéfir, facilement trouvable dans les rayons des magasins bio, des fruits frais, des grains de lin et de sarrasin, des oléagineux comme des noix ou des amandes, qu’il convient de laisser tremper toute la nuit pour les rendre plus digestes, du pollen et des huiles riches en oméga-3, comme la cameline première pression à froid. Un petit-déjeuner hypotoxique inspirée par les travaux du docteur Catherine Kousmine, agissant comme un allié anti-inflammatoire pour préserver sa longévité et prévenir certaines maladies.
Miser sur les aliments drainants
«Le foie appréciant particulièrement les saveurs amères et les aliments qui stimulent naturellement ses fonctions d’élimination, donc l’idéal est de mettre l’accent sur les légumes verts, comme la roquette, le brocoli, les épinards et l’artichaut», nous confie Déborah Passuti. Sur la liste de courses idéale de la naturopathe, on y retrouve également les légumes drainants, comme le radis noir, la betterave, le fenouil et les asperges. Concernant les herbes et les épices, ne lésinez pas sur le curcuma, le gingembre, l’ail, le persil et le romarin, précieuses alliées dans la détoxification du corps.
Pour une vitalité au top, les fruits frais riches en antioxydants comme le citron, le pamplemousse, les pommes et les baies, sont les bienvenus au menu, tout comme les infusions de plantes douces, que l’on limite à 2 tasses par jour : romarin, thym, mélisse, menthe ou encore gingembre. Côté protéines de qualité, nécessaires au processus de détoxification, optez pour des poissons riches en oméga-3 comme les sardines, le maquereau ou le saumon sauvage, des œufs et des protéines végétales.
Les cures de jus : grande tendance, grandes dérives
A base de jeûnes extrêmes, de cures de jus prolongées ou de restrictions sévères, certains influenceurs prônent une détox spectaculaire, quitte à y laisser sa santé. «Ces cures de jus sur plusieurs jours, très populaires, sont rarement composées uniquement de légumes, mais aussi de fruits, donc riches en sucres une fois pressés. Si elles apportent des micronutriments, elles sont souvent pauvres en fibres, en protéines et en bons lipides, essentiels au bon fonctionnement de l’organisme.
Résultat : une glycémie instable, des fringales, parfois une reprise de poids, et un sentiment de frustration pouvant entretenir un véritable cercle vicieux. «Sans compter que supprimer les aliments solides revient presque à imposer un jeûne, ce qui n’est pas adapté à tout le monde, surtout sans encadrement», insiste celle qui, dans ses consultations, décrie les régimes stricts où chaque calorie est comptée. «Je recommande fortement les jus frais de légumes, en particulier mes deux must-have : carotte-gingembre et carotte-betterave-gingembre», confie Déborah Passuti.
Le citron pressé à jeun, une mode loin d'être adaptée à tous
«Le citron ou le vinaigre à jeun, souvent présentés comme des incontournables, peuvent être intéressants ponctuellement, mais ne sont ni indispensables ni adaptés à tous. Utilisés sur le long terme, ils peuvent irriter les muqueuses, perturber l’équilibre digestif et, chez certaines personnes, perturber le rapport à l’alimentation jusqu’à favoriser des troubles du comportement alimentaire», alerte la naturopathe.
Déborah Passuti vise également les tisanes ultra-drainantes ou les solutions laxatives, souvent mises en avant pour «accélérer» la détox, et qui peuvent au contraire fatiguer l’organisme, déshydrater, appauvrir le microbiote et créer des carences.
La cerise sur la détox : le drainage lymphatique
En complément d’une alimentation simple, brute, peu transformée et de saison qui va réellement soutenir le foie, il existe un rituel bien-être qui permet d’accélérer l’élimination des toxines accumulées dans le corps : le drainage lymphatique. «Le système lymphatique agit comme un véritable réseau d’évacuation des déchets dans l’organisme. Contrairement au système sanguin, la lymphe circule lentement et dépend fortement du mouvement, de la respiration et de l’activité musculaire. Lorsqu’elle stagne, cela peut se traduire par une sensation de lourdeur, de rétention d’eau, des gonflements ou encore une fatigue générale», informe Déborah Passuti.
Mais comme pour la naturopathie et la détox, dès qu’une tendance émerge, nombreux sont ceux qui s’improvisent experts, alors qu’un drainage mal réalisé peut être «inefficace, voire contre-productif». «C’est pour cette raison que je recommande tout particulièrement Linda de Aesthetic Club. Elle fait partie des rares praticiennes à allier technicité, justesse et compréhension du corps. Son approche est à la fois efficace et profonde, avec de vrais résultats visibles sur la circulation, la rétention d’eau, la légèreté du corps et le bien-être global», poursuit la naturopathe.
La rédaction recommande également les doigts de fée de Tehani Leprieur à L'Atelier du drainage à Paris, où chaque séance se transforme en véritable expérience bien-être. En étudiant chaque cause profonde de la stagnation lymphatique (alimentation, sommeil, équilibre hormonal, santé de la peau), l'experte en biohacking et en longévité vous offrira l'étape finale parfaite pour une détox efficace et un corps en pleine vitalité avant l'été.
Vous l’aurez compris, pour soutenir le foie au printemps, la première étape est essentielle : alléger ce qui le surcharge. Exit l’alimentation riche en produits ultra-transformés, en sucres et en additifs, place aux aliments qui stimulent naturellement les fonctions d’élimination, aux bons gras indispensables comme l’huile d’olive, de cameline et de lin, aux protéines de qualité nécessaires à la détox (poissons, œufs, protéines végétales) et aux infusions de plantes douces.
«Revenir au bon sens, c’est comprendre que le corps sait déjà détoxifier, à condition qu’on lui en donne les moyens et qu’on le soutienne, pas qu’on le force ni qu’on le déstabilise», conclut Déborah Passuti.