Les World Nature Photography Awards 2026 ont récemment annoncé leurs lauréats. Le grand prix a été décerné à l'Australien Jono Allen pour l'émouvante photo d'un rare baleineau albinos se reposant en compagnie de sa mère dans les eaux de l'océan Pacifique.
Le jury des World Nature Photography Awards (WPNA), concours international de photographie de faune et de nature, a dévoilé le 20 février, le palmarès 2026. Pour cette édition, des milliers de candidatures de photographes en provenance de 51 pays étaient en lice.
Le grand prix a été attribué au photographe sous-marin et scientifique australien Jono Allen pour son exceptionnelle photo d'un baleineau à bosse albinos se reposant soutenu par la tête de sa mère, aux Tonga, dans le Pacifique. «Partager ce moment avec Mãhina, le baleineau et sa mère protectrice est un souvenir qui restera à jamais gravé dans ma mémoire. Ce fut sans aucun doute l'un des jours les plus extraordinaires que j'ai jamais vécus dans l'océan, et peut-être même de toute ma vie. Être nommé World Nature Photographer of the Year grâce à cette photo unique, illustrant le lien entre une mère et son petit a rendu cette rencontre, qui avait déjà changé ma vie, encore plus profonde et m'a rendu encore plus humble. Je suis extrêmement honoré de recevoir ce prix», a déclaré l'heureux lauréat.
Créée en 2020 à Londres au Royaume-Uni, cette compétition récompense chaque année, les meilleures photos dans 14 catégories, afin de mettre en lumière la beauté et la richesse de notre planète pour nous inciter à en prendre soin.
Voici les principaux gagnants des WPNA.
grand prix et lauréat or - catégorie sous l'eau

«Capturée dans les eaux tropicales de Vava'u, aux îles Tonga, cette rare baleine à bosse albinos, âgée de 8 semaines, baptisée Mãhina, qui signifie «lune» en tongien, brillait comme un rayon de lumière alors qu'elle nageait dans les eaux bleues profondes avec sa mère protectrice. Seule une baleine à bosse sur 40.000 naît avec cette absence de pigmentation, sa présence était donc non seulement exceptionnelle, mais aussi symbolique. Observer cet extraordinaire et curieux baleineau blanc comme la lune, jouer et évoluer dans l'eau représente l'histoire remarquable du succès d'une espèce qui a eu la chance de se rétablir après avoir été fortement ciblée par la chasse à la baleine et avoir été amenée au bord de l'extinction», a déclaré l'Australien Jono Allen, photographe, documentariste et scientifique spécialisé dans la vie sous-marine aux Tonga.
lauréat or - catégorie humains et nature

«Après une chute de neige nocturne dans le parc national de Grand Teton, dans le Wyoming, aux États-Unis, les photographes se sont réveillés devant un manteau neigeux recouvrant les plaines couvertes de sauge. La matinée était relativement calme et ennuyeuse, passée à observer les nombreux orignaux mâles manger leur petit-déjeuner composé de broussailles amères. Un petit groupe de photographes immortalisait l'orignal mâle qui se dirigeait vers nous en se nourrissant. Il mangeait pendant environ 10 minutes, puis faisait quelques pas avant de recommencer à manger. À un moment donné, les arbustes amers et fades l'ont ennuyé et il a décidé de mettre le cap vers l'ensemble des photographes. Nous nous sommes rapidement éloignés pour laisser de l'espace au cervidé, mais dans la précipitation, un trépied et un appareil photo ont été laissés sur place. Au début, l'animal a ignoré le matériel et a commencé à frapper les broussailles amères avec ses bois. Puis, sa curiosité l'emportant, il a décidé d'aller voir de plus près le matériel photographique», a relaté l'Américaine Deena Sveinsson, photographe animalière installée au Colorado.
lauréat or - catégorie l'art de la nature

«Les petits poissons de récif, discrets et souvent invisibles, représentent 70% de la biomasse piscicole, ce qui en fait un maillon essentiel de la chaîne alimentaire des récifs. Ces petits poissons de récif sont également appelés "crypto-benthiques", car ils se cachent dans les crevasses ou utilisent le camouflage. En tant que maillon de la chaîne alimentaire, ils jouent un rôle important dans la survie des poissons plus grands présents dans ces récifs coralliens. Parmi cette catégorie de poissons, les gobies sont considérés comme les plus importants. Prise à Marsa Alam, en Egypte, cette photo prise d'un gobie fantôme du Mozambique (Pleurosicya mossambica) montre à quel point ces petits poissons sont doués pour se cacher. Atteignant environ 2 cm de long, ils sont bien adaptés au camouflage parmi les coraux. Avec leur corps transparent, leurs nageoires dotées de ventouses pour une prise ferme et leurs branchies basses pour dissimuler tout mouvement, ils tentent d'échapper à leurs prédateurs. Pendant ce temps, leurs grands yeux inclinés sont à l'affût du plancton», a expliqué Simon Biddie, talentueux photographe naturaliste britannique.
lauréat or - catégorie portraits d'animaux

