La Fédération française d'athlétisme a décidé de rendre le Pass prévention santé payant à partir de 2026. Jusqu'ici gratuit, ce dispositif permet aux coureurs de faire valoir leur aptitude à participer à une course. Ce nouveau choix divise.
Après avoir séduit les coureurs à sa mise en place en 2024, le Parcours de prévention santé devient le Pass prévention santé (PPS) et ne fait plus l'unanimité. La Fédération française d'athlétisme (FFA) a en effet décidé de le rendre payant dès 2026, ce qui suscite le mécontentement.
A l'origine, en 2024, le PPS était entré en vigueur pour mettre fin à l'obligation de se rendre chez le médecin pour obtenir un certificat médical avant une course.
Il suffisait de regarder trois courtes vidéos de sensibilisation et de remplir un questionnaire de santé auto-administré pour valider son PPS et pouvoir s'inscrire à des épreuves. Selon la FFA, «plus de deux millions de pratiquants non-licenciés» ont réalisé la démarche en deux ans.
Un pass à cinq euros par an
Un succès qui a contribué à l'explosion du running en France, déjà bien amorcée depuis la fin de la pandémie. La démarche était jusqu'ici gratuite et valable trois mois mais, à partir de 2026, elle sera payante à hauteur de cinq euros par an.
La Fédération française d'athlétisme justifie la fin de la gratuité par de nouveaux services et pour «garantir une pratique plus sûre» de la course à pied. Le Pass, valable un an, inclura une assurance responsabilité civile couvrant les dommages matériels, corporels et immatériels causés aux tiers.
Auprès des Echos, la présidente déléguée de la FFA, Emmanuelle Jaeger, a également expliqué que cette mesure doit permettre de financer de nouvelles actions autour du running.
Il est notamment question de contenus sur la santé, la prévention des blessures ou encore la nutrition proposés par des experts, mais aussi d'une toute nouvelle plate-forme appelée DataRunning. Celle-ci permettra à chaque participant de suivre sa progression et de la comparer à celle d'autres coureurs.
Une «taxe» running ?
Malgré tout, certains runners considèrent cette décision comme une «taxe». Fin novembre, la présidente déléguée de la FFA, Emmanuelle Jaeger, avait reconnu que, la plupart des coureurs étant non-licenciés, leur pratique échappe au giron fédéral. Le PPS était donc «le seul moyen de les toucher».
«On crée une relation nouvelle avec la fédération, pas une licence mais un titre de participation qui implique des avantages, notamment une responsabilité civile et du coaching santé» a-t-elle expliqué.
«Quand il rentre en compétition, le coureur entre dans le giron fédéral en profitant de notre accompagnement en termes de sécurisation, de mesurages, de chronométrie... Tout ça est financé par les licenciés alors que ça profite à tous. Il y a quand même une anomalie».
Elle estime en outre que les cinq euros annuels demandés restent «hyper raisonnables» comparés aux quelque 550 euros dépensés en moyenne chaque année par les pratiquants (chaussures, textiles, montres, etc).
Mais tous les organisateurs de courses ne sont pas d'accord avec cette analyse et avancent que la Fédération touche déjà sa part. L'association France outdoor, qui fédèrent plusieurs d'entre eux, a même demandé à la FFA de «suspendre son plan», évoquant de «sérieuses fragilités juridiques».