La Cinémathèque française, à Paris, dévoile ce mercredi une rétrospective d'envergure consacrée à Marilyn Monroe, figure mythique de l'âge d'or d'Hollywood, pour les 100 ans de sa naissance.
Une icône inoubliable. Une jeune ouvrière devenue une actrice légendaire, désirée, mais trop souvent déconsidérée, dénigrée et réduite à ses formes et à ses cheveux blond platine. À l’occasion du centenaire de la naissance de Marilyn Monroe, la Cinémathèque française, à Paris, consacre, dès ce mercredi 8 avril, une grande exposition à la star, disparue prématurément en 1962, à l'âge de 36 ans.
Intitulée «Marilyn Monroe : 100 ans !», elle propose de redécouvrir l’artiste exigeante derrière le mythe. Quelques robes, des photographies, des extraits de films et des documents rares retracent la trajectoire fulgurante de Norma Jeane Baker de son vrai nom, cette ex-mannequin devenue dans les années 1950, et en à peine une décennie de carrière, l’un des visages les plus emblématiques du star-system.

Mais la rétrospective qui se présente de manière chronologique, s’attache surtout à déplacer le regard et à montrer que derrière le statut de sex-symbol et ses clichés iconiques, se cachait une Marilyn Monroe qui souhaitait être reconnue comme une comédienne à part entière, attentive à la composition de ses rôles («Niagara», «Sept ans de réflexion», «Bus stop»...) et à la précision de son jeu. L'Américaine qui tournera au total dans 32 longs-métrages, s’est battue tout au long de sa «courte» vie pour se libérer des carcans des studios hollywoodiens qui l’ont façonnée.
Féministe avant l'heure
Désireuse de faire oublier cette image de blonde naïve et ingénue qui lui collait à la peau, cette femme fragile et complexe a suivi les cours de l’Actors Studio à New York - immortalisés par des clichés exposés -, monté sa propre société de production, Marilyn Monroe Productions, et s’est opposée à la 20th Century Fox pour obtenir le même salaire que ses acolytes masculins. À l’instar de Frank Sinatra payé trois fois plus qu’elle pour participer à la comédie musicale «The girl in pink tights».

«Traditionnellement, les discours sur Marilyn Monroe sont centrés sur sa biographie, sa vie privée, ses divorces, ses fausses couches, ses difficultés à être une femme accomplie, et c'est une manière de la dénigrer», précise Florence Tissot, commissaire de l’exposition, à l’AFP. «Pour accéder à un tel niveau de notoriété, il est évident qu'elle avait une stratégie réfléchie», ajoute-t-elle.
Celle à qui l’on doit en 1953 la célèbre réplique «Je peux faire preuve d’intelligence quand c’est important, mais la plupart des hommes n’aiment pas ça» dans «Les Hommes préfèrent les blondes», se révèle ici dans toute l’étendue de son talent et dans sa capacité à dénoncer, plus de soixante ans avant le mouvement #MeToo, les prédateurs sexuels à Hollywood, comme dans cet article du magazine «Motion Picture and Television». «On dit que je suis une fille facile. C’est peut-être vrai, mais je rencontre sans cesse des hommes qui ne s’en tiennent pas au sifflement. J’ai appris à tous les gérer», avait-elle écrit. Marilyn Monroe a aussi soutenu la diva noire Ella Fitzgerald qui ne pouvait apparaître dans les lieux de renom.
«Elle est devenue aujourd’hui le symbole des actrices traversant courageusement une carrière difficile. A la fois métamorphose spectaculaire d’une jeune fille spontanée en produit de consommation, une femme fatale, une icône féministe ou encore une personnalité 'borderline' : (une) figure de l’ultra féminité (qui) ne cesse d’être revisitée au cinéma, dans la mode, l’art et la pop culture», conclut le texte de présentation de cette rétrospective à apprécier jusqu'au 26 juillet prochain.
«Marilyn Monroe : 100 ans !», jusqu’au 26 juillet 2026, La Cinémathèque française, Paris (12e)