Arrivé sans grandes attentes selon ses dires, Jannik Sinner s'est pourtant offert son premier titre majeur sur terre battue en disposant de Carlos Alcaraz en finale de Monte-Carlo (7-6, 6-3). L'Italien s'est confié à la presse, dont CNEWS, sur cette semaine exceptionnelle qui lui permet de reprendre le fauteuil de numéro 1 mondial.
Il était venu prendre des repères sur terre battue. En une semaine, Jannik Sinner aura fait voler en éclats tous ses doutes, si tant est qu'il en avait. Dimanche, sur le court Rainier III, l'Italien a montré pourquoi il est un formidable joueur de tennis.
On le savait imperturbable sur dur, il a prouvé face au roi de l'ocre Carlos Alcaraz que la terre battue n'a plus tellement de secret pour lui. Avec sa victoire sur l'Espagnol (7-6, 6-3), il boucle cette semaine sur le Rocher avec un Masters 1000 de plus et un retour au sommet du classement ATP. Satisfait de son niveau de jeu, l'Italien a savouré son premier titre majeur sur terre battue, devant la presse, dont CNEWS,
C'est votre premier titre en Masters 1000 sur terre battue, face à un Carlos Alcaraz sur «sa» surface. Quelle place a ce succès pour vous ?
Cela signifie beaucoup pour moi. Cela veut dire que je progresse, que j'avance. Mais c'était aussi son premier tournoi sur terre de la saison, donc il va sûrement s'améliorer aussi. Je repars avec beaucoup d'enseignements : j'ai joué cinq matches de haut niveau contre des adversaires totalement différents (Ugo Humbert, Tomas Machac, Félix Auger-Aliassime, Alexander Zverev, Carlos Alcaraz). Je n'aurais pas pu avoir un parcours plus varié, en commençant contre un gaucher (Moutet) pour finir contre Carlos. Il y a beaucoup de points positifs avec ce premier gros titre sur terre.
Bien sûr, je suis très heureux, mais on va essayer de préparer au mieux la suite avec mon équipe. Je n'ai eu qu'un jour de repos après l'enchaînement Indian Wells-Miami, la préparation pour ce tournoi s'est faite au jour le jour. J'ai essayé de jouer juste tactiquement et je pense avoir compris certaines choses dans ce tournoi qui peuvent m'aider pour les prochains matches.
Vous aviez dit samedi, en parlant de cette finale, que vous alliez apprendre quoi qu'il arrive. Que retiendrez-vous de ce match ?
C'était un match particulier, avec beaucoup de vent. Je pense avoir bien servi dans les moments importants du premier set tout en étant précis dans le tie-break. Et dans le deuxième set, c'était un peu irrégulier des deux côtés, avec beaucoup de tension pour nous deux. Mais c'était un bon match, je pense, de sa part comme de la mienne. Il y a de petits points sur lesquels Carlos va sûrement s'améliorer pour le prochain match contre moi, et je devrai être prêt pour ça. Mais maintenant, je veux aussi profiter de ce moment (sourire).
Un match durant lequel vous avez été mené d'un break dans les deux sets...
Ça peut arriver, c'est le tennis. Combien de fois ai-je été en tête avec un break d'avance et perdu le set ? C'est la chose la plus normale. Aujourd'hui, le vent rendait le service plus difficile. Et en plus, en face, il y a Carlos. C'est différent de servir quand tu as quelqu'un qui renvoie toujours la balle. Mais dans le premier set, quand il le fallait, j'ai bien servi. Dans le tie-break, j'ai mis toutes mes premières balles. J'ai raté une volée à 6-4, mais c'était le bon choix. Et ensuite, le match se joue sur un ou deux points. Même le deuxième set, qui finit à 6-3, se joue sur deux points. Selon moi, aujourd'hui le service n'a fait la différence ni pour lui ni pour moi.
Vous avez toujours dit, ces derniers temps, que vous ne prêtiez pas attention à la place de numéro 1 mondial, que vous préfériez gagner des titres. Maintenant que vous retrouvez le trône, gardez-vous le même mantra ?
Oui, ça me fait plaisir, mais je ne change pas ce que j'ai dit. Carlos et moi, en ce moment, sommes très proches. Cela peut changer d'une semaine à l'autre. Donc pour moi, c'est assez secondaire. Ce serait mentir de dire que je ne suis pas heureux d'être à nouveau numéro 1 mondial. Voir ce numéro à côté de mon nom signifie que nous travaillons comme il faut avec mon équipe.
J'essaye de progresser constamment et de devenir un meilleur joueur
Mais honnêtement, la chose la plus importante est de bien se préparer pour les prochains tournois, d'avoir la bonne mentalité. On avance étape par étape. Il y a deux Grands Chelems à jouer dans les prochaines semaines : Paris (Roland-Garros du 24 mai au 7 juin) et Londres (Wimbledon du 29 juin au 12 juillet), qui sont pour l'instant bien plus importants. Et ensuite, le classement... On verra après ces tournois où il en est, où j'en suis, et on verra.
Vous êtes-vous surpris vous-même lors de cette semaine et sur cette finale ?
Oui, surpris dans le bon sens. J'essaye de progresser constamment et de devenir un meilleur joueur. Ici, vraiment, on a travaillé jour après jour pour essayer de comprendre quel était le meilleur style de jeu contre chaque adversaire, parce que je n'ai pas joué le même type de tennis contre tout le monde. On a changé des petits détails. Et ce serait étrange de vous dire que je ne suis pas surpris. Je le suis, mais dans le bon sens.
Je pense que j'ai encore besoin d'un peu de temps pour réaliser ce qui s'est passé (sourire). Ça va être bien d'avoir maintenant quelques jours de repos, loin des courts. Tout était assez intense d'un tournoi à l'autre. On verra ce qui arrive ensuite.