A compter du mardi 14 octobre, Microsoft ne proposera plus la moindre mise à jour pour son logiciel d’exploitation Windows 10. Cette décision, qui devrait accentuer les risques de cyberattaques pour des millions de ses utilisateurs, a été vivement critiquée par l’opinion publique.
Des centaines de millions d’utilisateurs concernés. Microsoft a annoncé «la fin du support» pour son logiciel d’exploitation Windows 10 à compter du mardi 14 octobre.
Happy 10th birthday, Windows 10! 🥳
Windows 10 was launched on July 29, 2015.
Now, as it turns 10, Windows 10 is still remembered as one of Microsoft's most stable and loved operating systems.
It brought back the Start menu, improved speed, and worked well on both old and new… pic.twitter.com/tyHRciVQR3— Windows Latest (@WindowsLatest) July 29, 2025
Dans les faits, cela signifie que le développeur ne fournira plus d’assistance technique, de mises à jour des fonctionnalités ou de mises à jour de sécurité à ces utilisateurs utilisant Windows 10 à partir de cette date.
Ces correctifs étaient destinés à «mettre régulièrement à jour le système d'exploitation, car il était devenu la cible de nombreuses cyberattaques», a détaillé Martin Kraemer, spécialiste de la sensibilisation à la sécurité au sein de l'entreprise américaine KnowBe4.
Dans une note en ligne, Microsoft a conseillé aux utilisateurs utilisant cette version lancée en 2015 de passer à Windows 11, disponible depuis 2021.
Face à l’incompatibilité rencontrée par certains ordinateurs pour passer de Windows 10 à Windows 11, Microsoft propose une formule de mises à jour étendues pour une durée d’un an au tarif de 30 dollars, soit 25,44 euros.
Une critique massive des associations de consommateurs
Aux États-Unis, l'association Consumer Reports a déploré le fait que «des ordinateurs incapables de faire fonctionner Windows 11 étaient encore disponibles à la vente en 2022 et 2023», risquant ainsi de devenir obsolètes trois ans après leur achat.
En France, une coalition de 22 associations, dont l'UFC-Que Choisir et Halte à l'obsolescence programmée (HOP), a lancé une pétition pour demander des mises à jour gratuites jusqu'en 2030.
Mais selon Consumer Reports, près de 650 millions de personnes à l'échelle mondiale utilisaient Windows 10 au mois d'août. D'après une autre association américaine, le Public Interest Research Group (PIRG), jusqu'à 400 millions d'ordinateurs seraient incompatibles avec Windows 11.
Une vulnérabilité accrue aux cyberattaques
Pour les utilisateurs qui ne peuvent pas passer à Windows 11 et qui continueraient à utiliser Windows 10 sans souscrire à l'extension de mises à jour Microsoft, les vulnérabilités face aux cyberattaques vont s'accroître.
«En ne recevant plus les mises à jour, vous n'êtes plus protégés contre les menaces cyber les plus récentes», a analysé Martin Kraemer. Si le danger est «très difficile» à quantifier, selon le spécialiste, il est certain que les utilisateurs de Windows 10 deviendront des cibles privilégiées pour les cyberattaquants en quête de failles de sécurité.
Les applications devraient également être concernées par ces vulnérabilités.
«Les fournisseurs d'applications comptent sur le fournisseur du système d'exploitation pour assurer certaines fonctionnalités et si celles-ci ne sont pas mises à jour, le fournisseur d'application ne peut pas s'assurer que son application continuera à fonctionner correctement», a affirmé Paddy Harrington, analyste au sein du cabinet américain Forrester.
«La solution temporaire» des logiciels antivirus
Interrogés au sujet de l'efficacité de logiciels antivirus, les experts ont souligné leur insuffisance face à un système d'exploitation non mis à jour. «Il y a une limite à la protection qu'ils peuvent offrir (...). C'est bien mieux que de ne rien faire, mais cela devrait être une solution temporaire, le temps de trouver une solution permanente», a anticipé Paddy Harrington.
Reste la possibilité de changer pour un autre système d'exploitation, en gardant son ordinateur. Des logiciels libres, tels que Linux, peuvent ainsi être utilisés, mais nécessitent d'être installés par l'utilisateur.
«Tant que vos applications supportent ce système d'exploitation et que vos outils de gestion et de sécurité le prennent en charge, c'est un bon choix», a conclu Paddy Harrington.