Valls ne veut pas toucher au CDI

Valls : un remaniement possible "s'il y a un pacte entre les socialistes et les écologistes".[AFP]

Manuel Valls, qui considère avoir le soutien des Français pour rester à son poste de Premier ministre, qu'il occupe depuis pile un an, s'adresse mardi aux députés socialistes pour les convaincre d'"approfondir les réformes" sans changement de cap vers la gauche.

 

Dans la foulée de la nouvelle défaite du PS et de la gauche aux départementales dimanche, le Premier ministre a annulé un déplacement en Allemagne prévu ce mardi pour participer à 11H00 à la réunion hebdomadaire des députés socialistes, puis être présent à l'Assemblée pour les questions au gouvernement.

Les députés exprimeront leurs "messages" mais "ils diront tous, l'immense majorité en tout cas, qu'il faut continuer, même si sur tel ou tel aspect il faut approfondir", a affirmé Manuel Valls mardi matin sur BFM TV.

Quant à l'échec électoral, c'est une "responsabilité collective", a plaidé le chef du gouvernement, jugeant que la question de sa démission ne se posait pas.

"On rajouterait une crise politique en plus à cette situation". "D'ailleurs, ce n'est pas ce que les Français me demandent", a-t-il insisté. "Ils me demandent de rester au poste, de les écouter et de continuer l'action pour l'emploi et pour redresser le pays", a-t-il dit.

 

Ne pas changer de cap

L'intention affichée de l'exécutif de ne pas changer de cap, au motif que de premiers résultats économiques commencent à poindre, a suscité des critiques à l'aile gauche du PS, chez les alliés écologistes, mais aussi de la part de ténors socialistes plus modérés habituellement, comme l'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

"On ne peut pas continuer sur le discours +rien de change+", avait affirmé lundi la dirigeante d'Europe Ecologie Les Verts Emmanuelle Cosse, à l'issue d'une rencontre avec le PS, au siège socialiste rue de Solférino.

Les appels à l'union de la gauche sont aussi portés par des poids lourds comme le président de l'Assemblée, Claude Bartolone, et le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis.

 

Valls ne ferme pas la porte aux écologistes

Manuel Valls a de nouveau laissé ouverte la porte d'un remaniement et d'un retour des écologistes, mais sous conditions: "S'il y a un pacte entre les socialistes et les écologistes", "s'ils considèrent que c'est possible de gouverner sur la ligne économique qui est la nôtre, sur les réformes en matière de transition énergétique que nous sommes en train de mener et sur la lutte contre les inégalités".

 

Pas de remise en cause du CDI

Manuel Valls, qui pour "approfondir" les réformes a promis d'ouvrir de nouveaux chantiers, n'a pas donné de détails sur les pistes évoquées par le gouvernement: mesures de soutien à l'investissement privé et aux PME, en particulier.

"La réforme pour permettre aux PME-PMI d'embaucher rapidement, cela, oui", afin de lever le "frein" de la peur d'embaucher, a-t-il dit. Quant à un éventuel contrat de travail spécifique, hypothèse relayée dans la presse, "je veux en discuter avec tous les partenaires sociaux" lors d'une conférence prévue en juin, a-t-il ajouté.

Mais Manuel Valls l'a assuré: "La remise en cause du CDI n'est pas dans les projets du gouvernement, ce n'est pas parce que le Medef fait un certain nombre de propositions que nous allons les prendre". Le patronat a proposé de faciliter les licenciements des salariés en CDI.

Une réforme du droit du travail et du contrat de travail en particulier est un sujet particulièrement sensible à gauche et chez les syndicats, et un objectif politique complexe pour Manuel Valls, déjà contraint, en février, d'utiliser le "49.3" - l'adoption d'un texte sans vote - pour le projet de loi Macron.

A l'automne dernier, l'évocation par Manuel Valls d'une possible réforme de l'assurance-chômage avait déjà suscité une levée de boucliers syndicale.

 

1,5% de croissance cette année ?

Le Premier ministre entend accélérer afin d'atteindre - il l'"espère", a-t-il dit mardi - 1,5% de croissance cette année. Ce niveau, au-delà de la prévision officielle de 1% de Paris, est jugé nécessaire pour faire baisser le chômage, promesse socialiste restée une chimère depuis le début du quinquennat.

Pendant que Manuel Valls s'adresse au groupe socialiste, le gouvernement est lui réuni à Berlin autour de François Hollande pour un conseil des ministres franco-allemand avec la chancelière Angela Merkel.

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