Le prix Goncourt 2025 a été décerné ce mardi 4 novembre à Laurent Mauvignier pour son roman «La maison vide», paru aux éditions de Minuit, tandis que le Renaudot a été remis à Adélaïde de Clermont-Tonnerre pour «Je voulais vivre».
Réuni au sein du restaurant Drouant, à Paris, comme le veut la tradition depuis plus d'un siècle, le jury du prix Goncourt a rendu son verdict ce mardi. La plus prestigieuse des récompenses littéraires du monde francophone a été décernée à Laurent Mauvignier pour son roman «La maison vide» (éd. Minuit), une ambitieuse fresque familiale de 750 pages, peuplée de fantômes, de secrets et de souffrances.
L’écrivain de 58 ans a été récompensé au premier tour. Il l'a emporté face à «La nuit au cœur» de Nathacha Appanah (éd. Gallimard), «Le bel obscur» de Caroline Mamarche (éd. Seuil) et «Kolkhoze» d’ Emmanuel Carrère (éd. P.O.L). Laurent Mauvignier succède ainsi à l’écrivain Franco-Algérien Kamel Daoud, récompensé l’année dernière pour son roman «Houris», publié chez Gallimard.
«La maison vide» est ancrée dans un lieu immobile, la bâtisse d'un village de Touraine où ont vécu les ascendants de Laurent Mauvignier. Ce dernier raconte les joies - rares - et les peines d'une famille corsetée par les traditions et frappée de plein fouet par les deux guerres mondiales du 20e siècle. «Je crois que mon histoire familiale ressemble à celle de millions de Français, avec ses zones d'ombre et ses parts plus glorieuses», a déclaré l'auteur à l'AFP.
le renaudot pour Adélaïde de Clermont-Tonnerre
Le prix Renaudot a quant à lui été attribué dans la foulée de l'annonce du Goncourt à Adélaïde de Clermont-Tonnerre pour son roman «Je voulais vivre» (éd. Grasset), au fil duquel elle donne vie à Milady de Winter, l’ennemi principal des trois mousquetaires d’Alexandre Dumas.
Elle brosse le portrait d’une femme libre, brillante, richissime, proche du cardinal de Richelieu. Mais aussi d’une mère qui cherche à protéger son fils et qui se doit d’être criminelle, empoisonneuse et manipulatrice pour survivre à cette époque, où trop d’hommes voudraient la contraindre et la posséder. Dans ce récit puissant et empreint de sororité, l'écrivaine lui redonne ses lettres de noblesse.