Si vous êtes de passage à Aix-en-Provence cet été, ne manquez pas de faire une halte au musée Grenet pour admirer «Cézanne au Jas de Bouffan». Cette grande rétrospective explore l’attachement du peintre à cette bastide familiale, transformée en véritable atelier à ciel ouvert, où il a vécu et expérimenté son art pendant près de quarante ans. Voici 5 chefs-d’œuvre à voir sur place.
«Les Joueurs de cartes»

Au total, plus de 130 œuvres venues du monde entier - peintures, dessins et aquarelles - ont été réunies à l’occasion de l'exposition internationale «Cezanne au Jas de Bouffan», visible jusqu'au 12 octobre. Parmi elles, «Les Joueurs de cartes». Entre 1890 et 1895, Paul Cézanne (1839-1906), qui ne datait jamais ses toiles, a réalisé cinq tableaux sur le thème des «Joueurs de cartes», avec à chaque fois des joueurs différents. Prêté par le musée d’Orsay, ce face-à-face est le plus connu. L’artiste a probablement fait poser des ouvriers agricoles de la ferme du Jas de Bouffan, propriété familiale acquise par son père en 1859.
«Le Baigneur au rocher»

Au fil de ce parcours thématique, les visiteurs pourront également croiser «Le Baigneur au rocher» (vers 1885-1890), qui met en scène un homme seul se tenant près d’un rocher, dénudé, vu de dos et qui semble ne faire qu’un avec la nature. Ici, le corps n’est pas idéalisé. Il est massif et anguleux, un choix qui va à l’encontre de la tradition académique. Le thème des baigneurs et baigneuses est central chez Cézanne. Ses toiles ont d’ailleurs profondément influencé les cubistes, comme Picasso. «Cézanne, c’est notre père à tous», disait l’Espagnol.
«Portrait de l’artiste au fond rose»

Grand maître des paysages et des natures mortes, Paul Cézanne est aussi connu pour ses portraits. Au cours de sa carrière, il a peint près de deux cents portraits, dont vingt-six autoportraits. L'un des plus emblématiques est «Portrait de l’artiste au fond rose», une oeuvre réalisée vers 1875 et à travers laquelle le père de l’art moderne se montre tel qu’il est. Contrairement à d'autres artistes, il ne cherche pas à se montrer sous son meilleur jour. Il s’agit d’une représentation de lui-même brute et sincère, et qui reflète son rejet des conventions.
«Nature morte au plat de cerises et aux pêches»

Pour le génie solitaire, la nature morte est un terrain d’expérimentation et ce, jusqu’à la fin de sa vie, en 1906. Ce thème lui permet de travailler librement l’espace pictural, la composition, les volumes, les couleurs, et les formes. Réalisée vers 1885 et prêtée par le County Museum de Los Angeles, la toile «Nature morte au plat de cerises et aux pêches» donne à voir à la fois une rigueur classique, notamment dans la construction, et une approche baroque, par exemple dans le traitement de la matière.
«La Mer à l'Estaque»

Avant de tomber fou amoureux de la montagne Sainte-Victoire, à Aix-en-Provence, Paul Cézanne a fixé son regard sur la mer, les collines, les toits rouges et les pins de L’Estaque, petit port situé près de Marseille où le peintre aimait séjourner avec sa compagne. Ce lieu lui a inspiré plusieurs toiles dont «La Mer à l'Estaque», peinte vers 1878. Dans ses lettres adressées au peintre Camille Pissarro, son ami et son mentor, il a souvent évoqué le paysage de L’Estaque. Dans l’une d’elles, il a parlé notamment du «soleil effrayant», qui transforme les «objets» en «silhouettes».