Cancer : comment les éléphants trompent la maladie

Les éléphants possèdent au moins quarante copies de gènes qui produisent une protéine appelée P53, connue pour ses puissantes propriétés anticancéreuses. [Tony Karumba / AFP/Archives]

Intrigués par le nombre peu élevé de cancers chez les éléphants, des scientifiques américains ont trouvé la raison de cette étonnante immunité. Leurs travaux ont été rendus publics jeudi 8 octobre dans le Journal of the American Medical Association (JAMA).

Malgré le fait que leur corps compte bien plus de cellules que les notres, les pachydermes développent beaucoup moins de cancers.

Une équipe de scientifiques de l'Institut Huntsman de recherche sur le cancer à l'université d'Utah et du Ringling Bros. Center for Elephant Conservation (Etats-Unis) s’est penchée sur cette étrange particularité et a découvert que les éléphants possèdent au moins quarante copies de gènes qui produisent une protéine appelée P53, connue pour ses puissantes propriétés anticancéreuses.

Une découverte capitale puisque la majorité des autres espèces, dont les humains, ne possèdent qu'une ou deux copies seulement de cette protéine.

Activation du gêne chez la souris

Suite à leur découverte, les scientifiques ont activé la protéine P53 chez la souris, ce qui lui a permis de développer une protection similaire à celle des éléphants.

Cette meilleure compréhension de l'ADN de l’éléphant, associée à la technique d’activation de la protéine P53 chez la souris, pourrait selon eux améliorer la résistance au cancer chez l’homme en créant à l'avenir un médicament qui imite la protéine du gène P53.

Jusqu’à présent, les chercheurs ne comprenaient pas pourquoi certains animaux de grande taille, comme les éléphants, ne présentaient pas un risque plus élevé de développer le cancer. 

Certains animaux immunisés contre le cancer

Dans la nature, plusieurs espèces animales sont épargnées par le cancer. C’est le cas du rat-taupe nu, qui vit dix fois plus longtemps que ses cousins les rats et souris et qui n'a jamais de tumeur cancéreuse. C'est également le cas de la baleine boréale, qui peut vivre deux siècles sans développer la maladie.

"Si les éléphants détiennent des clés permettant de percer certains mystères du cancer, cela devrait aider à mobiliser davantage le public dans la lutte pour sauver les éléphants" africains, menacés d'extinction par le braconnage pour l'ivoire, estime également Eric Peteson, le responsable des éléphants au zoo Hogle d'Utah qui a participé à cette étude.

Les résultats complets des travaux des chercheurs sont disponibles sur le site de la revue JAMA.

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