Procès Merah : la perpétuité requise en appel contre le frère du tueur

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Cette fois, les victimes veulent voir tomber Abdelkader Merah pour «complicité» des crimes de son frère : devant la cour d'assises d'appel, les avocats des familles ont décrit un mentor ayant armé le bras de son petit frère, par un discours de haine mais aussi par sa présence auprès du jihadiste toulousain. La perpétuité a été requise en appel contre le frère du tueur.

L'accusation a estimé que ce dernier était «complice» des sept assassinats perpétrés par son frère Mohamed en mars 2012 à Toulouse et Montauban.

«S'il y a des cours d'appel, c'est bien parce qu'il arrive aux premiers juges de se tromper», avait lancé Francis Szpiner, poids lourd du barreau rangé du côté des parties civiles qui ont plaidé vendredi et lundi.

En première instance, la cour d'assises spéciale de Paris avait condamné Abdelkader Merah à 20 ans de réclusion pour association de malfaiteurs terroriste criminelle, mais l'avait acquitté du chef de complicité des sept assassinats perpétrés les 11, 15 et 19 mars 2012 à Toulouse et Montauban par son frère Mohamed.

Au côté du principal accusé, Fettah Malki, un délinquant se présentant comme un «commercial» des cités, a été condamné à 14 ans de prison pour avoir fourni à Mohamed Merah un gilet pare-balles et un pistolet-mitrailleur, en ayant connaissance de sa radicalisation.

Les familles ne comprennent pas

Sept ans après les assassinats, les familles n'ont toujours pas compris les motivations de la cour, qui avait jugé que «s'il partageait bien les motivations » du jihadiste, «aucun élément» ne montrait qu'Abdelkader Merah «connaissait les objectifs visés et les crimes commis par son frère».

Alors les avocats des victimes sont venus décrire le «rôle central» d'Abdelkader dans la radicalisation de son frère et son «soutien» dans la réalisation des crimes. «S'il n'y a pas d'idéologie, il n'y a pas de crimes», a soutenu Me Patrick Klugman.

Dans ce procès où «on est au-delà de l'émotion », où « personne n'a rien à gagner», Simon Cohen, qui défend de nombreuses victimes de l'école Ozar Hatorah, a d'abord tenté de dire l'indicible : «Est-ce qu'on peut dire les petits cercueils ?» ou ce hasard douloureux qui «a inversé l'ordre des données», conduisant des parents au bord du tombeau de leurs enfants ?

Une dernière fois, les avocats ont fait entendre la voix des morts. Celle des militaires tombés parce qu'ils portaient l'uniforme - Imad Ibn Ziaten, 30 ans, Abel Chennouf, 25 ans, et Mohamed Legouad, 23 ans -, celle d'un professeur et de trois enfants juifs, tués pour ce qu'ils étaient - Jonathan Sandler, 30 ans, ses fils Arié et Gabriel, 5 et 3 ans, Myriam Monsonégo, 8 ans.

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