L'UMP tente de sauver sa primaire à Paris

Le président du Conseil supérieur de la primaire UMP à Paris, Antoine Rufenacht, et la candidate aux municipales à Paris Nathalie Kosciusko-Morizet, le 29 mai 2013 à Paris [Jacques Demarthon / AFP] Le président du Conseil supérieur de la primaire UMP à Paris, Antoine Rufenacht, et la candidate aux municipales à Paris Nathalie Kosciusko-Morizet, le 29 mai 2013 à Paris [Jacques Demarthon / AFP]

L'UMP tente samedi de sauver sa primaire pour désigner son candidat aux municipales à Paris lors d'une réunion de l'instance de supervision de ce scrutin, avec l'objectif d'éviter une réédition parisienne de l'épisode mortifère de l'élection du président du parti.

Tout a dérapé vendredi, quelques heures seulement après l'ouverture du vote par voie électronique qui sera clos lundi à 19H00. Le benjamin de la compétition, le conseiller de Paris Pierre-Yves Bournazel, a mis le feu aux poudres en réclamant la "suspension" du scrutin pour cause de "système incontestablement défaillant".

Le jeune élu copéiste a dénoncé l'impossibilité pour certains électeurs de s'inscrire sur le site de la primaire, la possibilité de voter à l'insu d'un tiers, et la poursuite hors délai par la favorite de la consultation Nathalie Kosciusko-Morizet de sa campagne, avec l'organisation de "bureaux de vote" par ses équipes.

Le président de l'UMP, Jean-François Copé, a été contraint de s'en mêler, et a appelé les candidats "à faire preuve de modération et de sang-froid". Mais son entourage a pris soin de souligner que cette primaire n'était pas supervisée par lui.

Dans la matinée samedi, il a téléphoné à chacun des quatre candidats pour leur répéter ce message et insister sur la nécessité de se rassembler à l'issue de la compétition, car, a-t-on rapporté dans son entourage, l'UMP a de "réelles chances de l'emporter à Paris" en 2014.

Un montage des portraits des 4 candidats UMP aux municipales à Paris, Pierre-Yves Bournazel (haut, gauche), Franck Margain (haut, droite), Jean-Francois Legaret (bas, gauche) et Nathalie Kosciusko-Morizet [ / AFP/Archives]
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Un montage des portraits des 4 candidats UMP aux municipales à Paris, Pierre-Yves Bournazel (haut, gauche), Franck Margain (haut, droite), Jean-Francois Legaret (bas, gauche) et Nathalie Kosciusko-Morizet

M. Copé s'est entretenu également par téléphone avec le président du conseil supérieur de la primaire, Antoine Rufenacht, ainsi qu'avec le président de la fédération UMP de Paris, Philippe Goujon.

L'ancien Premier ministre Alain Juppé (depuis Bordeaux), le député Thierry Mariani (dans Le Parisien) et l'ancienne candidate à la mairie de Paris François de Panafieu (auprès du Figaro) ont, eux aussi, appelé à l'apaisement et espéré que le processus aille à son terme.

"Il est hors de question de suspendre le scrutin", a réaffirmé samedi matin à l'AFP M. Rufenacht.

Un peu plus tôt, sur Europe 1, il avait rappelé la "règle de silence" des candidats pendant les opérations de vote, en enjoignant les uns et les autres à "se taire".

La réunion censée apaiser les tensions entre candidats a débuté vers 16H00. M. Rufenacht devait leur rappeler "le respect des engagements souscrits traditionnellement" pour tout scrutin, répéter qu'il n'était pas question de suspendre les opérations de vote, et réaffirmer que les recours en contentieux peuvent être engagés après la clôture du scrutin.

A la mi-journée, Philippe Goujon était confiant: "Les opérations de vote se déroulent dans de très bonnes conditions", a-t-il dit à l'AFP en regrettant "les déclarations abruptes" et "pas étayées" de M. Bournazel.

Pierre-Yves Bournazel, qui est soutenu, à titre personnel, par les deux cofondateurs du courant UMP "La droite forte", Geoffroy Didier et Guillaume Peltier, fait le pari qu'il déjouera les pronostics en battant la favorite de la primaire, Nathalie Kosciusko-Morizet.

"Pas notre culture"

Les électeurs parisiens, qu'ils soient ou non encartés à l'UMP, ont jusqu'à lundi 19H00 pour voter, par voie électronique uniquement. Les résultats doivent être proclamés lundi soir au Musée social, dans le VIIe arrondissement, avant un éventuel deuxième tour du vendredi 7 au lundi 10 juin.

Outre NKM et M. Bournazel, sont en lice également le maire du Ier arrondissement Jean-François Legaret (60 ans), et le conseiller régional Franck Margain (51 ans), vice-président du Parti chrétien-démocrate (PCD, associé à l'UMP).

"#UMP Arrêtons avec les primaires ! Ce n'est décidément pas notre culture ! Je ne voterai pas pour des statuts prévoyant primaires en 2017", s'est exclamée samedi sur son compte Twitter Isabelle Balkany.

Élue de Levallois-Perret, cette amie de Nicolas Sarkozy a sauté à pieds joints sur le psychodrame de la primaire UMP à Paris pour rejeter celle prévue en 2016 qui désignera le candidat du parti pour la présidentielle de 2017. D'autant que les statuts, qui seront soumis au vote des militants, ne prévoient pas d'exception de primaire pour un ex-chef de l'État et donc M. Sarkozy.

Le premier secrétaire du Parti socialiste Harlem Désir a évoqué un "véritable fiasco, un échec politique et un échec personnel pour Jean-François Copé".

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