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Oscar Pistorius : "Je veux repousser les limites"

Oscar Pistorius espère participer à d'autres épreuves avec les valides. Oscar Pistorius espère participer à d'autres épreuves avec les valides.[IAN KINGTON / AFP]

C’est un monument, un véritable personnage. Oscar Pistorius, amputé des deux jambes depuis ses 11 mois et surnommé «The Blade runner», est une force de la nature mais aussi un modèle d’humilité.

A 26 ans, il est le premier athlète de l’histoire à avoir participé cet été aux Jeux Olympiques de Londres avec les valides avant d’enchaîner avec les Jeux Paralympiques. Véritable légende du sport handicap, il est également égérie du parfum A*Men de Thierry Mugler. Pour les besoins de la marque, il était présent à Paris cette semaine. Avide de performances, le Sud-Africain veut encore progresser et participer aux Jeux de Rio en 2016.

 

Cet été, vous avez participé aux Jeux de Londres, qu’avez-vous ressenti ?

C’était un moment unique de ma vie, une expérience extraordinaire. Et très stressante surtout. Pas le fait d’être devant 80 000 personnes mais parce qu’on s’entraîne dur pour en arriver là. Alors, on a peur de ne pas réussir. J’ai fait une demi-finale de 400m et la finale du 4x400m. Mes Jeux étaient satisfaisants.

 

On se souvient de cet échange de dossard avec Kirani James à l’arrivée de la demi-finale du 400 m...

Ce moment était fantastique. Il montre à quel point Kirani est une personne modeste. Son geste m’a vraiment fait plaisir. Aujourd’hui, Kirani est un ami.

 

Il y a aussi eu les Jeux Paralympiques avec cette polémique avec le Brésilien Alan Oliveira sur la taille des lames.

C’est un probleme récurrent depuis deux, trois ans que j’avais déjà soulevé mais c’était resté en interne. Les médias ont grossi la chose et m'ont fait passé pour le méchant dans cette affaire. C'est du passé pour moi.

 

Comment se déroulent vos entraînements ?

Dans mon groupe, il y a sept athlètes valides ce qui me permet d’avoir les mêmes séances d’entraînements. Et puis j’ai le même coach depuis 2004, ça m’aide beaucoup. Il pèse 130 kg, très grand. C’est un grand nounours (rires). Après chaque athlète à sa technique. Michael Johnson avait le buste bien tendu, Kirani James lui est plus lâche dans sa façon de courir. Dans mon groupe, il y a 7 athlètes valides ce qui me permet de m’entraîner comme les autres.

 

Comment êtes-vous venu dans l’athlétisme ?

Par un hasard ! J’ai fait du sport très jeune mais je jouais au rugby d’abord. Puis j’ai eu une blessure et je me suis tourné vers l’athlétisme. Puis, j’ai commencé ma carrière professionnelle en 2004.

 

Quels sont vos modèles en athlétisme ?

Frankie Fredericks et Colin Jackson. Ils sont supers en plus. En dehors de l’athlétisme, j’aime la moto. Valentino Rossi est le numéro un pour moi.

 

Voir l’Afrique du Sud organiser les Jeux ou des Mondiaux serait un rêve pour vous ?

Totalement ! Ce serait tellement merveilleux. Je ne pense pas que cela se fera dans ma carrière mais dans le futur je l’espère. Le pays a organisé dernièrement la Coupe du monde de football en 2010, l’un des plus belles de l’histoire. Le cricket, le rugby ont déjà eu leur Mondial. L’athlétisme, un jour. Et pourquoi pas les Jeux...

 

Vos proches sont-ils fiers de vous

Je suis très proche d’eux. Ma grand-mère de 90 ans était présente aux Jeux de Londres. Ils sont souvent auprès de moi même lorsque je cours.

 

La retraite vous y pensez ?

En 2017 je m'arrêterai je pense. Avec les Mondiaux de Londres.

 

Après votre carrière, quels sont vos projets ?

Je pense m’arrêter dans cinq ans à peu près. Peut-être entraîneur mais je voudrais m’occuper des personnes qui sont victimes des mines anti-personnelles et devenir un membre du CIO. Mais avant tout cela, je veux participer à un maximum de compétitions. Les Jeux de Rio en 2016 avec les valides et les Mondiaux dès l’an prochain à Moscou où j’espère faire bonne figure.

 

La saison 2013 s'annonce comment ?

Ce sera moins fatigué qu’en 2012. Normalement on court 15 fois maximum là cette année c’était 26 courses! L’an prochain je pense que ce sera plutôt entre 8 et 10 courses. Il y aura les Mondiaux à Moscou. J'espère faire une bonne saison.

 

En tant qu’athlète paralympique, qu’est ce que cela représente pour vous d’être l’égérie d’une grande marque comme Thierry Mugler ?

Je me sens très fier d’être associé à cette marque. Quand ils ont fait appel à moi, j’étais heureux. C’est une marque qui a pour slogan le dépassement de soi et qui veut repousser les limites. Comme ce que je tente de faire. Cela me correspond parfaitement.

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