Les 15 BD à offrir pour Noël

Les librairies spécialisées regorgent de nouveautés à ne pas manquer. [T.Liard]

Alors que Noël approche à très grands pas, offrir (ou se faire offrir) une BD de qualité est toujours une bonne idée. Voici notre sélection des titres à ne pas rater, qui devraient figurer en bonne place sous le sapin de tous les vrais amateurs. 

Batman, The dark prince charming T.1

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Célèbre pour sa patte graphique, Enrico Marini sublime Gotham City, le chevalier noir et son pire ennemi, le Joker. Dans cet album, qui fait le pont entre l'univers de la BD européenne et du comics américain, les planches sont d’une puissance évocatrice incroyable. Le créateur italien utilise la technique dite de la couleur directe (La couleur et le tracé des contours ne sont pas séparés), qui nécessite une maîtrise technique totale. Le procédé est notamment utilisé par Rosinski, le dessinateur de Thorgal, une référence en la matière. Ce Batman d'exception fait en tout cas du bruit des deux côtés de l’Atlantique, et il sera complété par un Tome 2 au printemps.

Batman, The dark prince charming T.1, d'Enrico Marini, éd. Dargaud/DC, 14,99 euros

La Horde du contrevent

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Face au vent, ils avancent, coûte que coûte. Formés depuis leur plus tendre enfance à «contrer», les membres de la 34e horde ont pour mission de remonter à la source, et comprendre pourquoi leur terre est sans cesse balayée par la tempête. Scénario tortueux, narrateurs multiples... L'adaptation du roman culte d'Alain Damasio paraissait plus que difficile. Et pourtant, Eric Henninot en tire une BD à ne pas rater. Certes, il a simplifié de nombreux points du scénario, mais le souffle (pardon) épique est bien présent et on espère que la suite des aventures sera du même niveau. On lui souhaite donc bon vent (re-pardon). 

La Horde du contrevent T.1, d'Eric Henninot, éd. Delcourt, 16,95 euros

The private eye

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Dans un futur proche, en 2026, le cloud a littéralement explosé et les données personnelles - des plus criminelles aux plus anodines - sont devenues accessibles à tous. En gros, tout le monde connaît parfaitement les travers de son voisin. Pour préserver le peu d'intimité qui reste, les citoyens sont donc condamnés à porter un masque en toutes circonstances et à choisir un pseudo pour éviter d'être pointés du doigt. Avec The private eye, Brian K. Vaughan (scénario) et Martin Marcos (dessin) réussissent à construire un futur glaçant et réaliste, mais non dénué d'humour.  L'élégant format de l'album, à l'italienne, rend l'objet encore plus attachant et devrait plaire aux fans de beaux livres.

The private eye, de Brian K. Vaughan et Martin Marcos, éd. Urban Comics, 28 euros

Les cahier d'Esther T.3

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Ça y est, Esther entre au collège. Dans L'histoire de mes 12 ans, les copines sont toujours là, mais, logiquement, ses préoccupations ont changé par rapport à l'année dernière. Elle a encore des tonnes d'anecdotes à raconter, que l'auteur à succès Riad Sattouf croque avec délice. Entre le frère à tendance complotiste, le père mélenchoniste et la mamie lepéniste, il y a évidemment de quoi faire. Même si Esther ne comprend pas tout, elle nous régale de ses saillies venues de nulle part et de son sens de la répartie unique. Sens du dialogue aiguisé, mise en scène efficace, tout y est. A peine l'album terminé, on a hâte de lire le prochain, qui sera évidemment dédié aux… 13 ans d'Esther. 

Les cahiers d'Esther T.3, de Riad Sattouf, éd. Allary, 16,90 euros

Star Wars Dark Vador, Intégrale

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Attention, objet culte. Pour les fêtes, Panini Comics édite l'intégrale Dark Vador, qui rassemble tous les comics parus sur le sujet courant 2015. Résultat, un monolithe de 704 pages et quelques kilos, qui nous raconte le destin du seigneur Sith, à la suite de la destruction de la première étoile noire. Pour faire simple, dans la chronologie des films, tout ça se situe entre l'épisode 4, le premier sorti, en 1977, et L'Empire contre-attaque. Pour tout fan de la saga qui se respecte, c'est une véritable mine d'info, avec des personnages bien développés, un dessin très typé comics qui ravira les amateurs, et un scénario hyper efficace.

