Hamon : la politique de l'exécutif "menace la République"

Benoit Hamon, le 17 avril 2014 à Maxeville dans l'est de la France [- / AFP/Archives]

L'ancien ministre et actuel député (PS) Benoît Hamon, qui s'est abstenu mardi sur les recettes du budget 2015, a affirmé mercredi que la politique de l'exécutif "menace la République" et mène vers un "immense désastre démocratique" en 2017.

 

Cette politique, "parce qu'elle réduit les capacités d'intervention de la puissance publique", "menace la République", a déclaré M. Hamon sur RFI, qui a quitté le gouvernement le 25 août.

"Et la menace de la République, c'est la préparation tout droit, comme on s'y prépare pour 2017, d'un immense désastre démocratique", soit "non seulement l'arrivée au second tour de la présidentielle de Marine Le Pen sans coup férir, mais en plus la menace que demain, elle dirige le pays".

Interrogé sur la réaction de Jean-Christophe Cambadélis, qui a vu un "problème d'éthique" dans cette abstention, le député des Yvelines a répondu: "Il ne faut pas réagir avec ses nerfs dans ces cas-là. (...) J'ai ma cohérence et j'essaie d'être utile à ma famille politique".

Martine Aubry peut-elle incarner cette fronde pour une autre politique? "Ce n'est pas le problème, vraiment pas. Le sujet n'est pas de savoir qui mène je-ne-sais quelle fronde car il n'y a pas de fronde. Il y a un débat sur: cette politique économique amène-t-elle des résultats? Non! Y aura-t-il des résultats demain? La plupart des instituts de conjoncture, qui ne sont pas des officines de je-ne-sais quel parti très à gauche, disent +non, il n'y aura pas de résultat+", a rétorqué le député des Yvelines.

"Peut-on se permettre de continuer à réduire les capacités d'intervention de la puissance publique? En France, l'Etat, c'est la République et l'Egalité", a insisté M. Hamon 

Après avoir pointé les responsabilités de la France, l'ancien ministre a estimé que "la responsabilité historique de l'Allemagne, c'est d'avoir construit sa croissance, il y a quelques années, contre tous les autres pays européens dans des stratégies qu'on appelle non-coopératives, le choix de rétablir sa compétitivité au détriment de ses partenaires de l'UE qui l'amène aujourd'hui à être dans une situation d'excédent et de refuser de prendre sa part dans la relance de l'économie européenne".

"Qu'exige l'Allemagne? Des purges et des politiques d'austérité partout ailleurs. Que se passe-t-il? Plus personne n'investit ni n'achète", selon M. Hamon.

 

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