Pour protester, l'actrice Emmanuelle Seigner refuse de rejoindre l'Académie des Oscars

Roman Polanski a plaidé coupable en 1977 de détournement de mineure pour avoir eu une relation illégale avec une adolescente de 13 ans. [JACQUES DEMARTHON / AFP]

Dans une lettre ouverte, l'actrice française Emmanuelle Seigner a refusé de rejoindre l'Académie des Oscars pour protester contre l'exclusion de son mari, Roman Polanski, par cette même organisation.

Publiée dans Le Journal du dimanche, la lettre dénonce une «amnésie» et «une insupportable hypocrisie» de l'Académie des Oscars.  Le 3 mai dernier, l'organisme américain a expulsé Roman Polanski ainsi que Bill Cosby, acteur américain condamné pour agression sexuelle.

«L'Académie américaine des arts et des sciences du cinéma me propose de la rejoindre, en compagnie d'autres actrices, au nom d'une féminisation par ailleurs nécessaire. Qui peut croire que je ne me sente pas concernée par l'égalité des femmes et des hommes», écrit Emmanuelle Seigner. Avant de poursuivre : «féministe, je le suis depuis toujours, mais comment puis-je faire semblant d'ignorer que l'Académie, il y a quelques semaines, a mis à la porte mon mari, Roman Polanski, pour satisfaire l'air du temps. La même Académie l'avait récompensé de l'Oscar du meilleur réalisateur pour 'Le Pianiste' en 2003. Curieuse amnésie!»

Une proposition injurieuse

«Cette Académie pense probablement que je suis une actrice suffisamment arriviste, sans caractère, pour oublier qu'elle est mariée depuis vingt-neuf ans avec l'un des plus grands metteurs en scène. Je l'aime, c'est mon époux, le père de mes enfants. On le rejette comme un paria et d'invisibles académiciens pensent que je pourrais 'monter les marches de la gloire' dans son dos ? Insupportable ­hypocrisie !»

Qualifiant cette proposition d'«injurieuse», Emmanuelle Seigner affirme être «la seule à pouvoir témoigner à quel point il  regrette ce qui s'est passé il y a quarante ans».

 Roman Polanski a plaidé coupable en 1977 de détournement de mineure pour avoir eu une relation illégale avec une adolescente de 13 ans. Au terme d'un accord amiable, des chefs d'accusation plus graves dont viol d'une mineure de 13 ans sous l'emprise de stupéfiants avaient été abandonnés. 

 

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