Démission du gouvernement : les réactions

Eric Ciotti, député UMP des Alpes-Maritimes, répond aux questions des journalistes à l'issue d'une réunion au siège de l'UMP à Paris le 10 juin 2014 [Eric Feferberg / AFP/Archives] Eric Ciotti, député UMP des Alpes-Maritimes, répond aux questions des journalistes à l'issue d'une réunion au siège de l'UMP à Paris le 10 juin 2014 [Eric Feferberg / AFP/Archives]

Réactions politiques à la démission du gouvernement de Manuel Valls, dont la nouvelle équipe sera dévoilée mardi. 

 

- Eric Ciotti, député UMP des Alpes-Maritimes, proche de François Fillon: "cette option nous conduit dans une crise politique majeure, inédite peut-être sous la Ve république, très clairement. Aujourd'hui, le gouvernement n'a plus la majorité et nous le verrons très vite à l’Assemblée nationale puisque j'imagine que ce gouvernement va exclure les frondeurs, et ils sont nombreux, ce sont des ministres de poids, et que ces ministres de poids vont rejoindre une forme d'opposition qui comprenait déjà les communistes et les Verts (...) Je ne suis pas convaincu qu'un simple remaniement suffira à résoudre cette crise. Personnellement, je ne vois pas comment le président de la République pourra s’exonérer de redonner la parole au peuple sous une forme ou sous une autre" (sur I>TELE)

 

- Hervé Mariton, candidat à la présidence de l'UMP: "il ne suffit pas de remanier le gouvernement, il faut remanier la politique, dans le sens contraire de ce qui a provoqué le remaniement, donc dans le sens contraire de ce que veut Montebourg: non pas moins de rigueur, mais plus de rigueur, non pas moins d'économie budgétaire, mais plus d'économie budgétaire, non pas moins d'effort de compétitivité, mais plus d'effort de compétitivité" (à l'AFP)

 

- Christian Paul, député PS de la Nièvre: "Manuel Valls apparaît une nouvelle fois ligoté par la feuille de route qui, depuis deux ans, en matière de politique économique et de justice sociale, n'a porté aucun effet. Arnaud Montebourg avait demandé un électrochoc au plan européen pour retrouver la croissance. Nous avons nous-même demandé et nous continuerons inlassablement de demander au président de la République dans les prochain jours un plan d'urgence pour sortir la France de la récession. Donc, ce ne sont pas des débats médiocres et je trouve extrêmement triste pour notre démocratie que ce soit avec des sanctions dignes d'une cour d'école que l'on traite des questions politiques essentielles." (sur I>TELE)

Nicolas Dupont-Aignan à son arrivée le 16 mai 204 à l'Elysée à Paris  [Alain Jocard / AFP/Archives]
Photo
ci-dessus
Nicolas Dupont-Aignan à son arrivée le 16 mai 204 à l'Elysée à Paris

 

- Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne, président de Debout la République (DLR): "Le président de la République, si l'on en croit les dernières enquêtes d'opinion, n'est plus soutenu que par 17% des Français. Après avoir perdu le soutien des communistes, puis des écologistes, son gouvernement vient de perdre celui d'une large fraction du Parti socialiste. Sans la confiance des Français, sans majorité dans le pays, sans majorité au Parlement, le remaniement ministériel annoncé demain n'est qu'un replâtrage. La légitimité populaire indispensable pour gouverner un pays et conduire une politique fait aujourd'hui défaut à François Hollande et Manuel Valls. Seules des élections nationales, législatives, voire présidentielle, peuvent nous permettre, en donnant la parole au peuple, de sortir de la crise politique désormais ouverte." (communiqué)

 

- Eric Coquerel, secrétaire national du Parti de gauche: "J'espère que Manuel Valls va demander la confiance à l'Assemblée et j'attends de tous les députés critiques de gauche qu'ils ne votent pas cette confiance. Il doit y avoir un retour au peuple" (France Info)

 

- Pouria Amirshahi, député PS de Français de l'étranger : "Malheureusement, le président de la République confirme la poursuite d’une politique pourtant minoritaire et contestable dans ses principes comme dans ses résultats. Il existe pourtant à l’Assemblée Nationale comme dans le pays une majorité pour porter une autre politique tournée vers le progrès social, la transition écologique et la lutte contre les inégalités" (communiqué).

 

- Luc Carvounas, sénateur-maire (PS) du Val-de-Marne, proche de Manuel Valls: "à partir du moment où la fête de Frangy s'est transformée hier en une tribune contre la politique menée par le président de la République et le Premier ministre, il y a une cohérence entre l'exécutif dans ses deux têtes de dire et affirmer qu'il ne peut pas y avoir, et encore plus au lendemain de la débâcle aux municipales et aux européennes, deux, trois voix au sein du gouvernement. Nos concitoyens n'y comprendraient rien. Je regrette qu'Arnaud Montebourg et Benoît Hamon aient choisi cette option. Je ne pense pas que cela corresponde aux attentes des Françaises et des Français et, en même temps, je salue l'acte d'autorité qu'ont eu ce matin le président de la République qui demande à son Premier ministre de reformer un gouvernement" (sur I>TELE).

 

- Florian Philippot, vice-président du Front national: "François Hollande est confronté à une vraie crise de confiance dans son propre camp. Ce gouvernement, ce pouvoir est devenu une sorte de bateau ivre. La solution était-elle de refaire une espèce de remaniement comme on l'a fait il y a quelques mois en passant de Jean-Marc Ayrault à Manuel Valls? Non, je crois que c'est reculer pour mieux sauter, parce qu'on conduira la même politique. Ce sera en réalité un nouveau gouvernement technique au service de l'Union européenne qui continuera dans l'échec. (...) La seule solution qui va s'imposer, c'est le retour au peuple par la dissolution de l'Assemblée nationale." (sur BFMTV)

Marie-Noelle Lienemann le 15 avril 2014 à Paris [Jacques Demarthon / AFP/Archives]
Photo
ci-dessus
Marie-Noelle Lienemann le 15 avril 2014 à Paris

 

- Marie-Noëlle Lienemann, aile gauche du PS: "On arrive à une crise politique qui aurait pu être évitée si le Président de la République quand les chiffres ont confirmé que sa politique n'atteignait pas ses objectifs avait largement ouvert le débat (...) on est maintenant devant une situation où la réponse est le durcissement et l'autorité. C'est la ligne désastreuse après ne pas avoir pris l'ensemble des forces de gauche qui avaient fait sa victoire, éliminé les écologistes puis éliminé l'aile récalcitrante qui représente quand même beaucoup de gens au sein du PS, François Hollande se trouve comme un roi nu. (...) Ce n'est pas une clarification qui permet de nous rassembler. C'est un acte d'autorité qui affaibli la majorité présidentielle (...) Le Président de la République n'est quand même pas Dieu le père dans notre pays, il a quand même besoin d'une majorité politique (...) tant pis, on a raison contre le peuple, ça ne tiendra pas longtemps" (BFMTV)

 

 

Vous aimerez aussi

Le ministre de l'Intérieur Sajid Javid sort du ministère à Londres le 30 avril 2018 [Ben STANSALL / AFP]
Nomination Royaume-Uni : un nouveau ministre de l'Intérieur pour un gouvernement déstabilisé
Gouvernement Tout savoir sur Delphine Gény-Stephann, nommée secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie
Politique Nommé au gouvernement, Olivier Dussopt «n'est plus membre du PS»

Ailleurs sur le web

Derniers articles