"Ce que l’on fête, c’est l’évolution constante de la danse"

Brigitte Lefèvre.[LOIC VENANCE / AFP]

300 ans après sa création, l’Ecole française de danse garde intacte la noblesse de sesorigines.

C’est sous les auspices du Roi-Soleil Louis XIV (1638-1715), considéré comme un excellent danseur, que l’institution fut inaugurée à Paris en 1713.

Une décision qui jeta les bases du style français, défini par ordonnance royale comme «fondé sur la primauté de l’harmonie, la coordination des mouvements, la justesse des placements et le dédain de la prouesse».

Jusqu’au 25 avril, les 154 danseurs et danseuses (dont 18 étoiles et 14 premiers danseurs des deux sexes) de l’Opéra de Paris rendront hommage à cette école de la rigueur.

Les 138 actuels «petits rats» – surnommés ainsi, entre autres, pour leur maigreur – de l’école de danse seront aussi sur la scène.

Brigitte Lefèvre, directrice de la danse à l’Opéra de Paris, jette un regard sur ces trois siècles de tradition et se projette sur l’avenir de l’institution.

 

Comment est née cette tradition française de la danse, vieille de 300 ans ?

Brigitte Lefèvre : Louis XIV était lui-même danseur, et il s’était rendu compte qu’une très grande liberté s’était instaurée, ce qui n’était pour lui pas normal dans le domaine de l’art. Mais il fallait organiser les choses pour que la danse puisse vivre et évoluer dans un cadre qui ne soit pas trop contraignant.

 

Les règles ont donc évolué depuis l’époque ?

Si on s’était arrêté à la danse quand Louis XIV a fait son décret royal, le 11 janvier 1713, on serait encore dans la danse dite « baroque ». Ce que l’on fête dans ce tricentenaire, c’est l’évolution constante de la danse.  C’est un art vivant, pas un tableau de Fragonard, l’écriture de la danse existe.

 

Quel est le fil conducteur de ce corpus théorique ?

Quelque soit l’époque, on est toujours dans le souci de la beauté, de l’élégance et de l’exactitude des mouvements qui ne sont pas outranciers.  Dans la danse, et c’est très important, il y a ce que l’on requiert, qui est nécessaire pour atteindre cette esthétique. Par contre, ça ne sera jamais la performance pour la performance.

 

Pourquoi la compagnie attire-t-elle toujours autant de candidats?

Il y a un socle commun, qui n’a jamais cessé d’évoluer, qui joue le rôle de tremplin. En même temps, il y a toujours une volonté de valoriser la personne, son intériorité. J’ai moi-même été  biberonnée à cette école. Surtout, la transmission est très importante à l’Opéra de Paris. L’enseignement est fait par des artistes qui ont travaillé avec Rudolph Noureev ou Pina Bausch.

 

Les danseurs du corps de ballet sont-ils tous issus de l’école ?

Pas totalement, puisque 96 % des danseurs du ballet de l’Opéra sont issus de cette école quasiment unique au monde. C’est très dur de faire de la danse classique, et en même temps, c’est une école du comportement. On sait ce que c’est que e travail, on ne peut pas tricher. Et en dehors de nos danseurs étoiles, qui sont exceptionnels, la qualité du corps de ballet est très remarquée. 

 

L'école de danse de l'Opéra de Paris fête ses 300 ans

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