Raphaël Personnaz : "Je me sens à ma place"

Raphaël Personnaz dans "L'affaire SK1", premier long métrage de Frédéric Tellier. Raphaël Personnaz dans "L'affaire SK1", premier long métrage de Frédéric Tellier.[© Roger DO MINH]

Une traque de sept années. "L’affaire SK1", premier long métrage de Frédéric Tellier, revient sur l’enquête menée par la police judiciaire pour mettre la main, dans les années 1990, sur Guy Georges, "le tueur de l’Est parisien". Raphaël Personnaz incarne Charlie, l’un des flics sans lequel l’affaire n’aurait peut-être pas abouti. L’acteur, omniprésent ces temps-ci que ce soit au cinéma ou au théâtre, a été touché par le propos du film.  

 

Qu’est-ce qui vous a convaincu de jouer dans "L’affaire SK1"?

J’avais évidemment le souvenir de la psychose qui régnait à Paris à l’époque. Puis, j’ai découvert les éléments de l’enquête. Les rebondissements sont hallucinants… Mais c’est la rencontre avec le vrai Charlie qui a été déterminante. C’est un homme qui a été marqué au fer rouge par cette histoire. En outre, ce n’est pas un film sur Guy Georges, c’est un film sur les gens qui ont mené l’enquête et j’avais vraiment confiance dans le propos.

 

Incarner un personnage vivant a mis une pression supplémentaire sur vos épaules ?  

Forcément il y a une pression… Mais aussi vis-à-vis des victimes, des familles parce qu’on n’avait pas envie de faire un film voyeuriste. On voulait que ressorte quelque chose de lumineux de cette histoire-là. Au départ, j’ai dû gagner la confiance de Charlie mais j’ai aussi dû me faire confiance. On s’est beaucoup vu en amont. Puis, au moment du tournage, il m’a laissé faire les choses comme je l’entendais. Il ne s’agissait pas de faire du mimétisme. Je devais juste retranscrire l’émotion que j’avais pu sentir chez cet homme-là.

 

Avec "La Prochaine fois je viserai le cœur", "L’affaire SK1" est, en quelques semaines, le deuxième film à faire le portrait d'un tueur en série qui a défrayé la chronique. Pourquoi le cinéma est-il fasciné par ces personnages ?

Parce qu’ils nous confrontent au mal. Parce qu’ils nous interrogent sur notre propre humanité. Mais si on en fait des monstres, ce n’est pas intéressant. Si on en fait des hommes, on voit à quel point la frontière est assez fine entre l’homme et le monstre… Je ne pense pas qu’il y ait une fascination du tueur dans le film. On n’est jamais du point de vue de Guy Georges. Ca relate les faits tels qu’ils se sont déroulés.

 

Avant le tournage, vous avez été visité le 36 Quai des Orfèvres. ?

Ce sont des lieux chargés en cinéma parce qu’ils ont été plusieurs fois représentés dans des films. Et puis mine de rien, même si ce ne sont pas des lieux magnifiques, quand on se dit que les plus grandes affaires criminelles sont passées par là, ça fait quelque chose. Pour les séquences du procès, on a tourné dans la véritable salle d’assises. Il y avait une ambiance très particulière.

 

C’est le premier long métrage de Frédéric Tellier. Quel réalisateur a-t-il été?

Il a travaillé six ans sur le scénario. Toute sa direction a consisté à nous préparer, à nous plonger dans cette histoire. Pendant le tournage, il regardait ce que les comédiens lui donnaient et cherchait à en capter le meilleur. Il a été très fort parce qu’on ne s’est jamais senti emprisonné dans sa mise en scène.

 

Vous êtes aussi à l’affiche du "Temps des aveux" de Régis Wargnier.

Je suis fier d’avoir fait ces films parce que c’est typiquement le genre de cinéma que j’ai envie de faire. Je me sens à ma place. Je pense sincèrement que ce sont des bons films et je suis content d’en faire partie parce que c’est quelque chose dont j’avais rêvé.

"L’affaire SK1", de Frédéric Tellier, avec Raphaël Personnaz et Olivier Gourmet. En salles, le mercredi 7 janvier.

 

La bande-annonce de "L’affaire SK1" :

 

 

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