Les sept concurrents doivent s’affronter ce jeudi soir au cours d’un rendez-vous télévisé très attendu, à seulement quelques semaines de la primaire.
L’étau se resserre. Les sept candidats à la primaire de la droite vont de nouveau confronter leurs idées, au cours d’un deuxième débat télévisé. A moins de trois semaines du scrutin, tout l’enjeu sera, pour les postulants, de marquer des points auprès des électeurs, en se différenciant de leurs concurrents.
Alors que le premier affrontement s’était révélé plutôt consensuel, les thèmes qui seront abordés ce soir, dans un contexte politique tendu, laissent présager des échanges plus musclés.
Un débat et des enjeux
Les candidats vont notamment se faire face autour de la sécurité, un sujet source de fortes divisions. Le plus attendu sur ces questions semble être Nicolas Sarkozy, qui entend incarner la ligne dure du parti dans la lutte anti-terroriste. D’autant que l’ex-président de la République a misé sur un programme sécuritaire pour rattraper son retard sur Alain Juppé, qui le devance encore de six points au premier tour, à 37 % d’intentions de vote, selon un récent sondage Ifop.
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Il souhaite ainsi organiser un référendum sur la suspension de l’automaticité du regroupement familial et l’internement des fichés S les plus dangereux. Face à lui, le maire de Bordeaux, en retrait lors du premier débat, est d’autant plus attendu sur ces questions qu’il est en baisse dans les enquêtes d’opinion. Réputé plus modéré que son concurrent, il veut insister sur le Renseignement pour prévenir les attaques.
En marge du duo de tête, François Fillon (12 %) et Bruno Le Maire (11 %), qui se disputent la troisième place, pourraient profiter de ce thème pour créer la surprise. Alors que le premier souhaite construire 16 000 places de prison, le second préfère expulser les étrangers fichés S. Reste, enfin, Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-François Copé et Jean-Frédéric Poisson, qui ont tout à gagner ce soir. Tous crédités de 3 % d’intentions de vote, tout l’enjeu pour eux sera de proposer une alternative.
Au cours de la soirée, un autre thème sera abordé : l’Europe. Les échanges devraient être moins tendus, tous les candidats étant favorables à une refonte de Schengen. Même constat sur les questions éducatives, également moins sujettes aux divisions.
Une droite fragmentée ?
Accélération du calendrier oblige, la tension est montée d’un cran et un nouveau point de divergence, stratégique celui-ci, devrait s’inviter dans le débat. Principale source de conflit : l’alliance avec les centristes.
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Ainsi, Nicolas Sarkozy s’en est pris violemment hier à François Bayrou, président du Modem et soutien d’Alain Juppé. «Je ne veux pas que demain la future majorité soit otage de M.Bayrou», a-t-il ainsi martelé.
De son côté, l’entourage du maire de Bordeaux a fait valoir qu’un rassemblement était nécessaire pour gagner en 2017. Une question qui, au-delà de diviser les concurrents à la primaire, risque de fracturer la droite, d’ores et déjà convaincue d’élire en novembre le prochain président de la République.