Aller au contenu principal
Toute l’actu en direct 24h/24
Avec notre application gratuite
Installer
En Direct
En direct
A suivre

États-Unis : reconnu coupable d'agression sexuelle, le réalisateur James Toback est condamné à payer 1,7 milliard de dollars aux 40 plaignantes

Son absence au procès et aux audiences préliminaires a entraîné un jugement par défaut contre lui. [Stephen Lovekin / Getty Images via AFP]

Le réalisateur et scénariste hollywoodien James Toback a été condamné à payer 1,68 milliard de dollars de dommages et intérêts à 40 femmes, à l'issue d'un procès pour agressions sexuelles à New York (États-Unis).

Parmi les premiers à être accusé d'agression sexuelle lors du scandale #MeToo en 2017, le réalisateur James Toback a été reconnu coupable d'avoir abusé de son pouvoir dans l'industrie cinématographique pour agresser sexuellement des femmes entre 1979 et 2014. 

«Ce verdict est plus qu'un chiffre : c'est une déclaration»

Durant la semaine de procès, 20 femmes ont témoigné en direct et le jury a aussi visionné les dépositions vidéo de 20 autres victimes. Selon les avocats de la défense, ce procès a abouti au plus important verdict d'agression sexuelle dans l'histoire de l'État.

«Ce verdict est une question de justice. Mais plus important encore, il s'agit de reprendre le pouvoir aux agresseurs – et à leurs complices – et de le restituer à ceux qu'ils ont tenté de contrôler et de réduire au silence», a déclaré Brad Beckworth, avocat principal des plaignants.

Mary Monahan, l'une des principales plaignantes dans cette affaire, a qualifié la décision du jury de «validation» pour elle et les autres femmes. «Pendant des décennies, j'ai porté ce traumatisme en silence, et aujourd'hui, un jury m'a crue. Il nous a crus. Cela change tout. Ce verdict est plus qu'un chiffre : c'est une déclaration. Nous ne sommes pas des êtres jetables», a-t-elle ajouté. 

«Nous ne sommes pas des menteuses. Nous ne sommes pas les victimes collatérales d'une course au pouvoir menée par quelqu'un d'autre. Le monde sait maintenant ce que nous avons toujours su : ce qu'il a fait était réel», a conclu la jeune femme. 

Karen Sklaire Watson, une autre plaignante, a déclaré que le verdict rendrait New York plus sûre pour les femmes. «Nous fixons une limite : les prédateurs ne peuvent pas se cacher derrière la célébrité, l'argent ou le pouvoir. Plus ici. Plus maintenant», a-t-elle déclaré dans un communiqué. 

L'accusé a assuré sa propre défense 

James Toback, qui s'était récemment défendu lui-même, a nié catégoriquement les faits, affirmant que «toute relation ou contact sexuel entre les plaignants et le défendeur étaient consensuels». Il a soutenu que la loi de l'État de New York prolongeant le délai de prescription des affaires d'abus sexuels violait ses droits constitutionnels.

Son absence au procès et aux audiences préliminaires a entraîné un jugement par défaut contre lui. Ainsi, le jury a accordé aux plaignantes 280 millions de dollars de dommages compensatoires et 1,4 milliard de dollars de dommages punitifs, selon un communiqué du cabinet Nix Patterson, LLP.

Les avocats évalueront ensuite les actifs saisissables de l'accusé de 80 ans. «Nous allons essayer de le récupérer, mais ce n'est pas la seule motivation. Nous avons vu une occasion unique d'aider ces survivants à obtenir justice», a déclaré Ross Leonoudakis, un autre avocat des plaignants. 

James Toback, dont la carrière à Hollywood s'étend sur plus de 40 ans, a été nommé aux Oscars en 1991 pour le scénario de «Bugsy», un film mettant en vedette Warren Beatty dans le rôle principal.

Un scandale dans le sillage d'Harvey Weinstein

Le 22 octobre 2017, deux semaines seulement après les révélations du New York Times sur les antécédents de harcèlement d'Harvey Weinstein, le Los Angeles Times a rapporté pour la première fois que 38 femmes accusaient James Toback de harcèlement ou d'agression sexuels. 

Ces événements auraient eu lieu sur plusieurs années lors de rencontres décrites comme des entretiens ou des essais pour des rôles. Ils se seraient passés à différents endroits à New York, comme au Harvard Club (un club privé pour les personnes liées à l'Université Harvard), chez lui, dans son studio de montage, et dans des parcs. L'accusé questionnait les femmes sur leur vie sexuelle, se frottait contre elles ou se masturbait.

Plus de 200 femmes ont par la suite raconté des histoires similaires à celles publiées dans le journal, dont des actrices hollywoodiennes comme Selma Blair, Rachel McAdams et Julianne Moore.

En avril 2018, le parquet du comté de Los Angeles a renoncé à poursuivre le producteur, car d'une part, une victime n'a pas donné suite à une convocation pour un entretien et d'autre part, les autres affaires étaient prescrites.

Toutefois, quatre ans plus tard, les accusatrices – la plupart âgées d'une quarantaine ou d'une cinquantaine d'années, et certaines d'une petite soixantaine d'années – ont intenté une action en justice en vertu de l'«Adult Survivors Act». Cette loi suspendait pendant un an la prescription des agressions sexuelles.

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Dernières actualités