Une étude parue lundi dans The Lancet alerte sur l'explosion mondiale de la stéatose hépatique métabolique (MASLD). Portée par l'obésité et le diabète, cette maladie du foie pourrait frapper 1,8 milliard de personnes d'ici à 2050.
Une personne sur six dans le monde est déjà atteinte et la plupart l'ignorent. En trente ans, le nombre de cas de MASLD anciennement connue sous le nom de maladie du foie gras non alcoolique, a bondi de 143 %. De 500 millions de malades en 1990, on est passé à 1,3 milliard en 2023, soit une personne sur six dans le monde. D'ici à 2050, les projections tablent sur 1,8 milliard de cas, une hausse de 42 % supplémentaires.
L'étude, fondée sur les données du Global Burden of Diseases et publiée lundi 13 avril dans The Lancet Gastroenterology & Hepatology, désigne trois grands coupables : l'hyperglycémie, un IMC élevé et le tabagisme tous étroitement liés au diabète de type 2 et à l'obésité.
Une maladie qui avance masquée
La MASLD ne provoque aucun symptôme dans ses premiers stades. Des millions de personnes vivent avec la maladie sans le savoir, et ne la découvrent qu'à l'occasion d'un bilan médical pour une autre raison. Or, non détectée, elle peut évoluer vers des complications graves : cirrhose, cancer du foie, insuffisance hépatique.
Si les chercheurs notent que les avancées thérapeutiques ont permis de stabiliser l'impact global sur la santé en années de vie perdues, ils préviennent que la montée en charge des cas fait peser un risque croissant sur les systèmes de soins à long terme.
Les auteurs de l'étude appellent à traiter la MASLD comme une priorité de santé publique mondiale. Certaines régions sont particulièrement exposées : l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient affichent des taux disproportionnellement élevés. En Europe de l'Ouest, c'est le Royaume-Uni qui enregistre la plus forte hausse, avec une progression de 33 % entre 1990 et 2023.
Face à cette trajectoire, les chercheurs insistent sur la prévention : lutte contre l'obésité, régulation de la glycémie, campagnes de dépistage. Sans action coordonnée, la maladie du foie gras pourrait devenir l'un des grands défis sanitaires du siècle.