Star Wars Dark Vador Intégrale, de Kieron Gillen et Salvador Larroca, éd. Panini Comics, 75 euros

Shi T.2

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La petite histoire croise la grande dans Shi, dont le deuxième tome vient de sortir. En Grande-Bretagne, de nos jours, la famille de Sir Barrington, héritier d'une multinationale de l'armement, est prise pour cible. Son fils est gravement blessé et son épouse enceinte meurt après avoir marché sur une mine antipersonnel… sortie de ses usines. Mais la raison de cette sinistre vendetta remonte à très loin. Au XIXe siècle, deux femmes que tout oppose créent une société secrète, baptisée Shi (La mort, en japonais), pour prendre leur revanche sur une société où la femme n'a d'autre choix que de subir le joug des hommes. Dessin superbe et scénario haletant font de cette série un must. 

Shi T.2, de Zidrou et Josep Homs, éd.Dargaud, 13,99 euros

Katanga T.2

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L'Afrique, des rivières de diamants, des hommes politiques corrompus jusqu'à l'os… Depuis la sortie du Tome 1, au premier semestre 2017, Katanga fait vibrer les amateurs d'aventure. Dans un récit sans faux-semblant, où le racisme est latent, les auteurs Sylvain Vallée et Fabien Nury (déjà créateurs ultra-inspirés d'Il était une fois en France) ne nous épargnent rien. Massacres, réglements de compte, complots… La lutte pour le pouvoir et les richesses ne fait vraiment pas dans le détail. 

Katanga T.2, de Fabien Nury et Sylvain Vallée, éd. Dargaud, 16,95 euros

The Grocery

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Ne vous fiez pas au profil cartoonesque des protagonistes de The Grocery. Il s’agit bel et bien d’un récit mature, servi avec intelligence par le tandem Singelin-Ducoudray. Souvent comparé à la mythique série TV The Wire, The Grocery tient la comparaison. Traitant des vétérans trahis par leur hiérarchie, du trafic de drogue, de la vanité des politiciens, ce comic à la sauce française s’attarde surtout sur une bande de gamins portée par l’espoir d’une vie meilleure. La publication de l’intégrale (qui réunit les 5 tomes parus entre 2011 et 2015) séduit, tant sur le plan narratif que pour la valeur de ses dessins faussement naïfs. 

The Grocery (l'intégrale), de Aurélien Ducoudray et Guillaume Singelin, éd. Ankama (label 619), 29,90 euros

Dans la combi de Thomas Pesquet

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C'est l'un des succès de cette fin d'année. L'auteur, Marion Montaigne, a suivi pendant deux ans le spationaute français Thomas Pesquet, avant son départ pour la station spatiale internationale, où il a passé six mois en apesanteur. Elle en tire une bande dessinée à hurler de rire, qui revient sur la fascination du petit Thomas pour le cosmos, son entraînement à Baïkonour, ses sensations, jusqu'à son retour sur la Terre. Instructif et passionnant, Dans la combi de Thomas Pesquet tranche avec les BD à vocation scientifique, souvent trop classiques, grâce à un ton léger assumé, qui le destine à tous, sans exception. 

Dans la combi de Thomas Pesquet, de Marion Montaigne, éd. Dargaud, 22,50 euros

Undertaker, T.4

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L'épopée continue dans l'Ouest. Sur les traces du dangereux Jeronimus Quint, Jonas Crow (Undertaker, c'est lui) est prêt à tout pour sauver sa douce Rose. Mais l'intelligence de son ennemi est redoutable, car il utilise sa bonhomie naturelle et ses talents de chirurgien pour guérir les personnes qu'il rencontre et les transformer en alliés de circonstance. A tel point que c'est lui qui devient le personnage central de ce Tome 4, où sa perversion n'a d'égal que son sourire enjôleur. En tout cas, l'auteur Ralph Meyer, au scénario comme au dessin, prouve une nouvelle fois qu'il maîtrise parfaitement son sujet. Si le rythme est moins punchy que dans le Tome 3, le développement des personnages y gagne en profondeur, et ce n'est pas pour nous déplaire. 

