«La vie en confettis» d’Hélène Vergé : une ode douce-amère à l’enfance

«Faut que je vous raconte une histoire qui m'est restée en travers de la gorge à longueur d'enfance». C’est avec cette accroche intrigante que débute le premier roman d’Hélène Vergé «La vie en confettis», publié chez Robert Laffont, jeudi 19 septembre. Un roman fantasmagorique qui désarçonne page après page le lecteur et le plonge dans les affres de l'enfance.

Les accros aux podcasts ont déjà eu la chance de faire connaissance avec Hélène Vergé. Pendant plusieurs mois, Primo - un programme audio produit par Nouvelles Ecoutes en partenariat avec Robert Laffont - a suivi le parcours de trois jeunes primo-romancières, de la sélection de leur manuscrit  jusqu'à leur parution en librairie. L'occasion de découvrir l'envers du décor du monde de l'édition et le parcours d'un auteur dans son processus d'écriture. 

ça raconte quoi ?

Avant d'entamer les premières pages de ce roman, un conseil : méfiez-vous de la candeur de Valentine. Du haut de ses 13 ans, la volubile narratrice est surprenante d'imagination, et vive d'intelligence. Mais sa vie bascule lorsque ses parents lui annoncent un heureux évènement.

L’arrivée de ce petit frère ne lui plaît pas car elle refuse de partager l'amour de sa maman «aux cheveux de roses»et de son «pingouin de papa». Sauf pour les Buldozorus (ses céréales préférées) et le beau gosse de la classe Matthieu (malheureusement déjà casé).  Il va donc falloir remédier à cette situation insoutenable en promettant à la Lune la disparition de ce nouveau venu. Mais les rêves peuvent-ils devenir réalité? Du moins, Valentine y croit, jusqu'à être impuissante face à la tristesse de ses parents.

Armée de sa gouaille (dont vous tomberez sous le charme), Valentine multipliera les stratagèmes pour reconquérir le coeur de ses parents et éloigné le malheur qui s'est abattu sur son petit monde.

entretien avec l'auteure

A l'occasion de sa sortie, CNews a eu la chance de rencontrer la primo-romancière Hélène Vergé pour découvrir ce nouvelle venue de la rentrée littéraire.

Comment avez-vous osé faire le premier pas vers la publication de votre premier roman?

Mon objectif a toujours été d'écrire pour être lue, et donc d'être publiée. Durant les cinq années d'écriture qu'a nécessité ce livre, je n'ai jamais abandonné malgré certains passages à vide. J'ai seulement commencé véritablement à y croire après certains retours positifs d'éditeurs même s'ils n'ont pas été concluants. Mais c'est surtout après l'appel à manuscrits lancé par Lauren Bastide à la fin de son podcast «La Poudre» que je me suis dit que c'était une nouvelle chance de faire connaître mon travail, et d'être lue. C'était une occasion d'être lue et d'être repérée. Mon manuscrit a finalement été sélectionné, j'ai attendu de rencontrer mon éditrice pour finalement y croire.

Est-ce un roman autobiographique ? Etes-vous la Valentine de ton roman ? 

Même si je m'inspire de mon vécu, c'est un roman. Je me souviens comment elle m'est apparue. C'est d'abord sa voix que j'ai imaginée. Elle a développé son propre langage, ses mots à elle. A 13 ans, elle fait preuve d'un fort caractère, bien que dotée d'une vraie sensibilité, elle est fantaisiste. Pour créer son environnement, je me suis inspirée de la poésie que certains parfumeurs peuvent utiliser pour décrire leur fragrance. Et cette poésie m'a aidé à écrire mais surtout à décrire joliment des scènes qui auraient pu paraître laides aux lecteurs. L'objectif de ce langage inventé par la narratrice, c'est de permettre d'offrir des pauses, des éclats de lumière, comme de petits diamants d'écriture dans des passages douloureux. 

Dans ce livre, vous conferez du pouvoir aux mots de Valentine. Pourquoi ?   

J'ai essayé de développer dans ce roman une idée qui me plaît, celle de la 'pensée magique' ou 'créatrice', si ce n'est 'destructrice'. Vous savez lorsque vous souhaitez un accident - voire la mort - d'une personne qui vous énerve, et que subitement cela se produit. J'ai aimé aborder ce concept à travers la pensée d'un enfant de 13 ans, qui du fait de son manque de maturité finira par croire que son souhait s'est exhaucé et qu'elle est à l'origine de la tristesse de ses parents. Ce sujet n'aurait pas pu être incarné par un adulte. Celui-ci aurait eu assez de recul pour rationaliser les faits.   

Au lendemain de la parution de votre livre, qu'attendez-vous de vos premiers lecteurs ? 

Tout simplement qu'ils aiment Valentine, qu'ils la trouvent attachante comme moi j'ai pu la trouver tout au long de l'écriture de mon roman. Je souhaite tout simplement que mes futurs lecteurs passent un agréable moment. Et j'avoue également que je rêve secrètement de découvrir un jour un petit mot de libraire sur mon livre après qu'il l'ait dévoré.

Pourquoi on vous le recommande ?

Parce que le premier roman d'Hélène Vergé est à la fois profondément touchant et irrésistiblement baroque. Son héroïne, qu'on aime parfois détester, finit par devenir terriblement attachante - surtout lorsqu'elle se retrouve en tête-à-tête avec son bol de Buldozorus. Elle incarne ce qu'il y a de plus beau dans l'enfance, la légèreté mais aussi ce qu'il y a de plus terrible, la culpabilité.

Si dans votre jeunesse, vous aviez aimé «L'écume des jours» de Boris Vian pour son écriture poétique et fantasque, «La vie en confettis» est pour vous.

«La vie en confettis» d'Hélène Vergé, éditions Robert Laffont, 342 p., 20 euros.

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