L’équitation n'est plus un sport de privilégiés

[FFE-FChehu]

D’un sport autrefois considéré comme élitiste, l’équitation est aujourd’hui une pratique en voie de démocratisation. En Ile-de-France, plus de 100 000 licenciés s’adonnent aux plaisirs à cheval, plaçant l’équitation, en région, au troisième rang des fédérations sportives les plus importantes en nombre de licenciés.

Il n’en a pourtant pas toujours été ainsi. Kevin Staut, 32 ans, deuxième cavalier mondial, vice-champion du monde par équipe, se souvient : «Lorsque j’ai commencé à monter à cheval, à 10 ans, dans un petit club des Yvelines, l’équitation était clairement considérée comme un “sport de riches”.

Puis la fédération a mis en place une politique d’accessibilité, non seulement tarifaire mais également pédagogique, qui a permis à l’équitation de se développer en activité abordable de loisirs.»

 

D’une discipline militaire à une pratique ludique

«Nous nous adressons désormais à toutes les familles», confirme François Lucas, président du Creif, le Comité régional d’équitation d’Ile-de-France. «Dès l’âge de trois ans, les plus petits peuvent commencer à poney.» Le temps du moniteur, formé par des militaires, s’égosillant au centre du manège, semble bien révolu. Et les petites filles sont séduites !

Au niveau national comme au niveau régional, la gent féminine représente plus de 80 % des licenciés. Un succès largement expliqué par les à-côtés de la pratique équestre : un cheval, ça se monte, certes, mais avant cela, ça se bichonne, ça s’apprivoise.

«La base, largement occupée par les filles, ne se virilisera vraisemblablement pas dans les années à venir», commente Kevin Staut. «Mais cet écart entre le nombre d’hommes et de femmes réduit considérablement à l’approche du haut niveau.

Les femmes restent des sportives hors pair, avec un feeling de l’animal supérieur à celui des hommes. Mais la vie de famille prend souvent le pas sur une éventuelle carrière.»

 

La patience, mère des vertus…équestres

Fille ou garçon, les prétendants franciliens aux sports ou aux loisirs équestres doivent cependant s’armer de patience. Avec par exemple six clubs situés dans Paris intra-muros, l’Ile-de-France est de loin la dernière région en taux de pénétration : «La moyenne nationale veut que pour un million d’habitants, on trouve 100 clubs hippiques. C’est deux fois moins important en région parisienne»,détaille François Lucas.

Insuffisance foncière, disparition de structures, menaces sur la fiscalité, absence de subventions : les causes de ce déficit sont multiples.

Et la principale conséquence, implacable : les listes d’attente pour une inscription en club ne cessent de s’allonger. Mais le turnover reste lui aussi important : ces dernières années, la moitié des néolicenciés n’a pas renouvelé sa licence après une année de pratique.

 

En banlieue, les centres équestres offrent un grand choix de disciplines

Les clubs parisiens pour monter à cheval

 

 

 

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