Ce mardi, Michel Platini et Sepp Blatter, ancien président de la Fifa, ont été acquittés en appel par la justice suisse dans l’affaire d’escroquerie.
Le verdict qu’ils espéraient. Comme lors de la première instance en 2022, la Cour d’appel extraordinaire du Tribunal pénal fédéral réunie à Muttenz (Suisse) a décidé d’acquitter mardi en appel Michel Platini et Joseph «Sepp» Blatter dans l’affaire d’escroquerie qui a brisé en 2015 les ambitions du Français d’accéder à la tête du football mondial. En début du mois, le parquet avait réclamé 20 mois de prison avec sursis contre chacun des accusés.
«accord de gentlemen»
Après quasiment dix ans de procédure, un ultime recours en cassation est encore possible devant le Tribunal fédéral suisse, mais uniquement sur des motifs juridiques limités. Pendant quatre jours, le Français de 69 ans et le Suisse de 89 ans avaient de nouveau comparu pour avoir «obtenu illégalement, au détriment de la Fifa, un paiement de 2 millions de francs suisses» (1,8 million d'euros), «en faveur de Michel Platini».
«Mon honneur est revenu. (...) L’acharnement de la Fifa et de quelques procureurs fédéraux suisses depuis dix ans est maintenant terminé, a déclaré à la presse le triple Ballon d'Or. Personne chez moi n'a cru que j'étais responsable de quelque chose. (…) L'histoire, je la connais depuis le début et je sais que c'était une histoire pour m'empêcher d'être président de la Fifa. Je sais que pour mes ennemis, c'était le temps qui était important. Ils s'en foutent des 2 millions: c'est le temps. Ils m'écartaient pendant 10 ans.»
Défense et accusation s'accordaient sur un point : le triple Ballon d'or a bien conseillé Sepp Blatter entre 1998 et 2002, lors du premier mandat de ce dernier à la tête de la Fifa, et les deux hommes ont signé en 1999 un contrat convenant d'une rémunération annuelle de 300.000 francs suisses (environ 315.000 euros), intégralement payée par la Fifa.
Mais en janvier 2011, l'ancien milieu de terrain - devenu dans l'intervalle président de l'UEFA (2007-2015) – «a fait valoir une créance de 2 millions de francs suisses», qualifiée de «fausse facture» par l'accusation. Les deux hommes martèlent de leur côté qu'ils avaient dès l'origine décidé d'un salaire annuel d'un million de francs suisses, par un «accord de gentlemen» oral et sans témoins, sans que les finances de la Fifa n'en permettent le versement immédiat à M. Platini.