Avec un budget de plus de 400 millions de dollars, «Avatar : de feu et de cendres», qui investit les salles ce mercredi, se présente comme l'événement ciné de cette fin d'année. Mais le résultat est-il à la hauteur des attentes toujours plus grandes du public ?
Trois ans après «Avatar : la voie de l'eau», qui a enregistré près de 14 millions d’entrées en France, James Cameron quitte l'univers aquatique pour s'attaquer au nouveau volet de sa saga à succès. Après la terre et l'eau, le réalisateur de 71 ans «na'vi-gue» à vue et espère enflammer la pellicule avec «Avatar : de feu et de cendres», en salles ce mercredi 17 décembre.
Dès les premières minutes, les fans sont de nouveau embarqués sur la planète Pandora où ils retrouvent la famille Sully, en proie à une nouvelle invasion, celle du «Peuple des cendres» qui évolue dans un environnement volcanique reculé et est dirigé par Varang, une nouvelle antagoniste aux yeux incandescents, sans peur et sans reproche. Une créature au front barré de rouge, couleur de l'élément feu qu'elle maîtrise comme un charmeur de serpents, et interprétée par Oona Chaplin, petite-fille du fabricant de joyaux cinématographiques, Charlie Chaplin, et nouvelle venue dans l’univers d’Avatar.
«Votre divinité n'a aucune souveraineté ici», prévient la matriarche. De quoi déclencher des discordes entre les deux tribus, et explorer le thème de la haine dans un troisième volet bien plus sombre et dramatique que les précédents. Autre champ d'exploration : le deuil, la famille Sully ayant été profondément affectée par la disparition de Neteyam, fils aîné de Jake et Neytiri.
Une histoire plus sombre et dramatique
Les humanoïdes à la peau bleue voient leurs enfants et le jeune humain Spider - dont l’existence va être totalement transformée grâce à Kiri -, s’affirmer davantage dans ce long-métrage. Et l'union tend à vaciller au sein même du clan. Pourtant, ils vont devoir (encore une fois) combattre ensemble le peuple du ciel, ces humains de la RDA (Resources Development Administration) qui cherchent à abattre les Tulkuns, ces immenses créatures marines symboles de paix et douées de conscience. Ces sortes de baleines abritent une précieuse substance très convoitée.
Avec l’introduction de nouveaux ennemis, James Cameron ouvre un arc narratif plus complexe et moins dichotomique que dans «Avatar» en 2009 et «Avatar : la voix de l’eau» en 2022. Traquée par le colonel Miles Quaritch, la famille Sully, qui a soif de vengeance, et le peuple des cendres désespéré face à ses terres brûlées et ravagées, pourraient s’allier face à la tyrannie humaine. Pourtant, il n’en est rien, chacun ayant sa propre vision de ce monde en sursis et d'Eywa, la Grande Mère. Les personnages ont gagné en maturité, et par conséquent doivent faire des choix cruciaux pour protéger à leur manière leur planète. Prendre les armes et s’entre-tuer ou s’exiler.
Grâce à la technologie révolutionnaire dite de «performance capture», ces personnages incarnés par les acteurs recouverts de capteurs, apparaissent à l’écran plus vrais que nature. Une prouesse de jeu pour les interprètes (Sam Worthington, Zoe Saldaña, Sigourney Weaver, Kate Winslet, Stephen Lang, Cliff Curtis, Britain Dalton, Jack Champion...) qui s’accompagne de scènes de combats terrestres, aquatiques et dans les airs toujours à couper le souffle, qui font de la saga Avatar une œuvre cinématographique singulière et hors du commun.
Un rendu visuel toujours impressionnant
Néanmoins, si le résultat visuel est spectaculaire et mérite d’être apprécié sur grand écran, à commencer par les plans en plongée au-dessus des Grands Leonopteryx, ces oiseaux semblables à des dragons, le scénario, lui, n’étonne guère globalement et commence par moments à tourner en rond. Certes, les 3h17 d’intrigue passent rapidement et s’apprécient comme un petit bonbon, mais l’effet de surprise n’est plus aussi présent que pour le premier chapitre, sorti il y a seize ans. «J'ai juste eu environ cinq bonnes idées dans ma vie. Je me contente simplement de les ré-emballer sans cesse», a répondu avec ironie James Cameron lors d’une conférence de presse organisée début décembre à Paris.
Reste que l’auteur de «Titanic» et «Terminator» continue de nous questionner à travers sa fable dite «écologiste» sur les conséquences du réchauffement climatique et le sort des réfugiés, ainsi que sur les dérives du pouvoir quand il est détenu par des êtres mal intentionnés.
Un message qui devrait de nouveau être au cœur du récit dans les quatrième et cinquième volets, attendus au cinéma respectivement en 2029 et 2031.