Des progrès oui mais…, par Pierre Ménès

Les Bleus n’ont pas encore montré le visage d’un potentiel demi-finaliste. Les Bleus n’ont pas encore montré le visage d’un potentiel demi-finaliste.[Anthony Dibon/Icon Sport]

L’équipe de France est qualifiée pour les huitièmes de finale. On ne peut que s’en réjouir et s’en féliciter, comme de sa victoire, hier, contre le Pérou (1-0). Mais il y a tellement à dire et à redire sur les Bleus et le contenu de ce match.

Pour faire le parallèle avec leur entrée en lice face à l’Australie (1-0), les hommes de Didier Deschamps ont rendu une meilleure copie. En même temps, ce n’était pas trop difficile… Ce fut surtout le cas en première période, qui a été plutôt bonne et, avec un peu plus réalisme dans le dernier geste, ils auraient dû avoir un matelas plus épais à la pause. On a également vu quelques bons mouvements et enchaînements, une bonne agressivité et un bon pressing.

En revanche, le deuxième acte a été beaucoup plus laborieux, pour être gentil, de manière assez incompréhensible contre une sélection péruvienne qui n’avait pas beaucoup d’arguments offensifs à faire valoir. On est en droit de se demander pourquoi tout s’est arrêté au retour des vestiaires ? Pourquoi cette équipe man­que-t-elle autant de confiance en elle ? Un mystère à élucider parmi les problèmes à régler.

Et, hélas, ils restent les mêmes dans cette équipe de France. Notamment dans l’entrejeu et en attaque qui ne donnent pas entière satisfaction. Au milieu de terrain, N’Golo Kanté travaille bien, mais il ne prend pas assez de risques avec le ballon, Blaise Matuidi passe son temps à défendre et connaît des difficultés en phase offensive, alors que Paul Pogba joue avec trop d’intermittence. En témoigne sa première période convaincante, avant d’être moins en vue après la pause.

En attaque, Antoine Griezmann a été encore une fois inexistant, tandis qu’Olivier Giroud s’est bien battu, malgré le peu de ballons qu’il a eu à se mettre sous la dent. Il n’y a guère que Kylian Mbappé qui a un peu existé. Mais il a quasiment joué milieu droit, surtout à la perte du ballon. Au moins, il a beaucoup plus travaillé défensivement qu’à l’ordinaire, mais ce n’est pas certain que ce soit dans cette position qu’on puisse voir le Mbappé le plus efficace sur le plan offensif.

Certains diront que la qualification demeure l’essentiel et la France est la seule prétendante à la victoire finale à avoir déjà son billet. Mais ce serait une erreur de juger le parcours des Tricolores à l’aune des difficultés des autres grosses nations. Chaque match et chaque adversaire ont leur vérité.

Encore trop d’insuffisances

Dès le tirage au sort, on savait que l’équipe de France finirait en tête parce qu’elle avait hérité d’un groupe en bois et ça se confirme. Sans vouloir dénigrer leurs adversaires, il n’y a pas de qualités en face. Même s’il y a de quoi être content du résultat, on reste encore sur notre faim par rapport au choix tactique et à la maîtrise du jeu. Avec l’outil dont dispose Didier Deschamps, il y a quand même moyen de faire beaucoup mieux. Et on attend que les Tricolores, libérés de toute pression, soient enfin pleinement convaincants lors du dernier match de poules contre le Danemark. Même si le sélectionneur décide de faire tourner.

Ensuite, on va voir comment cette équipe va réagir face à l’adversité dans les matchs à élimination directe. En général, elle est meilleure contre des adversaires qui ont des ambitions dans le jeu que face à des équipes qui ne font que défendre. Mais il y a encore trop d’insuffisances. Les Bleus sont encore loin d’offrir le visage d’un demi-finaliste potentiel, l’objectif qu’ils s’étaient fixé avant de s’envoler pour la Russie. Cela ne veut pas dire qu’ils n’y arriveront pas, d’autant qu’ils ne sont pas les seuls dans ce cas. Mais le malheur des autres ne doit pas servir de consolation.

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