Undertaker T.4, de Xavier Dorison et Ralph Meyer, éd. Dargaud, 13,99 euros

Un autre regard T.2 

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Mise sur le devant de la scène cet été avec «Fallait demander», sa bande dessinée publiée sur Internet sur la charge mentale, la blogueuse Emma continue de faire bénéficier ses lecteurs de ses observations édifiantes. Cet hiver, elle revient avec le deuxième tome de sa série «Un autre regard». En renversant astucieusement les rôles et les points de vue, l’ingénieure-informaticienne de 36 ans en dit long sur la place de la femme et sur notre société occidentale en général. Avec sagesse, ironie, réflexion et analyse, ainsi que des illustrations simples allant droit au but, Emma met le doigt là où ça fait mal. 

Un autre regard T.2, d'Emma, éd. Massot, 16 euros

Cinq branches de coton noir

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Avant sa sortie en édition couleurs, le 19 janvier, Cinq branches de coton noir s’offre une édition limitée noir et blanc de toute beauté. Le scénariste Yves Sente (Blake & Mortimer) et le dessinateur Steve Cuzor (XIII Mystery) y façonnent une fresque historique autour du premier drapeau américain et son destin complexe, qui démarre en 1776, à Philadelphie. L’intrigue, qui met en avant la lutte pour les droits civiques des Afro-Américains sur près de deux siècles, est brillamment découpée et soulignée.  

Cinq branches de coton noir, de Steve Cuzor et Yves Sente, version spéciale N&B, éd.Dupuis, 49 euros  

Puta Madre, Intégrale

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Tout Puta Madre dans un seul volume. Rassemblant l'intégrale des six fascicules parus, le spin off de Mutaz Fukaz est un récit sans concession. Il raconte l'histoire de Jesus, 12 ans, qui vit avec sa mère et son petit frère de 2 ans dans une caravane en Californie. La misère, la poussière, et la violence sont évidemment au menu. Accusé de meurtre et malgré ses protestations, Jesus se retrouve derrière les barreaux d'une prison de haute sécurité où il va devoir se battre pour survivre. Magnifiquement illustré et richement documenté, Puta Madre est aussi une charge lourde contre le système carcéral américain, menée avec grand talent. 

Puta Madre, Intégrale de Neyef et Run, éd. Ankama (Label 619), 19,90 euros 

Astérix et la Transitalique

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Un nouvelle aventure du petit Gaulois à moustache, c'est toujours un événement. Cette fois-ci, il participe, avec son compagnon Obélix, à une grande course de char à travers l'Italie. Ce sera l'occasion de découvrir que les Italiens ne sont pas forcément tous des Romains. Dans ce 37e album, l'humour est évidemment omniprésent, avec une avalanche de jeux de mots «goscinnyesques». Pour Jean-Yves Ferri et Didier Conrad, qui ont repris la série en 2013 après le retrait d'Uderzo, Astérix et la Transitalique est l'album de la maturité. 

Astérix T.37, de Didier Conrad et , éd. Albert René, 9,95 euros

Le journal d'Anne Frank

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Attention, sujet à manipuler avec grand soin. Si Le journal d'Anne Frank fait partie du patrimoine littéraire mondial, son adaptation en bande dessinée ne coulait pas de source. Le thème - l'antisémitisme - et le sort funeste de l'adolescente, morte en déportation en 1945, rendaient l'opération extrêmement sensible. Mais c'est la fondation Anne Frank de Bâle elle-même qui a souhaité qu'un roman graphique soit tiré de l'œuvre, notamment pour toucher les plus jeunes générations. Le résultat est saisissant. Sans prendre à la lettre les écrits de la jeune fille, le duo composé d'Ari Folman et David Polonsky (Déjà connus pour le film Valse avec Bachir) s'autorise des échappées visuelles splendides. Et le ton originel du journal, parfois grave, parfois drôle, est parfaitement restitué. 

Le journal d'Anne Frank, d'Ari Folman et David Polonsky, Éd. Calmann Lévy, 16 euros

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