La tension monte avant la manif des opposants

Des manifestants opposés au mariage homosexuel défilent à Paris, le 21 avril 2013 [Pierre Andrieu / AFP]

La tension monte à deux jours de la manifestation contre le mariage homosexuel dimanche: Manuel Valls met en garde l'extrême droite, le PS juge que l'UMP prend "une grave responsabilité" en soutenant le défilé et Frigide Barjot hésite à y prendre part.

Dépassée par les plus radicaux et menacée à plusieurs reprises, la très médiatique figure de proue des opposants a annoncé vendredi qu'elle ne manifesterait pas "en l'état actuel des choses". Elle redoute que "certains veuillent profiter de l'ambiance de contestation sociale pour faire déraper le mouvement".

Pour le PS, la manifestation se prépare "dans des conditions particulièrement inquiétantes" avec la présence redoutée d'activistes d'extrême droite.

Selon la rue de Solférino, le président de l'UMP Jean-François Copé, qui a annoncé sa présence, se comporterait "en homme d'Etat" s'il disait "à ses militants qu'il préfère l'ordre républicain au désordre des groupuscules". Il a réaffirmé au contraire vendredi à l'AFP sa détermination à manifester dimanche "dans la cohérence de (son) engagement".

Favorite des primaires UMP à Paris et cible des opposants au mariage homosexuel pour s'être abstenue lors du vote de la loi, Nathalie Kosciusko-Morizet s'est dite "inquiète": elle a invité la préfecture de police à anticiper les risques et a demandé à sa famille politique de ne pas sombrer dans "l'agressivité".

Des échauffourées éclatent lors d'une manifestation contre le mariage gay, à Paris le 16 mai 2013 [Martin Bureau / AFP/Archives]
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Des échauffourées éclatent lors d'une manifestation contre le mariage gay, à Paris le 16 mai 2013
 

Manuel Valls a prévenu que ses services "étudiaient" une dissolution du Printemps français, une nébuleuse regroupant certains des opposants les plus radicaux. Le ministre de l'Intérieur a annoncé des poursuites judiciaires pour tout groupe qui se rendrait coupable d'"actes homophobes".

En conflit ouvert avec la Manif pour tous de Frigide Barjot, le Printemps français avait publié mardi un communiqué virulent appelant à "une nouvelle résistance": "La France est actuellement soumise à des forces qui veulent l'asservir entièrement."

Il s'en prenait à mots couverts à l'UMP, désormais "dans le camp ennemi", coupable de "collaboration avec le pouvoir idéologique, en affirmant faussement que la loi Taubira ne pourra pas être abrogée". Selon ce texte, seront désormais "tenus pour cibles", outre le "gouvernement actuel et tous ses appendices", "les partis politiques de la collaboration".

 

Des ultras qui veulent "en découdre"

Une "phraséologie factieuse", pour l'entourage de Manuel Valls qui y voit une raison d'"étudier" une dissolution de ce mouvement qui, selon sa porte-parole Béatrice Bourges ne peut être interdit puisqu'il "est plus un esprit qu'autre chose". L'interdire prouverait "que nous entrons vraiment en dictature", dit-elle.

Des militants contre le mariage homosexuel manifestent à Paris, devant l'Assemblée nationale, le 23 arvil 2013 [Kenzo Tribouillard / AFP/Archives]
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Des militants contre le mariage homosexuel manifestent à Paris, devant l'Assemblée nationale, le 23 arvil 2013
 

Autre "inquiétude" de Manuel Valls: des "groupes radicaux d'extrême droite" souhaiteraient "venir en nombre", "non pour manifester mais pour créer l'affrontement et le désordre".

"Sur les 37 dernières manifestations représentatives, 28 ont été infiltrées par l'extrême droite", affirme une source proche du dossier qui cite l'Action française, les Jeunesses identitaires, le Gud, Troisième Voie, Terre et Peuple ou encore les Jeunesses nationalistes. Ces ultras, qui pourraient être quelques centaines, auront "envie d'en découdre" pour ce "baroud d'honneur", selon une source policière.

D'autant que le suicide dans Notre-Dame de l'écrivain Dominique Venner, figure intellectuelle d'extrême droite et opposant au mariage homosexuel, a renforcé la détermination de certains militants de ces cercles.

Très actives à Lyon, les Jeunesses nationalistes d'Alexandre Gabriac appellent à manifester pour dire "non" à un "système qu'il faut abattre" et demandent à chacun "de choisir son camp : celui du système, ou celui de la patrie".

 
 

Ces crispations parmi les opposants apparaissent moins d'une semaine après la promulgation de la loi par François Hollande et au moment où les Français se lassent: selon un sondage BVA publié pour i-télé et Le Parisien/Aujourd'hui en France, 62% souhaitent que cessent les manifestations des opposants à cette loi. 

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