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Loi sur la fin de vie : quand Gabriel Attal défend le «devoir d’écoute» et Bruno Retailleau dénonce «un texte déséquilibré», l’Assemblée nationale divisée autour de l’aide à mourir

Le texte sur la fin de vie en lui-même a été scindé en deux propositions de loi, l’une sur l’aide à mourir et l’autre, beaucoup plus consensuelle, sur les soins palliatifs. [Bertrand GUAY / AFP / REUTERS]

À partir de ce lundi, le texte sur la fin de vie sera débattu à l'Assemblée nationale. Tandis que l’ancien Premier ministre Gabriel Attal a signé une tribune défendant l’aide à mourir, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, de son côté, a accablé le texte auprès des médias. 

La fin de vie sème la zizanie. Alors que le texte sur l’aide à mourir, sorti de la commission des Affaires sociales, sera débattu à l’Assemblée nationale à partir de lundi, ce dernier est toujours loin de faire l’unanimité. 

D’une part, Bruno Retailleau, le ministre de l’Intérieur, qui qualifie ce texte de «profondément déséquilibré», et symbole d’une «rupture anthropologique», comme il l’a déclaré au JDD. D’une autre part Gabriel Attal, l’ancien Premier ministre, à l’origine d’une alliance insolite avec la chanteuse Line Renaud, tous deux co-signataires d’une tribune en sa faveur. Celui qui préside le groupe macroniste Ensemble pour la République à l’Assemblée nationale appelle à agir pour «offrir aux malades la liberté de choix». 

Le texte sur la fin de vie en lui-même a été scindé en deux propositions de loi, l’une sur l’aide à mourir et l’autre, beaucoup plus consensuelle, sur les soins palliatifs. 

Vers une mort plus accessible que des soins ? 

Ce que craint le ministre LR, c’est la banalisation de cette pratique : «S’il était voté en l’état, il deviendrait plus facile de demander la mort que d’être soigné», a-t-il dénoncé dans les colonnes du Journal du Dimanche. En effet, le développement des soins palliatifs est un axe clé du programme des Républicains depuis plusieurs années. 

Pour rappel, fin avril, les députés ont approuvé la proposition de loi en commission des Affaires sociales pour permettre à des malades avec une «affection grave et incurable» qui «engage le pronostic vital, en phase avancée ou terminale» et ne supportant plus leurs souffrances, de recevoir ou de s'administrer une substance létale. 

«Certains peuvent vouloir arrêter de souffrir» 

Gabriel Attal et Line Renaud, de leur côté, argumentent en affirmant que «Si nul ne souhaite mourir, en revanche, certains peuvent vouloir arrêter de souffrir». Pour eux, s’opposer «par conservatisme à toute évolution du droit, c’est faire passer son dogmatisme avant la souffrance des malades. C’est manquer à son devoir d’écoute et d’humanité pour imposer sa morale», ont-ils déclaré à la Tribune Dimanche

Le gouvernement, pour sa part, a affirmé vouloir «compléter» la rédaction du texte en ce qui concerne la phase avancée et le délais de réflexion, afin de permettre un accès encore plus encadré, a annoncé dimanche 11 mai la ministre de la Santé, Catherine Vautrin. Cette dernière se dit «en quête d'un équilibre».

«Il ne s'agit pas de milliers de cas, ce sont des situations précises», a plaidé la ministre, qui se range aux côtés de l'ancien porte-parole du gouvernement. Une procédure stricte, qui exige que le patient s'administre la substance létale lui-même et que «la réalisation par un professionnel de santé soit l’exception, même s’il y aura toujours la présence d’un soignant en cas d’auto-administration».

Le pouvoir exécutif a également mis l'accent sur l'importance du discernement dans ses déclarations, le jugeant comme «absolument majeur». Catherine Vautrin a affirmé déposer «au nom du gouvernement, un amendement pour rétablir le délai de réflexion incompressible de 48 heures à compter de l’accord des médecins».

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