Allemagne : des cambrioleurs… de poubelles

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En Allemagne des activistes choisissent de combattre le gaspillage alimentaire et l'hyperconsommation à leur manière. Leur cible principale : les poubelles des supermarchés, remplies d’invendus jetés et encore consommables.

Voler les poubelles de supermarchés est un acte illégal en Allemagne, passible d'une amende pouvant atteindre plusieurs centaines d'euros. Le glanage est interdit car il est considéré comme du vol. Selon la loi allemande : tout objet déposé dans une poubelle située hors des espaces publics reste une propriété privée jusqu'à sa collecte.

Cagoulé et armé d'une lampe frontale, Andrea, un étudiant en master de physique, se glisse de nuit sous la grille bloquant l'accès à l'arrière-cour d'un supermarché berlinois. En quelques pas, il accède à sa cible : un conteneur débordant de denrées encore consommables.

Sa moisson du jour : des pâtes, des briques de lait d'amande, des fruits exotiques, des salades, des chocolats de Pâques et de l’huile d'olive truffée. Il les partagera le lendemain avec ses colocataires et une cuisine solidaire distribuant gratuitement des repas.

Deux militantes condamnées

Fin janvier, le cas de deux étudiantes près de Munich a mis en avant cette forme de militantisme. Ces deux jeunes femmes ont été condamnées pour «vol grave» à huit heures de travail social et 225 euros d'amende avec sursis pour avoir fauché des aliments dans des poubelles d'un supermarché.

Dans une pétition qui a dépassé 140.000 signatures, elles demandent au gouvernement allemand de prendre pour exemple le modèle français ou belge, pour obliger les grandes surfaces à donner les invendus à des œuvres caritatives. Une pétition européenne similaire a comptabilisé 1,5 million de signatures.

Onze millions de tonnes de nourriture sont jetées chaque année en Allemagne, selon le gouvernement. Un chiffre qui, selon WWF, atteint 18 millions si l'on inclut les produits agricoles qui, pour diverses raisons (fruits et légumes trop mûrs, ne correspondant pas aux normes, etc), n'entrent pas dans les circuits de vente. Cela représente un tiers de la consommation alimentaire allemande.

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