Alors qu’une poignée de salles de spectacle a pris la décision de rouvrir, le Point Virgule accueille à nouveau le public depuis le 9 juillet dernier. A l’issue du premier week-end d’exploitation, l’activité redémarre dans cette salle mythique dont la jauge a été réduite à 60 personnes contre 100 habituellement.
Un retour à la vie artistique encore en dents-de-scie pour l’une des salles les plus emblématique de l’humour à Paris, qui a l’habitude de voir les spectateurs s’amasser devant sa célèbre devanture rouge. Car si le public est de retour, l’activité est encore loin des grands jours.
Le public au rendez-vous mais moins nombreux
Lors du premier week-end de réouverture, 400 spectateurs sont venus assister aux neuf spectacles présentés samedi 11 et dimanche 12 juillet, dans la mythique salle, contre en moyenne 1000 spectateurs en temps normal.
« Pour un premier week-end de reprise, c’est un bon week-end, mais on ne va pas crier victoire. Les gens commencent à savoir qu’on a rouvert mais c’est très aléatoire », note Antoinette Colin, directrice artistique du lieu, qui constate toutefois que les têtes d’affiches comme Alexis Le Rossignol ou Tania Dutel affichent complet.
Alors que l’année dernière à la même période, la salle, qui propose jusqu’à sept spectacles de 14 h à 22 h 30 chaque jour, affichaient complet, la situation est loin d’être habituelle. «Nous travaillons au jour le jour, là il faut aller chercher le public», explique l’emblématique directrice artistique, qui accuse une baisse de 30 à 40 % de la fréquentation. Le but aujourd’hui est donc de rassurer les gens et de les faire venir.
Une reprise dans le respect des règles sanitaires
Tout a été mis en place pour sécuriser le public et les artistes, qui n’ont d’ailleurs pas hésité une seule seconde à retrouver la scène. Désinfection des micros et des banquettes en skaï entre chaque représentation, aération des lieux, port du masque obligatoire lors des déplacements sont de rigueur. En attendant la date du 1eraoût, qui rendra obligatoire le port du masque dans les lieux clos, les spectateurs sont pour l’instant libres de le porter une fois installés dans la salle.
« J’avais l’habitude de dire qu’au Point Virgule nous sommes des cow-boys et que tout est possible. Aujourd’hui, nous sommes des cow-boys prudents », explique Antoinette Colin, qui a programmé dix-sept spectacles tout au long de l’été contre 24 en moyenne. « Ça nous permet d’être ouvert 7 jours sur 7 ». Une cadence que tient le Point-virgule 364 jours par an depuis ses débuts en 1978, interrompue pour la première fois pendant le confinement. Têtes d’affiche, de Tania Dutel à Alexis Le Rossignol en passant par Pierre Thévenoux, mais aussi plateaux partagés se succèderont ainsi tout l’été. « Souvent le mois d’août est meilleur que le mois de juillet. On rêve que ce soit le cas », souligne Antoinette Colin.
Une réouverture à perte mais symbolique
Car pour l’instant, la réouverture du Point Virgule a surtout une portée symbolique. « Tant qu’on est obligé de limiter la jauge, nous ouvrons à perte. Pour équilibrer les frais de fonctionnement, il faut remplir à 80, 90 % la jauge initiale. On sait qu’on ouvre à perte, mais le calcul n’est pas là », explique-t-elle. Jouer coûte que coûte et faire vivre la vie artistique sont pour l’heure la priorité. « Nous voulons surtout réamorcer les choses, se remettre sur les rails. Dire nous sommes là, on a besoin du public et remercier ceux qui viennent au théâtre». Rassurer le public, relancer la vie artistique et culturelle, tels seront en effet les prochains défis des salles de spectacle dans les mois à venir.