Jean-Pierre Fourcade : "l'éthique est indispensable"

Jean-Pierre Fourcade loue la fonction de maire, en prise avec le réel. [© Marc BERTRAND]

Il a été maire, ministre et sénateur. Fort de sa riche expérience dans la sphère politique, Jean-Pierre Fourcade est préoccupé par le discrédit dont souffrent aujourd’hui les élus. Un constat inquiétant qu’il dresse dans son récent ouvrage, "Mon expérience peut-elle éclairer l’avenir ?" Son but : proposer des pistes de réformes pour y remédier.

 

Quels éléments vous ont poussé à écrire un livre sur ce thème ?

C’est cette espèce d’attaque généralisée contre les hommes politiques qui m’a incité à essayer de démontrer que dans un pays comme le nôtre, il faut réformer en profondeur. C’est pourquoi j’ai voulu donner un certain nombre de pistes.

 

Vous dénoncez notamment le manque d’éthique en politique...

L’éthique est indispensable. Ce qui me frappe, c’est le niveau d’abstention. Au moins la moitié des citoyens ne croient plus du tout que les hommes politiques peuvent améliorer leur quotidien. Cette masse d’abstentionnistes, il faut les reconquérir par des réponses claires et avec une déontologie exemplaire.

 

Quelles solutions préconisez-vous ?

Je suis frappé par le fait que tout président pense à sa réélection, qui aujourd’hui domine toutes les manœuvres et guide les réformes. Il faudrait envisager de revenir à un septennat non reconductible.

 

Quelle fonction avez-vous préféré exercer ?

Celle de maire, car nous sommes proches de la population. Nous voyons les vrais problèmes, les vrais sujets. Nous pouvons engager des actions et voir les résultats, et sommes plus près du réel que dans les autres fonctions.

 

La politique a-t-elle changé ?

Oui. Nous avons tellement d’élections au niveau municipal, départemental, régional, national, européen que le nombre d’élus et de politiques est devenu considérable. Par conséquent il faut envisager une réduction du nombre de représentants politiques.

 

Vous proposez que soit lancée une semaine du respect... En quoi consisterait-elle ?

C’est une idée qui a germé suite aux événements du 11 janvier. Je suis frappé par les querelles religieuses qui commencent à envahir l’ensemble de nos secteurs. Je propose donc une semaine du respect mutuel dans laquelle le maire, entouré des représentants religieux, se promènerait dans les collèges, lycées, maisons de retraite pour montrer que l’on peut vivre ensemble à condition que chacun accepte les croyances des autres.

 

Mon expérience peut-elle éclairer l’avenir ?, éd. France-Empire, 18 €.

 

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