«Ce fut une journée marquée par des liens discrets. Sous la canopée luxuriante de Bwindi, située dans le sud-ouest de l'Ouganda, j'ai observé une jeune gorille femelle blottie contre le dos protecteur d'un dos argenté. L'atmosphère était sereine, remplie des doux sons de la forêt, jusqu'à ce qu'une explosion soudaine de couleurs délicates vienne rompre le calme. Un visiteur inattendu, un papillon aux couleurs vives, est apparu de nulle part, voletant doucement dans les airs. Captivée, la jeune primate a écarquillé les yeux, et à cet instant, une belle interaction s'est déroulée, comme un émerveillement silencieux et partagé entre deux êtres très différents. J'ai retenu mon souffle, espérant que le papillon s'approcherait encore plus, amenant ce duo improbable dans un monde commun de curiosité. Mon cœur battait doucement, conscient de la rareté et de la préciosité de ces moments. Alors que le papillon dansait gracieusement autour du gorille, il semblait incarner la beauté délicate et l'interdépendance fragile de notre monde naturel. Cette photographie capture non seulement la douce curiosité du gorille, mais aussi un bref et magnifique moment où deux créatures se sont arrêtées, se remarquant l'une l'autre, liées par l'émerveillement et la découverte», a confié Mary Schrader, photographe naturaliste américaine.
lauréat or - catégorie comportement des oiseaux

«Chaque printemps, les Grandes aigrettes se rassemblent pour nicher dans les arbres du parc public Kraft Azalea Garden, à Winter Park, ville située dans le centre de la Floride, aux Etats-Unis. En photographiant depuis le sol, je guette les moments où le contre-jour révèle l'élégance et la structure de leurs ailes en vol. J'ai pris cette photo un matin d'avril, alors qu'une aigrette passait entre moi et le soleil juste avant d'atterrir», a dit l'Américain Fenqiang Liu, photographe naturaliste et artiste multiprimé.
lauréat or - catégorie photojournalisme de nature

«Kayla, une femelle chimpanzé de 37 ans pesant 61,2 kg, se trouve dans la salle d'opération, le ventre rasé pour une échographie. Des chaussettes ont été placées sur ses extrémités et un bonnet en fourrure avec des rabats sur la tête pour éviter l'hypothermie. Fondé en 1997, Save the Chimps est le plus grand sanctuaire privé pour chimpanzés au monde. Sa mission est d'offrir un refuge sûr aux chimpanzés captifs qui ont été exploités par les humains à des fins de recherche, d'expérimentation et de divertissement. Ce centre ultramoderne de 60 hectares situé en Floride accueille plus de 220 chimpanzés sauvés qui mènent la meilleure vie possible parmi leurs congénères, grâce à une équipe de vétérinaires, de soigneurs et de bénévoles passionnés qui leur prodiguent des soins personnalisés et leur proposent des programmes alimentaires et d'enrichissement individuels et nutritifs, dans un habitat insulaire spacieux. Le sanctuaire travaille sans relâche pour accueillir tous les chimpanzés captifs des États-Unis qui ont besoin d'un refuge et de soins experts et attentionnés pour le reste de leur vie» a expliqué le Belge Alain Schroeder, photojournaliste belge de renommée internationale.
lauréat or - catégorie animaux dans leur habitat

«Un ours brun affamé se jette tête baissée dans un ruisseau du parc national de Katmai, en Alaska, aux Etats-Unis, dans le but d'attraper l'un des nombreux saumons rouges qui fraient en grand nombre pendant leur migration saisonnière. Chaque année, au mois d'août, de nombreux ours bruns se rassemblent le long des rivières et des ruisseaux de Katmai, attendant l'arrivée annuelle des saumons venus de la côte. J'ai observé cette scène après une marche de deux heures depuis notre campement, du haut d'une falaise. Je me suis positionné au bord de la falaise pour avoir une perspective unique sur l'action en contrebas et j'ai utilisé un filtre polarisant pour réduire les reflets à la surface de l'eau. Alors que le prédateur affamé s'approchait de l'eau, j'ai utilisé une rafale d'obturation rapide pour figer l'instant où deux saumons à proximité s'enfuient en diagonale devant les griffes tendues de l'ours qui plonge», a narré le Britannique Charlie Wemyss-Dunn, photographe naturaliste installé aux Etats-Unis.
lauréat or - catégorie noir et blanc

«Une tortue adulte perchée sur une souche, se prélasse au soleil matinal, à Madison, en Alabama, aux Etats-Unis. Je me suis allongé sur le sol pour obtenir un angle de vue bas et j'ai converti la photo en noir et blanc afin de mettre en valeur les textures de la carapace et de la peau de la tortue, ainsi que celles de la souche», a indiqué l'Américain Christopher Baker.
lauréat or - catégorie plantes et champignons

