Journaliste et navigateur, Olivier Le Carrer est l’auteur de l’Atlas des lieux maudits, un ouvrage dédié aux endroits les plus infréquentables du monde entier. Il répond aux questions de DirectMatin.fr.
En images : 9 lieux maudits dans le monde
Qu’est-ce qui pousse à consacrer un livre aux lieux maudits de notre planète ?
Plutôt qu’une attirance pour la malédiction, c’est plus une passion pour l’humanité qui m’a donné envie d’écrire ce livre. Les légendes, les mystifications et les affabulations construites de toute-pièce font parties de notre histoire commune à tous.
Ces lieux me fascinent. Dans le traitement de chacune de ces histoires, j’ai toujours voulu laisser la porte ouverte à toutes les interprétations possibles. Il y a des histoires où il parait clairement évident qu’elles reposent sur des affabulations. Mais je suggère toujours quelques pistes pragmatiques.
Votre ouvrage comporte 40 lieux maudits dans le monde entier. Toutefois, il en existe bien plus. Vous avez donc dû faire une sélection…
Tout à fait. En me penchant sur le sujet, j’ai réuni en tout et pour tout une centaine d’endroits. Mais il y en avait beaucoup trop pour tenir dans un format de livre raisonnable.
J’ai donc fait un tri conséquent. Ainsi, j’ai finalement décidé de ne pas évoquer la ville de Beyrouth (la capitale du Liban) et ses faubourgs que je connais pourtant très bien pour y être allé.
J’avais également présélectionné la catastrophe de Fukushima. Mais on a jugé que cet événement était un peu trop rapproché dans le temps pour apparaître dans l’Atlas des lieux maudits.
Vous réunissez dans un seul et même livre les trois familles de lieux maudits (mystifications, catastrophes naturelles et activité humaine)…
Certes, cela peut sembler bizarre de rassembler ces trois familles mais c’est tout à fait voulu. L’idée était d’établir un reflet de tous les échantillons des types d’histoires de malédiction.
Parfois, plusieurs familles de malédiction se mélangent en une seule histoire. C’est le cas par exemple d’Haïti. Je trouvais intéressant de faire ce voyage autour du monde en mêlant histoires futiles et celles plus macabres.
Certaines histoires évoquées sont particulièrement sordides. Vous êtes-vous fait peur en rédigeant votre livre ?
C’est vrai qu’en écrivant certains chapitres, je me suis parfois effrayé moi-même. Cela a notamment été le cas pour l’histoire d’Amityville, un fait divers qui avait été ultra médiatisé à l’époque.
Cette maison hantée, tous ces faits paranormaux… en relisant mes notes, je n’ai pas pu m’empêcher de me demander si finalement, il n’y avait pas quelque chose de vrai dans tout ça.
On ressent beaucoup de respect de votre part pour tous ces lieux. Avez-vous un coup de cœur pour l’un d’entre eux ?
J’ai un faible pour Eilean Mor, le phare en Ecosse. Ce n’est pas l’histoire la plus spectaculaire mais elle me laisse perplexe.
Beaucoup d’experts ont tenté de percer le mystère de la disparition subite des 3 gardiens de ce phare.
Pour autant, l’histoire n’a jamais été élucidée et on ne sait toujours pas encore aujourd’hui, ce qui s’y est réellement passé.