Gaspard Proust, un cynique romantique

Gaspard Proust[Capture d'écran Youtube ]

Souvent comparé à Pierre Desproges pour son univers cynique et pince-sans-rire, l’humoriste Gaspard Proust a su garder la tête sur les épaules et jongle habilement entre ses one-man show, le cinéma et la télévision. Repéré et aujourd’hui produit par Laurent Ruquier, son cynisme et son impertinence séduisent. Et pour cause : Gaspard Proust est un numéro à lui tout seul.

 

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Il s’appelle Proust, mais aurait préféré Chateaubriand. A propos de l’engouement qu’il provoque, celui qui se considère dans son spectacle comme « un cartésien désabusé » explique : « Peut être que personne ne faisait ce que je fais. Je suis venu à Paris pour avoir un tampon “Bon” ou “Pas bon”, voir si c’était viable ou pas. En fait, Paris était une étape pour me convaincre de ne pas être humoriste, mais tout s’est enchaîné ».

 

Vidéo : Gaspard Proust au festival du rire de Montreux

 

 

Une vraie personnalité

Détenteur de six mille albums de musique classique rangés au coffre et tous numérisés, il explique « parler assez peu de ce qu’il aime vraiment ». Pince-sans-rire sur scène, il note : « En fait, je suis un immense romantique. Cela ne se repère pas tout de suite dans mon spectacle. C’est mon drame ». Peu enclin à sourire, il raconte « être souvent dans sa bulle. Je suis très mauvais public pour toutes les manifestations où il faut être souriant. Je suis généralement le seul à faire la gueule ».

Dandy intello citant sur scène Baudelaire et Arthur Rubinstein pour mieux égratigner Pagnol et Brassens, il souligne que « l’un des grands films comique de ma vie est La Grande vadrouille. J’ai habité longtemps en Algérie et pour nous, c’était incroyable de recevoir une VHS de France. A l’époque, les films les plus recherchés étaient L’As des as et La Grande vadrouille. On regardait ça avec fascination ». Une personnalité des plus intrigantes donc, que l’on perçoit sur scène.

 

Vidéo : Sketch de Gaspard Proust sur la Ferme Célébrités

 

 

L’art du contre-pied

Doté en prime d’un amour des mots et d’une cruauté dont on se délecte, Gaspard Proust aime jouer avec les idées reçues. « Quand je trouve quelque chose de vraiment cruel, alors je le mets », note-t-il. « La cruauté a souvent un fond de vérité. J’aime quand les gens se disent “ooh” et qu’en même temps, les faits sont exacts. J’aime renverser les images ». Un art qu’il s’applique à lui-même.

« J’aime bien le côté péremptoire de l’inquisiteur. Je trouve ça joli. C’est mon côté romantique. Et puis comme j’habite très mal mon corps, je crains que les femmes se demandent : “S’il bouge aussi mal, comment doit-il faire l’amour ?” Je préfère être figé. Avoir une image phallique », s’amuse l’humoriste.

Ex-gestionnaire de fortune venu à l’humour par accident, alors qu’il s’ennuyait dans son bureau de Lausanne, il ne fait pas du métier de comique une fin en soi. Récemment, il évoquait son envie d’écrire. Une envie qu’il élude aujourd’hui d’une pirouette. « Je suis superstitieux et j’en ai trop parlé. C’est une très mauvaise stratégie. Maintenant, j’annoncerais plutôt des choses que je suis sûr de ne jamais faire comme ouvrir une ferme biologique avec autour des kilomètres de piste cyclable et une éolienne sur le toit ».

 

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