«Les couleurs dorées de l'automne explosent dans ce portrait intime d'un incroyable et vénérable bouleau recouvert de lichen, dans toute sa splendeur saisonnière : audacieux, brillant et plein de caractère, tel un paon des bois. Prise à Glen Affric, cette image capture un moment fugace de drame et de beauté dans l'un des paysages automnaux les plus vibrants d'Écosse», a dit le Britannique Duncan Wood, photographe de paysage basé en Ecosse.
lauréat or - catégorie faune urbaine

«Sur cette image saisissante, un ours polaire à Churchill, au Manitoba, au Canada, inspecte un tas d'appareils électroniques et de déchets divers formant un dépôt sauvage de plus en plus important et entièrement causé par l'homme, qui modifie la façon dont la faune interagit avec la civilisation. En 2024, la seule décharge de la ville a été entièrement détruite par un incendie. Cet incident a mis en évidence une préoccupation croissante : les ours polaires fouillaient de plus en plus les poubelles pendant les mois sans glace, ce qui entraînait une augmentation des conflits entre les humains et la faune sauvage. Comme la glace de mer se forme plus tard et fond plus tôt chaque année en raison du changement climatique, les plantigrades passent plus de temps sur terre et ont moins d'occasions de chasser. Cela les pousse à explorer de nouvelles sources de nourriture, même artificielles. Cette photo ne montre pas seulement un ours curieux, elle symbolise la lutte permanente entre la nature sauvage et les déchets», a alerté l'Américain Robert Gloeckner, photographe animalier.
lauréat or - catégorie comportement des invertébrés

«Dans la forêt tropicale humide de Xishuangbanna, située dans l'extrême sud-ouest de la Chine, j'ai trouvé une larve de papillon de nuit en train de créer un nid protecteur en forme de filet sur les feuilles tendres d'une nouvelle pousse d'une plante. Les larves de papillon de nuit arrachent leurs poils toxiques et utilisent leur salive collante pour construire leur propre maison. Elles utilisent leur propre fourrure toxique comme matériau de construction, qui peut résister aux attaques des guêpes parasites et des fourmis. Dans le nid en forme de filet, les larves de papillon de nuit forment une soie très fine et difficile à voir, se suspendant dans les airs comme si elles étaient allongées dans un hamac. Par la suite, les larves muent et se transforment en chrysalides. Au cours des mois suivants, les chrysalides attendront leur métamorphose. Le dernier papillon de nuit émergera du nid en forme de filet et éclora. Les larves de papillon de nuit sont comme des architectes, et la structure complexe du nid en forme de filet est pleine d'une beauté géométrique, surprenant par l'extraordinaire créativité de ces petites créatures», a relaté Minghui Yuan, professeur d'université, artiste et photographe naturaliste chinois.
lauréat or - catégorie comportement des amphibiens et des reptiles

«En Namibie, le désert du Namib est l'un des environnements les plus extrêmes de la planète, avec une absence totale d'eau de surface et des températures dépassant les 45 °C pendant la journée. Malgré cela, la vie y est abondante si l'on sait où chercher. Les tempêtes de sable sont fréquentes, le vent soufflant depuis les montagnes intérieures et soulevant des sédiments et des particules fines. Un caméléon Namaqua doit supporter les projections de cailloux contre sa peau, tandis que nous avons eu la chance de pouvoir nous réfugier dans le confort relatif de notre 4x4», a expliqué Dewald Tromp, photographe animalier sud-africain chevronné.
lauréat or - catégorie paysage et environnement

«Il s'agit d'une photo prise par drone d'une piscine géothermique naturelle située dans le centre de l'Islande, à Hveravellir, célèbre oasis géothermal islandais. Sur la photo, vous pouvez voir la piscine, qui, selon moi, ressemble à l'œil d'un dragon», a déclaré l'Israélien Miki Spitzer, photographe de paysage.
lauréat or - catégorie comportement des mammifères

«Alors que le soleil se couchait sur le paysage aride du désert de sel du pan de Makgadikgadi, au Botswana, une girafe solitaire s'avança jusqu'au bord de l'eau. Imposante et gracieuse, elle plia ses longues pattes et baissa le cou pour boire. Puis survint un moment magique. Après s'être abreuvée, la girafe leva la tête et, d'un léger mouvement, expulsa un jet d'eau qui forma un arc scintillant dans la lumière dorée. Les gouttelettes dansèrent dans les airs, formant un cercle presque parfait avant de retomber sur le sol. La silhouette de l'animal était mise en valeur par l'éclairage périphérique, et les reflets dorés scintillaient sur les gouttes d'eau en suspension dans l'air. Un comportement rare et éphémère, rendu inoubliable par le soleil couchant. Je souhaitais capturer l'interaction entre la lumière dorée et le mouvement de l'eau», a déclaré Vaidehi Chandrasekar, photographe de Singapour.