Hassane Kolingar, pilier du Racing 92, a été victime d’un arrêt cardiaque en juillet dernier lors du mariage de son ami et coéquipier Ibrahim Diallo.
Il revient de très loin. Hassane Kolingar (26 ans) a fait son retour sur les terrains, le week-end dernier, lors du match du Racing 92 contre le LOU en Top 14 (25-25). Presque un miracle pour le pilier international (3 sélections). Car six mois plus tôt, il a connu d’importants soucis de santé après avoir été victime d’un arrêt cardiaque, le 20 juillet dernier, lors du mariage de son ami et coéquipier Ibrahim Diallo.
Six mois durant, le pilier international du Racing 92 Hassane Kolingar (26 ans, 3 sélections) est resté éloigné des terrains. Pour la première fois, il explique aujourd’hui pourquoi…
L'interview : https://t.co/nuGPDim25apic.twitter.com/RT3pHmqn2S— RUGBYRAMA (@RugbyramaFR) January 2, 2025
Alors que la cérémonie était organisée dans l'Yonne, il était arrivé sur les lieux en n'ayant «quasiment rien mangé». «Arrivé là-bas, je me colle un "snus" (boule de nicotine aromatisée, ndlr) contre la gencive et je m’assois en attendant les mariés. Ce n’est rien d’illégal, hein… Il n’y a pas de tabac dedans, mais c’est une vraie merde, je pense. À l’époque, je trouvais juste que ça me relaxait, voilà tout. Beaucoup de sportifs en consomment. Beaucoup de jeunes aussi…», a-t-il confié à Rugbyrama.
Et quelques instants plus tard, il a commencé à se sentir mal et à ressentir «une pression au niveau du thorax après un éclat de rire. «Mon cœur bat très fort. Je transpire énormément. Je vois des étoiles. Je pense que je fais juste une crise d’hypoglycémie et, pour ne pas gâcher la cérémonie, je me mets à l’écart. Mes tympans cognent, j’ai l’impression qu’on me colle des aiguilles dans la tête. (…) J’ai mal, vraiment mal et mes yeux se révulsent. Je suis en train de faire un arrêt cardiaque», a-t-il ajouté dans un témoignage bouleversant.
«Autour de moi, ils étaient cinq pour me faire repartir»
Des personnes présentes au mariage ont alors immédiatement appelé les pompiers qui ont pris son pouls dès leur arrivée. «Il montait à plus de 240 pulsations par minute… C’était une crise de tachycardie, en somme. Et vu que le pouls ne descendait pas, les pompiers m’ont plongé dans le coma», a indiqué Hassane Kolingar. Et ce n’était que le début de ses malheurs.
Transporté à l’hôpital d’Auxerre, il a ensuite été transféré au service de cardiologie dans une clinique du Plessis-Robinson, où il est resté alité pendant dix jours. «La chaleur, l’absorption des "snus" et la fatigue avaient dilaté ma vieille cicatrice (d’une ancienne opération du cœur alors qu’il était enfant) et tout était alors parti en "couille"…», a-t-il déclaré.
Alors que sa carrière est en danger, un chirurgien bordelais, le docteur Sacher, a accepté de l’opérer. Une intervention pour le moins risquée puisqu’elle consistait à nettoyer la cicatrice d’origine et nécessitait de «déclencher un nouvel arrêt cardiaque».
«On m’a injecté une forte dose d’adrénaline : RAS», a détaillé Hassane Kolingar, qui a finalement repris des «snus» sur les conseils de médecins. «Autour de moi, ils étaient cinq avec les batteries électriques pour me faire repartir. C’était tout un truc, je vous jure : sur la table d’opération, je priais Dieu pour qu’il provoque un arrêt cardiaque et que l’opération puisse avoir lieu. Ça a duré cinq heures et je me suis réveillé. On était le 29 août 2024 et j’entrevoyais enfin une lumière au bout du tunnel», a-t-il relaté. Hassane Kolingar est tout simplement un miraculé du rugby et surtout un miraculé de la vie.