La justice donne raison à l'agriculteur Paul François face à Monsanto

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La cour d'Appel de Lyon a condamné Monsanto pour «défaut d'information sur l'étiquette» et «non respect du devoir de vigilance», ce jeudi 11 avril, dans le différend qui l'opposait au céréalier Paul François. Ce dernier a été intoxiqué au Lasso, l'herbicide fabriqué par la firme, en 2004.

L'agriculteur charentais avait déjà obtenu gain de cause en première instance en 2012 et en appel en 2015, mais Monsanto s'était pourvu en cassation. Pour Me François Lafforgue, son avocat, «c'est une grande victoire, un tournant dans la lutte des victimes de pesticides contre les firmes».

La justice a «retenu la responsabilité pleine et entière de Monsanto», a-t-il dit, relevant que l'entreprise est aussi condamnée à participer aux frais de justice du plaignant - autre «signe que le travail engagé a été reconnu par la Cour d'appel».

Pas encore de décision sur l'indemnisation

Quant à la demande d'indemnisation (un million d'euros), la justice n'a pas statué encore : «Monsanto n'a pas répondu à nos arguments sur cette question (...) comme ça, ça retarde, c'est ce qu'on appelle une manoeuvre dilatoire : Monsanto continue sa stratégie de harcèlement judiciaire», a dit le conseil.

L'agriculteur Paul François a estimé que sa troisième victoire remportée jeudi devant la justice contre la firme américaine Monsanto était un «message au gouvernement actuel», appelant les politiques à «prendre leurs responsabilités» sur l'utilisation des pesticides.

«Honte à eux ! Ils seront jugés par l'Histoire pour leur inaction», a déclaré à la presse à Paris l'agriculteur intoxiqué par le désherbant Lasso depuis interdit. Il a notamment évoqué l'absence d'inscription dans la loi de l'interdiction du glyphosate, autre substance produite par la filiale de Bayer.

«Il y aura un avant et un après»

«On va faire bouger les politiques, qui devront prendre leurs responsabilités pour une meilleure prévention et réparation», a-t-il dit, une «pensée pour les autres victimes, qui peinent à parler» de ce sujet «encore tabou».

«Il y aura un avant et un après», a assuré l'agriculteur, au bord des larmes, poussant un «grand ouf de soulagement» en cette «journée historique», et dénonçant 12 ans de «harcèlement» procédural mené par Monsanto, qui peut encore se pourvoir en cassation.

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