12 Clodettes réclament des droits à l'image

Claude François danse et chante avec ses "Clodettes" sur le plateau de l'ORTF en octobre 1969 [ / AFP/Archives] Claude François danse et chante avec ses "Clodettes" sur le plateau de l'ORTF en octobre 1969 [ / AFP/Archives]

"Les Clodettes font partie du patrimoine télévisuel de tous les Français" et, pour cette raison, douze d'entre elles ont réclamé vendredi en justice 16.000 euros de droits pour la diffusion d'images à la télévision ou en DVD de leurs fameuses chorégraphies.

Aujourd'hui quinquagénaires ou sexagénaires, ces Clodettes s'estiment lésées alors que 35 ans après la mort de Claude François, disent-elles, leurs chorégraphies continuent de crever l'écran, sur la TNT, qui rediffuse abondamment des émissions de l'époque ORTF, comme dans les multiples DVD consacrés à la légende de Cloclo.

Les douze danseuses - parmi la vingtaine employées par le chanteur - ont assigné en février 2012 la Société de perception et de diffusion des droits des artistes-interprètes (Spedidam) devant le tribunal de grande instance de Paris. Elles réclament 16.000 euros chacune, à titre de provision, et la nomination d'un expert pour vérifier le calcul de leurs droits.

Seules trois anciennes danseuses, Lydia Naval alias "Ketty", Anne Lafitte et Patricia Ligeron, dite "Prisca", se sont présentées devant la 3e chambre civile, soutenues par une poignée de fans de la première heure du club Claude-François et Silm Pezin, son ancien chef d'orchestre.

Enveloppée d'un manteau orange vif, Ketty, elle, est venue au tribunal pour "la reconnaissance". "On fait partie de l'image, du personnage de Claude", a indiqué avant l'audience cette grande femme noire de 63 ans au maquillage impeccable.

 "Prisca" Ligeron, Lydia Naval et Anne Lafitte [Eric Feferberg / AFP]
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Trois anciennes clodettes, le 24 mai 2013 au TGI de Paris. De gauche à droite: "Prisca" Ligeron, Lydia Naval et Anne Lafitte
 

"Tout le monde nous connaît", a renchéri Prisca, à la tête depuis 40 ans de l'école de danse des Claudinettes.

"Elles font partie du patrimoine télévisuel de tous les Français", a lancé en début de plaidoirie leur avocat Me Daniel Richard.

Les plaignantes ont travaillé entre 5 et 10 ans pour Claude François, mais elles disent n'avoir touché qu'entre 100 et 300 euros par an de droits depuis 2010, "des sommes ridicules", selon leur avocat, qui critique "l'opacité" de la gestion des droits des artistes-interprètes (musiciens, choristes, danseurs) dans cette société.

Selon lui, la société, fondée en 1959, n'a fait "aucun effort" pour identifier les diverses participations des Clodettes aux enregistrements télévisés.

"Il nous aimait"

Mais pour l'avocate de la société, Me Isabelle Wekstein, c'était aux plaignantes d'en apporter la preuve par des bulletins de paie ou des contrats de travail, ce qu'elles n'ont pas toujours en leur possession.

Selon elle, les premières pièces justificatives ne sont parvenues à la Spedidam qu'en 2009, la plupart étant "incomplètes". "Les Clodettes ont mis 6 mois, puis 1 an et un an et demi avant de réagir à nos demandes d'éléments complémentaires", a-t-elle conclu.

La Spedidam, qui compte 70.000 ayants droit et 32.000 adhérents, n'a pas souhaité faire de commentaires.

Le jugement est attendu le 27 juin à 13H30.

 
 

Plus de 250 lots ont été réunis pour cette première vente consacrée au chanteur: costumes de scène, affiches, disques d'or, photos érotiques et même ... une mèche de cheveux de l'idole. Le catalogue de la vente cite également "les notes de service cinglantes - les fameuses consignes professionnelles dictées par Claude François à son personnel".

"C'était un homme sanguin avec des réactions spontanées, mais l'agressivité de Claude, c'est une histoire qu'on a inventée. Il s'énervait après nous mais il nous aimait", a confié Ketty, assurant que, si "le patron" était encore là, "il nous aurait dit: +Battez-vous, soyez fortes!+"

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