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Championnats du Monde d'apnée en eau libre : tout savoir de cette discipline extrême

Lors de sa plongée du 9 septembre, à Mytikas, Quentin Isy-Schwart a atteint 88 mètres, en bi-palme. [© DR]

Jeudi 18 septembre ont eu lieu les finales des Championnats du Monde d'apnée en eau libre. Parmi les nombreux participants, le Français Quentin Isy-Schwart. Pour CNEWS, il a livré tous les secrets d'un sport encore méconnu du grand public.

Un sport à couper le souffle. Jusqu'au jeudi 18 septembre avaient lieu les Championnats du Monde d'apnée en eau libre, dans la ville de Mytikas, en Grèce. Le Français Quentin Isy-Schwart, double médaille aux Championnats de France 2025, nous plonge au coeur de son univers, celui des profondeurs marines.

Dans cette ville de la côte nord de la Grèce, des centaines d'apnéistes se sont donnés rendez-vous pour ce qu'il se fait de mieux en la matière. Dans différentes catégories, ils ont repoussé leurs limites pendant plusieurs jours, entre qualifications et phases finales. «L'apnée est un sport individuel. Je suis en équipe de France mais à la fin, c'est l'athlète qui gagne. Il a environ 200 sportifs, hommes et femmes confondus, qui viennent du monde entier», a témoigné Quentin Isy-Schwart, grand espoir de l'apnée française.

Pour ce qui est des spécialités, il a expliqué : «Il y a la bi-palme, la mono-palme, l'immersion libre, où l'on se tracte le long du câble et la brasse. Moi, aux championnats de France, j'ai fait de la brasse et du bi-palme».

Qu'importe le type d'apnée, chaque plongeur a une corde à proximité, pour l'aider à remonter en cas d'échec © DR

Comme dans la majorité des sports, les participants n'ont pas débarqué à ces championnats du monde par hasard. Avant cela, ils ont dû prouver leurs qualités à l'occasion de championnats nationaux. Pour Quentin Isy-Schwart, cela a été l'occasion de passer la barre des 80 mètres de profondeur, en bi-palme : «Pour être qualifié, il a fallu participer aux championnats de France et faire des minimas que la Fédération française impose. En France, on a deux catégories : espoir, où il fallait faire 80 mètres en bi-palmes et sénior. Comme j'étais dans les meilleurs résultats français, j'ai été sélectionné pour cette compétition».

Entre travail fondamental, «visualisation», et «méditation»

Pour appréhender cet événement majeur de l'apnée mondiale, le sportif nous a livré ses secrets. Un savant mélange de cardio et d'entraînements intenses : «On peut se préparer de diverses manières. Moi, je découpe ma saison en deux : de septembre à mai, je m'entraîne en piscine, je fais énormément de longueurs, j'habitue mon corps au CO2. Je fais aussi pas mal de cardio, avec beaucoup de vélo. Je me mets en zone 2-3, où je peux rester pendant longtemps, qui est confortable. Mais une fois par semaine, je me mets en zone 4-5, où je dois pousser». Mais le repos joue également un rôle majeur dans une discipline où l'énergie se brûle très rapidement, et consume à toute vitesse le système nerveux.

«Ensuite, la saison de la profondeur arrive. On arrête le travail fondamental qu'on a fait et on s'entraîne en profondeur. On ne commence pas tout de suite à 100 mètres, on se réacclimate progressivement, d'abord à 30 mètres, puis 40 mètres, etc. Là, je suis dans l'eau depuis avril et avant la compétition j'étais en capacité de faire un record, à 95 mètres», a repris Quentin Isy-Schwart.

Et le jour de la plongée, l'apnéiste opte toujours pour «beaucoup de visualisation et de méditation», en martelant que chaque concurrent à sa propre manière de se concentrer. «Je garde un peu de cardio et de musculation et quelques mouvements de mobilité pendant les compétitions, mais sans trop en faire», a-t-il ajouté.

«Moins de personnes ont été à 100 mètres en apnée que dans l'espace»

Car l'apnée est encore un sport jeune. Si des athlètes de très haut niveau concourent déjà lors des événements comme celui de ce mois de septembre 2025, il gagnerait encore à être promu, comme l'appelle de ses voeux le Français : «L'apnée est un sport extrême, on va jusqu'à 90 voire 100 mètres, sans respirer. Sans donner d'exemple précis, je ne comprends pas pourquoi d'autres sports sont très médiatisés et permettent à des sportifs d'avoir des millions d'abonnés sur les réseaux sociaux. Il y a moins de personnes qui ont été à 100 mètres en apnée que de personnes qui sont allées dans l'espace».

Pourtant, Quentin Isy-Schwart l'a assuré : «Tout le monde peut aller à 40 mètres, avec un peu de travail». Preuve que, comme dans tous sports, la part belle est donnée à la répétition de l'effort et à une certaine rigueur de travail.

Mais là où l'apnée, quelle que soit sa forme, se distingue des autres pratiques sportives, c'est dans sa capacité à causer une grande fatigue avec pourtant peu de temps d'effort : «L'apnée est un sport intéressant car en réalisant une plongée, qui ne dure pourtant que quelques minutes, on est incapable de faire un autre effort par la suite. Je ne connais aucun sport où l'on fait un effort aussi brutal et aussi intense sur un tel laps de temps. L'apnée crame énormément, notamment le système nerveux central».

Quand la science compare l'apnée à des petits AVC

Comme l'a évoqué le sportif tricolore, les effets d'une telle descente dans les profondeurs sans oxygène ont été étudiées par des scientifiques. Une équipe de chercheurs suédois ont ainsi démontré que la concentration de la protéine S100B dans le sang diminuait chez les apnéistes. Cette protéine est produite par les astrocytes, des cellules entourant les neurones dans le cerveau, qui servent de marqueur des dommages cérébraux. Ils ont comparé chaque plongée à des petits accidents vasculaires cérébraux.

L'objectif pour Quentin Isy-Schwart était donc de ne pas laisser de l'énergie en route et d'arriver à la fois en forme mais aussi frais lors des premières épreuves de la compétition grecque. Une tactique qui s'est avérée payante : auteur d'une plongée à 88 mètres lors des qualifications, le 9 septembre, Quentin Isy-Schwart a atteint une 12e place encourageante lors de ce premier tour.

Le Français n'a cependant pu rivaliser avec Giankos Emmanouil (Grèce), Mateusz Malina (Pologne) et surtout Alexey Molchanov (Russie), vainqueur de l'épreuve en bi-palme, lors de la finale du mercredi 17 septembre. Ce-dernier a remporté la médaille d'or grâce à une apnée de 120 mètres.

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