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«Entre 600 et 2.600 milliards de dollars de dégâts» : l'hypothèse d'une tempête solaire majeure inquiète les chercheurs

Durant l’été 1859, notre planète a été touchée de plein fouet par l'«événement de Carrington4», la tempête solaire la plus puissante jamais observée et documentée à ce jour. ©REUTERS/Alexey Malgavko.

En suivant les cycles de notre étoile, les scientifiques s'attendent à observer prochainement une tempête solaire historique. Si elle pourrait permettre d'observer des aurores boréales d'une intensité jamais vue, elle pourrait surtout causer des milliards d'euros de dégâts.

Une tempête solaire majeure tous les 150 ans ? Selon une récente publication du CNRS, la Terre est sous l'influence de tempêtes solaires plus fréquentes et plus intenses que d'habitude depuis plusieurs mois en raison d'un pic d'activité de notre étoile qui a lieu tous les onze ans. Ces tempêtes sont causées par des éruptions sur le Soleil qui envoient des particules chargées dans l'espace. Mais l'une d'entre-elles pourrait être beaucoup plus puissante que les autres, selon les astrophysiciens.

Cette hypothèse inquiétante revient alors qu'un autre cycle est atteint et même déjà dépassé : celui des 150 ans. Car durant l’été 1859, notre planète a été touchée de plein fouet par l'«événement de Carrington4», la tempête solaire la plus puissante jamais observée et documentée à ce jour, rappelle le CNRS qui souligne que son intensité était trois fois supérieure à la tempête qui a occasionné des aurores boréales en France en printemps dernier.

Surtout, «des chercheurs américains ont estimé entre 600 et 2.600 milliards de dollars les dégâts qu’une éruption solaire de cette envergure provoquerait si elle se produisait dans notre monde technologique actuel, dans un rapport publié en 2013», rapporte Jean Lilensten, directeur de recherche CNRS et astronome à l’Institut de planétologie et d'astrophysique de Grenoble, cité par le CNRS.

Car lorsqu'elles atteignent notre planète, ces tempêtes peuvent interférer avec les systèmes technologiques sur lesquels nous comptons tous les jours. Les tempêtes solaires peuvent perturber les signaux GPS, les communications radio, et même causer des coupures de courant en affectant les réseaux électriques.

Au regard de notre monde connecté, une tempête surpuissante a de quoi inquiéter : «Sachant que l’éruption solaire qui provoqua la tempête magnétique de 1859 mit seulement 17 heures pour atteindre la Terre – contre deux jours pour celle du 10 mai 2024 –, parvenir à prévoir un tel épisode éruptif laisserait tout juste le temps de protéger nos infrastructures les plus sensibles, en les mettant hors tension», souligne le CNRS.

Un maximum atteint en 2025

Alors que le Soleil suit un cycle d'environ onze ans, nous sommes actuellement dans une phase où son activité est particulièrement forte, avec un maximum qui devrait être atteint début 2025, ce qui explique pourquoi ces tempêtes solaires sont plus fréquentes.

Les scientifiques surveillent de près ces événements pour essayer de limiter les dégâts, comme en protégeant les satellites ou en prenant des mesures pour sécuriser les réseaux électriques.

Même si on ne peut pas empêcher les tempêtes solaires, on peut se préparer à leurs effets. C'est pourquoi la surveillance de l'activité solaire est si importante, afin de minimiser les risques pour nos technologies. Le CNRS évoque ainsi la mise en place d'une «météo de l'espace» pour observer les humeurs de notre étoile si précieuse à la vie sur Terre.

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