Ce mardi 8 avril, dans un rapport publié, la Cour des comptes a estimé que l’État avait commis des «défaillances majeures» dans le contrôle de l’organisation de la Coupe du monde 2023 de rugby en France.
De nombreux «dysfonctionnements» et des pertes financières. Ce mardi, la Cour des comptes a rendu son rapport concernant la Coupe du monde 2023 de rugby.
En premier lieu, elle a pointé la responsabilité du premier directeur général du comité d’organisation, Claude Atcher, celle de la Fédération français de rugby (FFR) et de l'État est engagée «en raison des défaillances majeures constatées dans le contrôle qu'ils auraient dû exercer sur le comité d'organisation.»
des «engagements excessifs de la FFR»
Loin des promesses initiales, l'organisation du Mondial 2023 a engendré de lourdes pertes financières, notamment pour la FFR. «Tout le monde a gagné, sauf les organisateurs» français a résumé Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes dans une conférence de presse pour présenter le diagnostic de l'institution. Derrière l'«incontestable succès populaire, médiatique et sportif» que reconnaît le rapport, le Mondial 2023 a laissé des traces et un trou financier béant mettant en danger la Fédération française de rugby.
«Les objectifs financiers n’ont pas été atteints et les ressources laissées pour l'héritage du rugby sont quasi nulles», selon Pierre Moscovici, qui a souligné des «engagements excessifs de la FFR» pour obtenir à la surprise générale l'organisation du Mondial auprès de la Fédération internationale, World Rugby.
Au final, World Rugby «a réalisé le meilleur résultat financier de son histoire» grâce à l'événement et la FFR a elle enregistré «une perte sèche a minima de 19,2 millions d'euros et pouvant atteindre jusqu'à -28,9 millions d'euros» en fonction de l'issue des contentieux en cours, selon le rapport.
Malgré des signaux avant-coureurs pour la Coupe du monde 2023, l'Etat ne s'est réellement intéressée à l'organisation qu'après une crise de gouvernance à l'été 2022, en raison d'accusations de harcèlement contre M. Atcher, ayant mené à des enquêtes plus globales sur le comité d'organisation.
«L'Etat ne dispose pas d'une doctrine claire, étayée pour analyser les conditions dans lesquelles il apporte son soutien» à l'organisation d'une compétition internationale, a estimé Pierre Moscovici, espérant que les recommandations adossées au rapport servent notamment en vue des Jeux 2030 dans les Alpes.