Une nouvelle fois, l’Italie sera absente de la Coupe du monde de football comme en 2018 et 2022. Comment expliquer cet énième revers des quadruples champions du monde ?
Une malédiction ou une simple logique ? C'est devenu une triste habitude pour l’Italie, quadruple championne du monde, qui ne disputera donc pas le Mondial cet été (11 juin-19 juillet) aux Etats-Unis, au Mexique et au Canada. La Squadra Azzura a été battue par la Bosnie aux tirs au but (1-1 a.p, 4 tab à 1) en finale des barrages européens mardi à Zenica.
Absente des deux dernières Coupes du monde (2018, 2022), la Nazionale, sacrée en 2006 (contre la France), avait entre-temps était éliminée dès la phase de groupes des éditions 2010 et 2014. Une hérésie pour un pays historique du ballon rond. Mais alors, comment l’expliquer ?
2006 n’a pas eu de suite
Le 9 juillet 2006, l'Italie s’est offert son quatrième sacre mondial au terme d’une finale historique et marquante contre la France de Zinédine Zidane (1-1 a.p., 5 tab à 3). Mais pour autant, le pays n’a pas été en mesure de surfer sur ce triomphe. «Les résultats d'aujourd'hui sont la conséquence (de notre attitude) d'il y a vingt ans, à l'époque où nous nous reposions sur nos forces, sur les Buffon, Cannavaro et Totti, en pensant qu'ils seraient éternels, a récemment souligné l'ancien gardien de but et désormais manager de la Nazionale, Gianluigi Buffon. Déjà à ce moment-là, il fallait repenser les modèles techniques et tactiques, mais nous avons été des cigales.»
Si entre temps, il y a eu le miracle de l’Euro 2021 remportée, ce fut un trompe-l’œil avec une chute au classement mondial de la Fifa jusqu’à la 21e place, en août 2018 (l'Italie est aujourd'hui 12e).
Un manque de formation
Connue pendant des années pour sortir de jeunes et brillants joueurs, l’Italie connaît une véritable crise dans ce secteur. Réellement, la dernière véritable pépite qui a connu une belle carrière était Marco Verratti, passé par le PSG, voire Gianluigi Donnarumma, actuel gardien de but. Mais pour le reste ? Rien…
En 2025, la FIGC (Fédération italienne) a réalisé un diagnostic en soulignant le manque de formation. «S'il y a dix ans, on avait eu la chance d'avoir un talent comme Lamine Yamal, on l'aurait fait fuir, estimait récemment. Cesera Prandelli. Nos entraîneurs lui auraient retiré la joie de jouer et de s'amuser en le saoulant avec des schémas de jeu ou avec l'occupation du terrain.» La FIGC a récemment dévoilé un programme de formation pour les entraîneurs en charge de ses 700.000 licenciés âgés de 5 à 15 ans.
Un manque de confiance envers les jeunes ?
En Serie A, le championnat italien de football, les jeunes italiens se font rares. Selon les spécialistes, les clubs préfèrent des joueurs étrangers aux joueurs italiens. Seulement 33% des joueurs évoluant en Serie A cette saison sont potentiellement sélectionnables. Dans le top 5 européen, seule la Premier League anglaise utilise moins de joueurs «locaux» (29,2%) quand la Ligue 1 et la Bundesliga sont plus «protectionnistes», avec respectivement 37,5% de joueurs français et 41,5% de joueurs allemands, comme le révèle l'AFP.
Le karma «Zinédine Zidane» ?
Depuis ce mardi soir et l’élimination de l’Italie, les réseaux sociaux, très souvent moqueurs, s’en sont donnés à cœur joie. Et du côté des internautes français, on a trouvé de quelle malédiction l’Italie était frappée : le karma «Zinédine Zidane». Cela fait référence à la finale de 2006 lorsque le n°10 de l’équipe de France avait été exclu après son célèbre «coup de tête» sur la poitrine de Marco Materazzi qui avait insulté ses proches. «L’Italie est maudite depuis ce jour. Il ne fallait pas manquer de respect à la légende, Zidane c’est la France», a posté l’un d’eux.