Les 5 films de Claude Lanzmann sur la mémoire des juifs

Proche de Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, ce combattant de la vérité s'est engagé dans la Résistance en 1943. [© JOEL SAGET / AFP]

Mort ce jeudi 5 juillet, à l'âge de 92 ans, le cinéaste et journaliste laisse derrière lui une filmographie qui témoigne de sa quête de la vérité, en particulier sur les persécutions subies par les juifs. Un combat qu'il a mené tout au long de sa vie.

Après avoir enregistré plus de 350 heures de prises de vues pour son documentaire fleuve, «Shoah», Claude Lanzmann a gardé une série de rushs pour réaliser d'autres œuvres, lesquelles sont désormais inscrites au panthéon des témoignages du XXe siècle.

«Shoah» (1985)

Récompensé à maintes reprises – dont un César d’honneur en 1986, ce documentaire magistral d’une durée de 9h30 raconte l’indicible, l’extermination systématique des juifs par les nazis. Il revient sur les camps d’extermination de Pologne (Chelmno, Treblinka, Auschwitz-Birkenau) et relate le processus d’élimination du ghetto de Varsovie. Cette œuvre lui a demandé douze ans de travail : sept de tournage et cinq de montage.

«Sobibor, 14 octobre 1943, 16 heures» (2001)

A travers le titre de ce documentaire, Claude Lanzmann évoque le lieu, l’heure, le jour, le mois et l'année de la seule révolte réussie d'un camp d'extermination nazie en Pologne. Yehuda Lerner, 17 ans à l’époque, raconte avec émotion comment des dizaines de prisonniers ont réussi à échapper des mains de leurs bourreaux.

«Le rapport Karski» (2010)

D’une durée de 49 minutes, ce documentaire met en avant le témoignage de Jan Karski. Ce résistant polonais pendant la Seconde Guerre mondiale a essayé par tous les moyens d’alerter les pays alliés de la mise en place de la Solution Finale. L’homme avait même rencontré le président des Etats-Unis, F.D. Roosevelt, pour l’avertir du danger et de l’existence des camps de concentration.

«Le dernier des injustes» (2013)

Cette œuvre réalisée à partir d’entretiens enregistrés à Rome en 1975, dresse le portrait de Benjamin Murmelstein, le dernier Président du Conseil Juif du ghetto de Theresienstadt. Il s’agit de l’unique «Doyen des Juifs» à ne pas avoir été exécuté pendant la Seconde Guerre mondiale.

«Les quatre sœurs» (2018)

Ultime long-métrage du réalisateur, journaliste et homme de lettres, sorti le 4 juillet, il se divise en deux parties. Les spectateurs découvrent le témoignage de quatre femmes juives qui ne sont pas liées par le sang, mais par une histoire commune. Paula Biren, Ruth Elias, Ada Lichtman et Hanna Marton, ont en effet toutes survécu à la Shoah.

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