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Informatique quantique : comment l'Europe pourrait gagner la prochaine guerre technologique

Le nombre de brevets déposés à travers le monde dans le quantique a été multiplié par 5 en vingt ans. [Opoapi / Adobe Stock]

Si l'Europe a raté le coche lors de nombreuses révolutions technologiques, plusieurs start-up européennes émergent dans le domaine de l'informatique quantique. De quoi placer le Vieux Continent en pole position dans cette guerre technologique que la Chine et les États-Unis comptent bien remporter.  

L'informatique quantique affole les géants de la tech et les investisseurs. Et dans ce domaine, l'Europe semble avoir un train d'avance alors que la compétition avec les États-Unis et la Chine est âpre. Depuis quelques années, le Vieux Continent a vu naître un écosystème de start-up très dynamique avec des champions pionniers dans leur domaine. 

La Finlande et l'Allemagne abritent des pépites prometteuses comme IQM, qui a annoncé en février qu'elle deviendrait la première entreprise quantique européenne cotée en bourse. 

En France, Pasqal, C12, Quandela et Quobly sont autant de start-up nées au cours de la dernière décennie et spécialisées dans le calcul quantique. Alice & Bob est l'un des fleurons français dans le domaine. Grâce au fonds Île-de-France Réindustrialisation, abondé par l'Union européenne à hauteur de 34 millions d'euros, cette société francilienne, basée en Seine-Saint-Denis, a levé 100 millions d'euros. L'objectif : mettre au point le premier ordinateur quantique pleinement opérationnel d'ici à 2030. 

«Nous avons tout ce qu'il faut pour gagner. Il faut croire en nous. On a toujours tendance, en tant que Français, à se moquer un peu de la confiance excessive des Américains, mais là, il faut être plus optimistes. Sinon, rien ne se passera, et ce serait vraiment dommage car pour le moment, nous sommes dans une bien meilleure position que ce que quiconque aurait pu imaginer», a assuré Théau Peronnin, cofondateur d'Alice & Bob. 

L'EUROPE FACE AUX GÉANTS CHINOIS ET AMÉRICAINS 

Reste que l'Europe, si elle compte un solide vivier de chercheurs et de talents, fait face à une concurrence accrue. Le nombre de brevets déposés à travers le monde dans le quantique a été multiplié par cinq en vingt ans. Sans surprise, les États-Unis restent largement dominant sur les vingt dernières années, avec 3.330 brevets internationaux déposés contre 1.604 par les Etats de l'Union européenne. En effet, les géants comme IBM ou Google ont les poches suffisamment profondes pour attirer les chercheurs et une renommée internationale qui n'est plus à prouver.

C'est également le cas de la Chine, qui est entrée dans le club très fermé des puissances quantiques. En mars 2025, le pays présidé par Xi Jinping a dévoilé son propre prototype de puce quantique doté de 105 qubits et 182 coupleurs : Zuchongzhi 3.0. Quelques mois plus tard, en juin, la société QuantumCTek a affirmé avoir développé un système de contrôle quantique capable de prendre en charge des ordinateurs de plus de 1.000 qubits. (Certains chercheurs estiment que la suprématie quantique est dépassée au-delà de 50 qubits). 

Pour rappel, l'informatique quantique permet de réaliser des opérations de calcul que des ordinateurs classiques ou des supercalculateurs mettraient des milliers d'années à résoudre. Médecine, défense, finance, ingénierie : le quantique révolutionne de nombreux domaines. À terme, cette technologie de calcul pourra par exemple servir à simuler des molécules et faire de la chimie une science exacte, ou bien déchiffrer les codes cryptographiques les plus complexes.

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