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Banderoles du PSG : comment et par qui sont-elles réalisées ?

Des banderoles et des chants hostiles ont ciblé l'ancien joueur du PSG, Adrien Rabiot, accusé de «trahison» par les supporters pour avoir signé chez le rival marseillais. [Philippe Lecoeur/FEP/Icon Sport]

Le Collectif Ultras Paris, principal groupe de supporters du PSG, a ciblé Adrien Rabiot, ainsi que sa mère et agent, avec des chants et des banderoles hostiles, lors du «Classique» contre le rival marseillais ce dimanche. Mais comment et par qui ces banderoles sont-elles réalisées ? 

Six ans après avoir quitté le PSG, son club formateur, pour rejoindre la Juventus Turin, Adrien Rabiot a de nouveau foulé la pelouse du Parc des Princes, ce dimanche 16 mars face à Paris (3-1), sous les couleurs du grand rival marseillais. Un retour aux sources compliqué pour le milieu de terrain, qui portait le brassard de capitaine pour la première fois avec l'OM, et qui a été largement insulté, sifflé et ciblé par des banderoles hostiles pendant une grande partie de la rencontre. 

Des chants et des banderoles qui ont conduit la commission de discipline de la LFP à ouvrir, ce mercredi, un dossier disciplinaire visant le PSG et ses ultras, et la mère d'Adrien Rabiot à déclarer son intention de déposer une plainte contre le club. Pourtant, même si le club travaille en étroite collaboration avec ses ultras, la création et le déploiement de banderoles ou de tifos sont confiés aux associations du supporters, qui en assument l'entière responsabilité. 

des tifos imaginés, conçus et financés par les supporters 

Pour concevoir un tifo, il faut commencer par avoir une idée. Pour ce faire, des échanges sont organisés entre tous les membres des groupes de supporters qui composent le virage Auteuil, via des boucles WhatsApp et plusieurs discussions privées. Chaque supporter peut y soumettre ses idées et proposer un concept ou une thématique pour le futur dessin. Les dimensions, les tracés, les coutures et les moyens de conception y sont discutés. Plusieurs idées peuvent être adoptées puis envoyées au bureau du CUP, qui a le dernier mot pour valider le dispositif du soir. 

Une fois l'accord du bureau et notamment des «responsables tifos», toutes les petites mains du CUP s'activent. Il existe deux principaux types de tifos, les projets sur «bâches» et ceux sur des «morceaux de papier» tenus individuellement par les supporters pour créer une immense mosaïque. Dans les deux cas, les supporters maquettistes, graphistes, peintres, et les supporters les plus habiles en dessin et en photoshop s’occupent du design, parfois réalisé à la main, avec des pinceaux et des collages, parfois à l’aide d’impressions numériques et d'ordinateurs. 

Lorsqu'il s'agit d'une mosaïque, des impressions sont réalisées et les «papiers» sont disposés avec précision sur les sièges du stade, afin qu'ils représentent le dessin imaginé par les supporters une fois déployés. Dans le cas d'une bâche, elle est généralement peinte sur place, où dans des espaces adéquats non loin du stade. Dans le cas où plusieurs bâches sont nécessaires, le projet finalisé est confié aux supporters - surtout les plus motivés - qui disposent de compétences en couture, afin de les assembler. 

Ces derniers s’attellent pendant plus d’une semaine à l’assemblage de toutes les pièces de ce grand puzzle de tissu, préalablement acheté vierge auprès de sociétés professionnelles. Des permanences quotidiennes sont ainsi mises en place au Parc des Princes. Elles durent plusieurs heures pendant la semaine, selon les disponibilités de chacun, et toute la journée - parfois même la nuit - le week-end. Toutes les forces en présence sont réquisitionnées pour ce travail de titan.

Certains sont même autorisés à ramener des parties du tifo à leur domicile, à la fois pour continuer à travailler, mais aussi pour se protéger d’éventuelles fuites auprès des supporters adverses sur le lieu de conservation de la banderole, ce qui peut occasionner des vols et des dégradations, une pratique assez courante au sein des groupes de supporters rivaux. Une fois le projet concrétisé, chaque veille de match, des mises en place sont faites en tribune. Tout est préparé et chronométré à la seconde. 

Côté financement, tout le matériel est acheté grâce à l’argent des cotisations de chaque membre des associations de supporters. À Paris, le Collectif Ultras Paris compte environ 4.400 membres et le prix de l’adhésion est de 20 euros par supporter. Un total de 88.000 euros qui permet, pour partie, d’acheter tous les équipements nécessaires pour concevoir et mettre en place les tifos. Chaque tifo, en fonction de sa taille et de son design, peut représenter un coût très différent, et certains sont partiellement réutilisés pour d’autres conceptions. 

Le club pas impliqué 

Concernant le club, s’il n’intervient pas dans l’organisation de l’animation ni dans la conception des tifos, il est souvent informé de ce qui se passe dans les coursives du stade. Généralement il existe une bonne communication entre les responsables des groupes de supporters et la direction du club. Au PSG, où les relations n’ont pas toujours été au beau fixe entre les deux parties, la communication peut parfois s’avérer difficile, voire inexistante.

Si les chants et les banderoles des supporters parisien ont suscité la polémique ce dimanche, et provoqué l'ouverture d'une enquête de la commission de discipline de la LFP, le club devrait se défendre en expliquant qu'il n'était pas au courant des banderoles ou des messages véhiculés. En tout état de cause, même si elle était au courant, la direction du club n’intervient pas ou peu dans le choix des messages qui sont diffusés dans les tribunes. 

Selon le règlement, le PSG s'expose toutefois à une amende et à une fermeture totale ou partielle de tribunes, notamment du virage Auteuil, où est installé le Collectif Ultras Paris, à l'origine de ces chants, et qui avait déjà été sanctionné d'une fermeture partielle pour les mêmes motifs après le match contre Strasbourg qui avait précédé le Classique aller.

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