L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) tire la sonnette d’alarme. Stocker des granulés de bois chez soi peut provoquer une intoxication grave au monoxyde de carbone même sans aucune combustion.
Deux millions de foyers chauffés aux pellets ignorent qu’ils côtoient peut-être un danger invisible dans leur cave ou leur garage. Dans son bulletin Vigil’Anses publié le 13 avril 2026, l'Anses révèle que les granulés de bois dégagent du monoxyde de carbone (CO) par simple réaction chimique, sans nécessiter la moindre combustion.
Le mécanisme en cause ? Lors du stockage, les granulés s’auto-échauffent par oxydation naturelle des acides gras contenus dans le bois, libérant silencieusement ce gaz inodore et invisible. Dans les cas les plus graves, ce CO peut entraîner un coma, des convulsions avec détresse respiratoire, voire la mort rapide de la personne exposée.
Un octogénaire frôle la mort dans le Haut-Rhin
L’alerte s’appuie sur un cas concret et glaçant. En 2025, dans le Haut-Rhin, un homme de 87 ans avait entreposé quatre tonnes de granulés de bois dans son sous-sol, non isolé du reste de la maison. Intoxiqué par les émanations, il avait dû être pris en charge par les secours avant d’être hospitalisé.
Selon les rapports d’intervention du SDIS, l’air du sous-sol affichait alors un taux de 700 ppm de CO, un seuil de danger immédiat. Le phénomène est d’autant plus insidieux que le gaz se diffuse dans l’ensemble de l’habitation sans le moindre signe d’alerte perceptible.
Des consignes strictes à appliquer sans délai
Face à ce risque, l’Anses formule des recommandations claires. L’agence préconise de stocker les pellets dans un lieu séparé de l’habitation, totalement isolé des autres pièces et bien ventilé. Un détecteur de monoxyde de carbone spécifique doit être installé à proximité de la réserve, le détecteur de fumée classique étant incapable de détecter ce gaz.
En cas de maux de tête, nausées ou vertiges soudains, il faut immédiatement aérer les lieux, évacuer tous les occupants et appeler les secours. Avec l’arrivée des beaux jours, écouler son stock avant l’été permet également de limiter l’exposition aux fortes températures, qui intensifient le phénomène.